Médias et Communication : nouveau locataire, nouvelle vision (contribution)





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Le ministère de la Communication et des Médias a un nouveau locataire, il s’agit de monsieur le ministre Amadou Coulibaly que l’on appelle affectueusement AM’s dans le milieu. Il est un pur produit de l’enseignement, car formé à l’ENS ; il est à la tâche depuis sa prise de fonction et fait des émules. De l’enseignement à la communication, le pas a été franchi.

En effet, depuis le mois d’avril, il est à la tête du ministère de la Communication, des Médias et de la Francophonie. Avec une autre corde à son arc, pourrait-on dire. C’est de la reconnaissance pure et simple de ses qualités intellectuelles et professionnelles. Monsieur le ministre de la Communication et des Médias est vu comme un outsider par certains Ivoiriens, mais qu’ils se détrompent, car ceux qui ont suivi son parcours professionnel jusqu’à la date de son entrée au Gouvernement du Premier ministre Patrick ACHI savent qu’il a toujours été très proche du monde des médias. Ils n’hésitent pas à le présenter comme un vieux de la vieille du monde des médias, car dans une autre vie, il a joué les premiers rôles en relation avec la presse et les médias. Mieux, ceux qui feignent de l’ignorer, au point où sa nomination est apparue à leurs yeux comme une surprise doivent consulter les archives.

Ainsi donc, l’on peut affirmer que c’est the right Person at the right place juste pour emprunter cette expression anglo-saxon qui voudrait dire la bonne personne au bon endroit ou à la place qu’il faut.

Passé l’effet de surprise, la question de fond est de savoir qui est le nouveau ministre, par ailleurs, nouveau porte-parole du gouvernement. Dorénavant, nous devons, nous habituer à son image sur nos petits écrans, car il y sera à intervalles réguliers et toutes les deux semaines à tout le moins, dans le cadre du compte rendu du Conseil des Ministres

En effet, le nouveau ministre est un homme des médias qui, pendant longtemps, a flirté avec le milieu. De 2003 à 2008, il a occupé le poste de chef du service de Communication et des Relations Publiques au Ministère d’Etat, ministère de l’Agriculture. Après ce passage, il a atterri à la Présidence de la République en sa qualité de Conseiller en Communication, chargé de l’audiovisuel et des technologies de l’information, après l’accession au pouvoir du Président Alassane Ouattara. Il y restera de 2010 à 2015, avant d’être affecté à d’autres fonctions, notamment en qualité de Directeur des Services extérieurs de la Présidence de la République, puis Conseiller diplomatique.

Faut-il le noter, ces différents postes qu’il a occupés dans une autre vie ont créé une proximité avec le monde de la presse et des médias. D’ailleurs, il s’est félicité récemment, lors de son passage au groupe Fraternité Matin, dans le cadre de son programme de visite aux structures sous tutelle, de cette relation étroite avec les acteurs de la presse et des médias.

Au vu de cette expérience, l’on peut affirmer sans hésiter que le ministère qu’il hérite n’a aucun secret pour lui ; il connaît mieux le milieu. Son expérience milite en sa faveur et cela témoigne de cette nécessité de prendre ses marques là, dans son jardin : le ministère de la Communication et des Médias. Connaissant le fonctionnement de la communication et le monde de la presse, il n’a pas attendu un long moment d’immersion pour prendre ses marques. Quelques rounds d’observation ont suffi pour qu’il s’approprie les dossiers. Il a entrepris un vaste programme de prise de contact avec les structures sous sa tutelle. Lors de ces tournées, le ministre s’est véritablement imprégné des réalités des travailleurs, du fonctionnement desdites structures, notamment les difficultés et défis rencontrés, mais aussi les efforts consentis par les agents. A l’ISTC par exemple, monsieur le ministre s’est dit bluffé par tout le travail réalisé par la direction. A l’Autorité nationale de la presse (Anp), il a salué le dynamise et l’expertise de Samba Koné, une icône de la presse qui n’est plus à présenter, un passionné de la presse dont la valeur est reconnue par tous.

Partout où monsieur le ministre, accompagné de sa délégation est passé, il a distribué des notes. A l’Agence ivoirienne de presse, à Fraternité Matin, au Fonds de soutien et de développement de à la presse, il s’est félicité du travail abattu par des agents avec peu de moyens, tout en promettant faire diligence pour améliorer leurs conditions de travail et de vie. A Fraternité Matin par exemple, il a promis jouer le rôle d’avocat pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents.

Dans cette tournée, le ministre a rendu visite à ses agents logés à la Tour C (17ème et 21ème étage) pour galvaniser ses agents. Monsieur le ministre ne s’est pas contenté de faire le tour des bureaux comme cela donne lieu de voir lorsqu’un nouveau ministre atterrit à la tête d’un ministère, mais il a pris bonne note des difficultés des travailleurs. Quelques semaines après cette visite mémorable, une dizaine de split ont été acheminés pour apporter un peu de confort aux agents qui travaillaient jusque-là dans des bureaux dépourvus de climatisation, donc livrés à la merci de la chaleur. Qui l’eût cru, mais c’est la dure vérité dans les tours où des travailleurs se débrouillent comme ils peuvent pour apporter un peu de confort sur leur lieu de travail. Il est fréquent de voir des fenêtres aérées par des agents en quête d’air frais pour rafraichir les méninges pour pouvoir produire. Face à ce spectacle honteux et indigne, monsieur le ministre a fait parler son cœur, mettant ainsi fin à cette forme de maltraitance. Des instructions ont donc été données, et cela commence par la climatisation, le minimum qu’il faut pour un agent d’être en mesure de produire.

L’image déshonorant et avilissant d’autrefois où les fenêtres et les portes des bureaux étaient grandement ouvertes attirant le regard suspect de tout visiteur, n’est plus qu’un vieux souvenir ; le ballet incessant des vendeurs ambulants qui entraient dans des bureaux sans le moindre signe de politesse est un vieux souvenir désormais ; la chaleur, cette situation incommodante est un vieux souvenir. Désormais, les travailleurs peuvent porter des costumes, en attendant d’autres bonnes nouvelles en provenance de l’immeuble Sciam. Tout ceci, grâce à la politique portée sur des valeurs d’humanisme menée par le nouveau ministre. Le respect, l’acceptation, la considération, l’appréciation l’écoute, la bienveillance, l’empathie, envers ses agents sont des valeurs auxquelles il attache du crédit.   

Dans la perspective d’une vision nouvelle à la tête de ce département ministériel désormais ayant en charge la Francophonie, il a entrepris une politique d’évaluation des agents. Pour ce faire, un vaste mouvement d’entretien avec les agents a eu lieu récemment dont les résultats permettront, à coup sûr, une harmonisation du traitement du personnel. Faut-il le relever, l’objectif visé porte également une meilleure appréciation des préoccupations et besoins en ressources humaines et il va de soi que des agents de qualité ont besoin d’un traitement de qualité en vue de tirer le meilleur d’eux.

Cette approche managériale est une première, à en croire des propos et impressions des agents dont certains cumulent des quarts de siècles en ce lieu. Même si au départ, certains s’interrogeaient sur l’opportunité et la finalité d’une telle politique. Iil y avait de la suspicion et de l’appréhension, les échos faisaient état de ce qu’il y était important de faire cet état des lieux dont les résultats permettront de tirer le meilleur des ressources humaines disponibles. Sans présager de la suite à donner à ce que, tous admettent comme le départ nouveau, il y a cependant fort à parier que de bonnes nouvelles sont en route pour les agents.

Au regard des acquis déjà enregistrés et ceux en perspectives, l’on peut se féliciter de la nouvelle vision que veut impulser monsieur le ministre à la tête de son département ministériel, une politique axée sur le cadre de travail et la promotion du personnel, deux axes majeurs pour atteindre l’excellence.

Une Contribution de Bernard MANIZAN

Journaliste, communicateur, traducteur

0707178633/ 0506005020

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