Mort par pendaison d'un étudiant à l'université Alassane Ouattara : Et si c'était un meurtre déguisé en suicide?





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Un étudiant du nom de Diabagaté Ibrahim a été retrouvé pendu, le mardi 10 janvier 2023, au campus de l'universitaire Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan-Cocody. Accroché à un tissu blanc, au bâtiment U qui abrite des bureaux, le défunt était torse nu, ne portant qu’une culotte noire. Selon les témoignages de plusieurs étudiants du campus, il avait du sable sur le corps. Les mêmes sources soutiennent qu'il a laissé une note dans laquelle il clamait son innocence dans une affaire dont il était soupçonné et demandait pardon à sa famille.
Après le constat d'usage, la dépouille a été enlevée. Les autorités policières ont ouvert une enquête pour élucider l'affaire. La Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI), dans une déclaration, a émis le vœu de voir les enquêtes situer les responsabilités de ce drame. Elle s'est dite indignée par les accusations portées contre elle et a promis de donner une suite judiciaire contre les auteurs.
Mais au-delà de tout ce remue-ménage autour de l'étudiant retrouvé pendu, il faut reconnaître qu'en se basant uniquement sur les faits et en attendant les conclusions de l’enquête ouverte à cet effet, trop de zones d'ombre entourent cette affaire et si on se pose les bonnes questions, les réponses permettront de faire avancer les investigations.
Loin de nous l’idée de nous substituer aux autorités compétentes en la matière, mais il est important de soulever des aspects qui ne semblent pas du tout clairs. Comment un étudiant logé sur le campus, peut-il se retrouver dans un bâtiment abritant des bureaux, en pleine nuit ? Qui occupe le bureau dont la fenêtre a été utilisée pour la pendaison ? Comment a-t-il eu accès à ce bureau ? En détenait-il la clé ? D'où provenait le sable sur le torse de la victime ? S'est-il traîné dans le sable avant de se pendre ? De la cité dortoir où il logeait jusqu'au bâtiment U, le fait qu'il ait parcouru cette distance, fut-elle courte, uniquement vêtu d'un short, n'a-t-il pas attiré l'attention de ses camarades étudiants ? Pourquoi s'est-il donné autant de peine pour aller se pendre à un bâtiment alors que l'université elle-même a en son sein de nombreux arbres ? Le jeune étudiant en Master 1 de sciences physiques avait-il toutes les caractéristiques de quelqu'un qui s'est pendu (selles, urines, etc.) ?
En tout état de cause, cette mort semble suspecte d'autant plus qu'elle intervient seulement 4 jours après le décès par noyade d'un autre étudiant sur le même campus. Ces deux drames seraient-ils liés ? Dans tous les cas, l'autopsie et une analyse graphologique de son courrier pourront permettre de savoir s'il s'agit d'un suicide ou d’un meurtre déguisé en suicide.

Modeste KONÉ

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