«Syndicats» et violences meurtrières sur les voies





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Si les sanglantes bagarres entre les différents syndicats des transporteurs ont marqué une pause depuis un certain temps, il est constant que le champ de bataille accueille toutefois un nouveau type d’acteurs. Ce sont les conducteurs des «Trois roues jaunes» appelés Saloni.

Déversés dans les quartiers et villages Ebrié par les chefs de village pour aider au déplacement des populations à moindre frais à l’intérieur de leurs frontières, ces taxis-moto bénéficiaient de la protection de ces chefs et étaient exempts des «taxes». Sans doute pour mieux aider les administrés des chefs de village.

Depuis quelques mois, ces Saloni font l’objet de traque sur les voies publiques par des jeunes en débardeurs mal coupés, chaussures lêkê, pantalons déchirés, cigarette aux lèvres et se disant «syndicalistes». Osez regarder le film d’une de leurs traques. Vous vous croiriez en plein tournage d’un film kamikaze. Ici, ces jeunes, en permanence en sueur, bondissent sur le conducteur d’un taxi-moto roulant à vive allure avec des clients à bord.

Là-bas, ils se saisissent de l’arrière de Saloni pour le propulser sur le trottoir ou dans le ravin, toujours avec des passagers à bord. Peu importe que cela occasionne des blessés ou même des morts. Le plus important pour ces «syndicalistes», c’est que les chauffeurs de ces motos-taxis leur versent une prime, une taxe.

Sur la voie d’Adjamé-Bingerville, dans le quartier de Bingerville, que nous prenons souvent, nous assistons permanemment à ces scènes qui ne sont pas près de couper le souffle aux cœurs fragiles. Un jeune chauffeur de moto-taxi qui fuyait les envahisseurs et qui a été poussé par l’un d’entre eux, s’est violemment frotté à notre véhicule et a fait sauter notre rétroviseur.

Ce jour-là, nous avons failli lâcher notre volant tellement la scène était choquante et insupportable. Lorsque le moto-taxi a violemment cogné notre véhicule et qu’il lui a arraché le rétroviseur, le chauffeur, son taxi et ses clients allaient tout droit se jeter sous un gros camion 15 tonnes qui transportait de la terre rouge.

Heureusement que le chauffeur du gros camion (ô Dieu !) a ralenti sa course et s’est rabattu sur le côté droit de la chaussée. Autrement, taxi-moto, chauffeur et clients auraient été écrabouillés par le mastodonte et l’on n'aurait eu que les yeux pour pleurer pour une affaire de 100FCFA que des individus arrachent à leurs amis sans ménagement.

Et dire que tout cela se passe sous les yeux des forces de l’ordre qui officient là, à quelques centimètres du lieu du drame. Elles cohabitent harmonieusement avec ces «syndicalistes» sur lesquels les autorités municipales, policières et politiques devraient avoir un œil particulièrement attentif. Avant qu’il soit tard.

Abdoulaye Villard Sanogo

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