Côte d’Ivoire / Filière anacarde : Voici le prix réel d’achat aux producteurs





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Les producteurs d’anacarde qui ont placé beaucoup d’espoir en la campagne 2019, crient aujourd’hui leur galère tant le prix réel d’achats de leur produit est bas. Initialement annoncé pour être vendu à 375 FCFA le kilogramme de la noix de cajou, le produit est aujourd’hui payé au rabais. Le prix vacille entre 100 FCFA et 150 FCFA.
Un producteur joint à Brobo a affirmé que le kilogramme de la noix de cajou est acheté à 150 FCFA. Ajoutant que, "malgré ça, les acheteurs se font rares".
N. Koné, depuis Niakara, a fait savoir que le produit est vendu à 150 FCFA également. Précisant avec un brin d’ironie "bien séché et bien trié".
Joseph C., producteur à Kanawolo, dans le département de Niakara, avance un prix encore plus bas. Selon lui, le produit est écoulé à 140 FCFA. Il ajoute que dans les villages réculés, la situation est encore pire.
Chacun de ses producteurs est formel que l’espoir a fait place à la désillusion. Pourtant, à la suite du Conseil des ministres du 6 février dernier, le porte-parole du gouvernement, Sidi Touré, annonçant l’ouverture de la campagne 2019 pour le 15 février 2019, avait été formel : "Le prix bord champ pour la campagne 2019 qui démarre le 15 février est fixé à 375 FCFA/KG de noix de cajou, bien séché, bien trié, ne comportant aucune matière étrangère".
Il avait été suivi le mercredi 20 février par le président du conseil d’administration du Conseil du coton et de l’anacarde, Mamadou Bamba, au lancement de la campagne 2019 de la commercialisation de la noix de cajou qui disait : "le prix bord champ plancher a été fixé à 375 F CFA/Kg de noix de cajou bien séchées, bien triées, exemptes de matières étrangères et à 400 F CFA/Kg pour le magasin intérieur ainsi qu’à 469 F CFA/Kg". Ce dernier s’était même voulu clair : "le prix bord champ est un prix plancher minimum en dessous duquel aucune transaction commerciale n’est autorisée".
Le directeur général du Conseil du coton et de l’anacarde, Dr Adama Coulibaly, avait même invité l’ensemble des acteurs de la filière au respect scrupuleux des dispositions pratiques de la campagne 2019. 
Des propos qui ne semblent pas tenir compte de la réalité du terrain. En effet, joint, un acheteur installé dans le nord de la Côte d’Ivoire et qui a requis l’anonymat, a expliqué que la fixation du prix bord champ ne tient pas compte des acheteurs qui eux aussi ont des contraintes. Il dénonce notamment la qualité du produit qui n’est pas toujours bon. Il relève également le manque de financement. "Vous savez que la dernière campagne a été très difficile. Certains acheteurs trainent encore des dettes. Du coup, les structures de financement se montrent très réticentes", explique-t-il. 
Dans un tel contexte, les producteurs qui ont des charges et qui ne souhaitent pas vivre l’amère expérience de l’année dernière, préfèrent brader leurs productions. 

Modeste KONE

 

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