Si j’étais Affi…







Un adage populaire bien de chez nous préconise que quand on ne t’aime, il faut t’aimer toi-même. Gbagbo et Bédié ont décidé de prendre leurs distances d’avec Affi NGuessan. Ils ne veulent pas le voir même en dessin dans leur plateforme de l’opposition. Malgré toutes les démarches de ce dernier pour se donner à eux, même cadeau, ils n’en veulent pas. Leur leitmotiv c’est «Tout sauf Affi» qu’ils traitent comme un moins que rien, comme un pestiféré.  Ils veulent reconquérir le pouvoir d’Etat et gouverner sans lui. Et le Pdci d’enfoncer le clou du bannissement. «Pour nous (Pdci) la question d’Affi  Nguessan est terminée. Le président du Fpi s’appelleLaurent Gbagbo et le Secrétaire général est Assoa Adou», dixit kamagaté Ibrahim, Secrétaire exécutif du Pdci chargé de la jeunesse. Ces propos tenus le 10  septembre  n’ont pas laissé indifférent un des cadres du Rhdp, en l’occurrence, Lacina karamoko de Lider. Pour lui, Affi devrait changer de logiciel et rejoindre une autre famille politique où il pourrait être accueilli les bras ouverts. Il lui propose de  déposer ses valises au Rhdp et de rejoindre ainsi Alcide Djédjé  et tous ceux qui l’ont précédé.

La politique, on le sait, est la saine appréciation des réalités du terrain. Aujourd’hui, la seule force politique en Côte d’Ivoire capable de faire regretter à Bédié et à Gbagbo le fait d’avoir rejeté, humilié, piétiné la dignité d’Affi est le Rhdp. Mieux la seule puissance capable de donner des quelques strapontins à ses militants et lui, c’est le Rhdp.

Rien que sa petite sortie  au sujet de la commission électorale les a fort déroutés. Il peut encore plus leur faire  mal en rejoignant le parti d’Alassane Ouattara qui saura  certainement lui reconnaitre ses mérites et au moins, le respecter, lui qui a été Premier ministre de ce pays

Une donne est certaine. Personne n’en voudrait aujourd’hui au président légal du Fpi d’être allé au Rhdp. Aucun des militants de son parti ayant vécu les méchancetés à l’égard de son patron ne lui en voudrait. Mais à cause des railleries des Ivoiriens qui emprunteraient le raccourci selon lequel, il a été acheté, Affi risque de ne jamais franchir le pas de la porte du Rhdp. Dans une interview accordée à Fraternité Matin, lui-même énonce que s’il avait été acheté il serait aujourd’hui au Rhdp. Ca se comprend. Mais la politique est également le jeu des intérêts. Si Bédié a pu faire équipe avec Alassane Ouattara à qui il a fait subir les pires humiliations qu’aucun homme politique Ivoirien n’a encore vécues, c’est qu’il peut déposer ses valises au Rhdp, et le ciel ne lui tomberait pas sur la tête.

Dans ce pays, plus rien  n’étonne. Tout le monde s’est déjà allié à  chacun. Et Gbagbo pour lequel il a été bafoué par le Pdci a déjà fait alliance avec tout le monde dans ce pays. De la Coordination de la Gauche au Front républicain en passant par le Front patriotique et le Cnsp de Guei Robert, il  a tout expérimenté. L’essentiel pour lui c’était d’avancer. Les états d’âme et les qu’en dira-t-on, il s’en moque. La ligne politique ou l’idéologie n’a aucun sens pour Gbagbo. Ce qui compte pour lui, c’est le plein de militants pour sa cause politique. Appelez le boulanger ou  par tout autre nom, ce n’est pas son problème. Pourvu que ses alliances contre nature lui rapportent des dividendes. Affi a son destin entre les mains. Entre le Rhdp et le groupe Bédié-Gbagbo, il sait où se trouve son intérêt. Ils l’ont bafoué alors qu’ils n’ont pas le pouvoir. Imaginons le jour où ce tandem aura le pourvoir, Affi boira le calice jusqu’à la lie.  En tout cas, si j’étais Affi, il y a  longtemps, j’ai fait «cococo» chez Ouattara. Hélas…

 

Traoré Moussa

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