Monique Gbékia (Présidente de LIDER) ‘’ Il n’appartient pas à un président sortant de procéder à des modifications constitutionnelles …’’





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Face à la détermination du chef de l’Etat de modifier la constitution, Monique Gbékia, présidente de LIDER donne son point de vue dans cette interview. La présidente du parti de Mamadou Koulibaly ne va pas du dos de la cuillère.     

Comment se porte  LIDER depuis votre élection à la tête de ce parti en Mars 2018?
Monique Gbékia : Le 3ème Congrès ordinaire de Liberté et Démocratie pour la République qui s’est tenu le 24 mars 2018 a vu notre élection en qualité de présidente du parti, en application rigoureuse de nos textes. Le même congrès a investi le Prof. Mamadou Koulibaly candidat du parti à l’élection présidentielle de 2020. Le parti se porte bien et nous préparons sereinement l’élection présidentielle et tous les autres scrutins qui vont suivre.

N’avez-vous pas peur de ce milieu politique où très peu de femmes dirigent un parti politique ?
M.G : Je comprends bien votre préoccupation, vu que le personnel politique est enclin de plus en plus à la violence verbale et physique ; et j’en veux pour preuve trois faits : 1 – Les actes de vandalismes sur les véhicules des cadres du parti à notre siège. 2- Le sang versé par des individus aux ordres au domicile du président Henri Konan Bédié. 3 – Le passage à tabac d’un activiste à Paris par un garde rapproché d’un ministre de la République de Côte d’Ivoire, se croyant dans son pays où ce genre d’acte est considéré comme un fait divers ; dans ces conditions, vous comprendrez bien le peu d’engouement des femmes à ce poste de responsabilité. Dans l’histoire coloniale et post-Indépendance de la Cote d’Ivoire, les femmes comme Marie Koré et Simone Gbagbo sont des exemples qui nous édifient et forgent notre détermination à faire fi de la peur parce qu’il s’agit de notre pays et que personne ne viendra mener le combat de liberté, de la démocratie et du progrès social à notre place.

Quelles réactions en tant que politique et mère devant les viols et disparitions d’enfants depuis un certain temps ?
M.G : Au-delà des viols et disparitions d’enfants à la veille des élections, il existe aussi des cas
d’enlèvements de personnes adultes parmi lesquelles, une de nos militantes, enlevée à Yopougon Saint André pour se retrouver sur un chantier de la Riviera golf. Elle a eu la vie sauve, grâce à son handicap physique. Au jour d’aujourd’hui. Cette jeune dame qui m’accompagnait souvent dans mes déplacements, n’ose plus sortir depuis le mois de décembre 2019, parce que traumatisée. Je suis donc écœurée à plusieurs niveaux en tant que mère et responsable politique. Dans un pays où le gouvernement est véritablement à la tâche, les auteurs de ces crimes doivent être retrouvés rapidement et subir la rigueur de la loi. C’est dommage que cela ne fasse pas l’objet d’une priorité.
Ce laxisme de nos gouvernants se comprend d’autant plus qu’ils sont préoccupés à diviser les partis politiques, à traquer des opposants, à les expulser du territoire pour des motifs farfelus tels que : ″activités incompatibles avec l’intérêt national″ (ridicule).

Les conflits fonciers et les exploitations clandestines de ressources ne font que s’accentuer; votre parti pourrait-il résoudre cette situation dès votre arrivée au pouvoir ?

M.G : LIDER est un des rares partis ivoiriens dont tous les militants sont à l’aise pour répondre à toutes les questions relatives à la question foncière en Côte d’Ivoire. La réforme du foncier constitue l’épine dorsale de tout le projet de LIDER, je dirais même, la réforme la plus emblématique. LIDER a déjà rédigé un projet de loi sur le foncier qui viendra en remplacement de la loi de 1998 en vigueur et qui n’a pas encore connu un début d’application à la date d’aujourd’hui, d’où l’existence des conflits fonciers récurrents. La grosse limite qui empêche une application de la loi en vigueur, c’est le prédicat initial qui pose que toute la terre de Côte d’Ivoire est propriété exclusive de l’Etat de Côte d’Ivoire. Il s’agit là d’une aberration qui rend impossible la mise en œuvre de projet de développement. A LIDER, nous considérons la propriété foncière (familiale) comme une modalité particulière du capital initial de toute famille pour s’engager dans l’activité économique. Si la loi enlève ce capital aux familles comme c’est le cas actuellement, elles vont demeurer longtemps dans la pauvreté. Les exploitations clandestines existent parce que la propriété foncière n’est pas dévolue aux familles. C’est le rôle de l’Etat de donner les titres fonciers aux familles faisant d’elles des propriétaires plutôt que de dire aux familles de faire des démarches administratives à leur frais pour prouver qu’elles sont légalement propriétaires de lopins de terre. LIDER va changer tout ça.

Quel commentaire face à la question des CNI et du scandale présumé du détournement de 30 milliard de la banque mondiale ?

 

M.G : Sur la question des Cni, les partis politiques (de l’opposition) n’ont pas réussi à obtenir du gouvernement la gratuite des Cni souhaitée par toute l’opposition. C’est pourquoi LIDER et son candidat le professeur Mamadou Koulibaly invitent les populations à aller se faire enrôler en attendant qu’on obtienne du gouvernement des meilleures conditions.
Quant au détournement des 30 milliards de la Banque Mondiale, il faut noter que ce n’est pas un cas isolé. Rappelez-vous le scandale des 175 milliards de la rénovation de l’Université Felix Houphouët Boigny, le scandale des 500 milliards de la filière Café – cacao etc. Vous conviendrez avec moi que le gouvernement actuel a pour mode de fonctionnement le scandale. C’est pourquoi, j’appelle la jeunesse à aller se faire enrôler pour mettre fin à ce mode de gouvernance scandaleux en élisant en octobre 2020 le professeur Mamadou Koulibaly.

Que pensez-vous des modifications de la constitution que le Président Ouattara compte proposer ?

M.G : Notre position est qu’il n’appartient pas à un président sortant de procéder à des modifications constitutionnelles à quelques mois des élections dans la mesure où les deux chambres du parlement actuel ne représentent pas le peuple de Côte d’Ivoire parce qu’ils sont tous militants du Rhdp. Par ailleurs, personne ne connait la teneur de ces modifications, ce que nous déplorons tous. Toutefois, nous attendons de voir pour aviser.

Quel votre commentaire sur le cas de tripatouillage de résultats à la fonction publique ?

M.G : Le tripatouillage et la mauvaise gestion des concours administratifs est malheureusement un indicateur précis du délitement de la société ivoirienne. En son temps, le Prof. Mamadou Koulibaly a dénoncé ses propres camarades de parti qui s’en étaient rendus coupables. Aujourd’hui il semble que le phénomène a pris des proportions endémiques. L’accès aux postes de responsabilités fait l’objet d’une transaction financière et surtout de chantage politique de sorte à ce que toutes les administrations soient dirigées par le parti unique Rhdp, c’est encore un autre scandale et un recul démocratique. Quelle société ivoirienne nous voulons ? A LIDER, les valeurs de probité qui laissent de côté la tricherie et qui doit commencer depuis l’école avec la reconnaissance du mérite devront revenir au premier plan si nous voulons positionner notre pays dans la marche du monde. LIDER est prêt pour ce grand chantier dès octobre 2020 avec le prof. Mamadou Koulibaly Président.
 

 

Votre mot de fin ?
M.G : Pour conclure, je voudrais dire un mot sur l’épidémie du coronavirus qui menace non seulement la vie des sept milliards de personnes dans le monde mais aussi l’économie mondiale. C’est pourquoi, nous invitons le gouvernement de Cote d’Ivoire à prendre des dispositions nécessaires pour anticiper l’arrivée du Covid 19 dans notre pays. Sauf qu’une fois de plus, la santé des populations ne fait pas partie de leur priorité.

Interview réalisée par Parfait ZIO

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