Soirée Littéraire ‘’A lire et à Boire’’/ La poétesse Liema Bissouma décortique son ouvrage ‘’ Agonies féminines’’





A lire et à boire,Liema Bissouma


Le recueil de poèmes intitulé ‘’Agonies Féminines’’ de l’écrivaine Liema Bissouma a été décortiqué de bout de bout lors de la soirée de dégustation littéraire dénommée ‘’ A lire et à boire’’, ce vendredi 8 février 2018, à l'Acoustic bar sis aux Deux Plateaux-Vallon, dans la commune de Cocody. C’est dans une salle de l’Accoustic archi-comble que les slameurs de l’école des poètes ont tout d’abord gratifié le public d’un magnifique spectacle en déclament plusieurs extraits de cet ouvrage. Liema Bissouma s’est ensuite prêtée aux questions du public qui voulaient en savoir plus sur ''Agonies Féminines '' et son auteur. 

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Qui est Liéma Bissouma ?
 

Liema c’est mon nom Bété, c’est le denier prénom que mon père m’a donné, je suis médecin psychiatre, je suis pédopsychiatre, je m’occupe des enfants et des adolescents. Je suis docteur en psychologie. Et je suis mère de deux enfants.
 

Pourquoi ‘’ Agonie Féminine’’?
 

"Agonie Féminine", ce n'est pas agonie de femme, c’est un titre qui a essayé de traduire tout ce qui est lieu de difficulté que l’on soit homme ou femme, parce qu’on l’a vu dans la mise en scène de L’école des poètes que c’est des hommes qui agonisaient , mais c’est surtout profond, peut-être parce que je suis psychiatre, mais c’est implicitement pour dire que derrière tout ce qu’on pense comme étant considéré comme la fin de quelque chose, il peut y avoir une résurrection. 
 

Ce recueil n’est il pas votre journal intime ?
 

Il y a l’une de mes anciennes étudiantes dans la salle, et il y a 10 ans, à un de mes cours, je disais que lorsqu’on n’a pas expérimenté quelque chose, on a du mal à en parlé. Et puis dans le quotidien de mon activité professionnelle, je reçois des gens qui ont souffert ou qui souffrent toujours, et c’est mon boulot d’essayer de relever ces personnes. Le fait d’être passé par des moments très douloureux en tant que femme et d’avoir mobilisé mon énergie pour aider d’autres personnes, c’est tout ça qu’on retrouve dans l’ouvrage. Je ne parle pas que de moi. Parfois, je parle de mes patients, parfois de mes amis. 
 

Est-ce que vous avez incorporé votre activité professionnelle dans cet ouvrage ?
 

Oui. J’ai incorporé une partie de mon travail dans cet ouvrage, en écrivant ces textes, je me suis rendu compte que la poésie pouvait avoir un caractère thérapeutique, cela pouvait aider à guérir des épreuves difficiles que l’on peut traverser. J’espère que ceux qui le liront pourront dépasser des situations douloureuses. 
 

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Est-ce que ce n’est pas une façon pour vous de faire sortir ce que vous devez garder en secret puisque normalement, vous ne devez pas trahir le secret de vos patients?
 

J’ai fait attention à ce que j’écrivais pour ne pas justement trahir mes patients, mais je ne pense pas que je trahis quelqu’un en écrivant ces mots parce que je ne dis aucun nom, je ne donne pas suffisamment d’éléments pour que quelqu’un puisse se reconnaître dedans, c’est cela le secret médical. 
 

Est-ce que c’est parce que votre cœur ne peut contenir tous ces secrets que vous les dévoilez dans cet ouvrages ?
 

Écrire cet ouvrage a été une façon pour moi d’arriver à supporter des choses difficiles. Quand on raconte une situation difficile, nous avons généralement du mal à écouter des situations douloureuses et on trouve une stratégie langagière de deux ou trois mots pour que la personne se taise. Parce que c’est trop difficile. Et même les gens qui sont en difficulté, n’arrivent souvent pas à trouver les mots. Nous qui sommes psychiatres nous sommes obligés d’écouter la personne à aller jusqu’au bout, parfois les choses les plus horribles et nous sommes obligés d’emmener les personnes à aller le plus loin possibles dans ce qu’elles ont à dire. En général, quand on passe par ces moments, nous parlons entre nous de ce qu’on a vu pour décharger tout ce qu’on a accumulé, quelque part aussi ce recueil m’a permis de décharger ce que j’ai entendu. 
 

Propos recueillis par Gaël ZOZORO

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