Ouattara : Mensonges, outrages et défis







Nous sommes dans ce pays entre gens de bonne compagnie, même si la député, Mariame Traoré de Tengréla, désormais surnommée ‘’Ibiêkêsse’’, nous a démontré qu’elle n’en fait pas partie, qui savent manier l’allusion et déguiser ainsi l’avanie en des termes dont le sens commun échappe au plus grand nombre. C’est certainement, ce qu’a tenté de réussir le président Alassane Ouattara dans sa dernière interview à Radio France Internationale (RFI), en indiquant n’avoir pas connu, le procureur Luis Moreno-Ocampo, avant l’inculpation de son prédécesseur le président Laurent Gbagbo, par la CPI. « Je ne le connaissais pratiquement pas, je l’ai eu au téléphone une ou deux fois », dixit Alassane Ouattara. Un mensonge qui a été vite rattrapé, surtout par les internautes, qui ont, abondamment, relayé les images de l’entretien entre le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo et Alassane Ouattara, afin de démontrer que le Président a dit faux.  Les messages prennent leurs sens que, dans le contexte de leur émission et de leur réception, Ouattara ne s’est pas arrêté là, il a poussé la hardiesse en outrageant, sans soucier, l’ex président de l’Assemblée Nationale, Guillaume Soro. L’infantilisant à souhait en l’affublant du qualificatif de’’ jeune homme ‘’. Méprisant au demeurant les différentes fonctions occupées par ce dernier. Comme pour dire que la brouille, longtemps perceptible entre lui et Soro a conduit finalement à la rupture, il accepte d’aborder les problèmes internes à la Côte d’Ivoire, hors de ce pays. Alors qu’il y a quelques années, il refusait de le faire, à ce même micro de Rfi, sous prétexte que ce sujet était ‘’un problème interne à la Côte d’Ivoire’’. Se sentant en terrain totalement conquis, l’homme ne prend presque plus de gants pour aborder son très probable troisième mandat. Insistant au passage sur sa capacité à se présenter. « (Ndrl la Constitution ivoirienne) C’est très clair, je peux me présenter… », avoue entre autres Ouattara. Tentant ainsi de se convaincre, là où la constitution elle-même ne le convainc pas, et où il a plusieurs fois affirmé, face à la nation qu’un troisième mandat n’était pas envisageable, de sa part. Aujourd’hui, il tente de défier, tout un peuple qui avait cru en ses dires. L’expérience américaine présentée par le Secrétaire d’Etat américain, David Hale pourrait aider Ouattara à freiner ses ardeurs. Même si la constitution permet un troisième mandat, il y a une aspiration du peuple de voir les présidents céder le pouvoir après deux mandats maximums, afin d’expérimenter pour une fois dans l’histoire de ce pays, une alternance pacifique du pouvoir. Ouattara peut ainsi mesurer, la place que son entêtement revêt aux yeux des ivoiriens et anticiper la réaction de ceux -ci à un troisième mandat où porter un coup fatal à sa fin de mandat. A moins qu’il veuille comme plusieurs de ses prédécesseurs, aux nombres desquels son hôte adulé, Blaise Compaoré donner à son passage à la tête de l’Etat ivoirien l’exténuante reprise d’une histoire circulaire propre à l’Afrique qui s’énoncerait à partir d’une sorte de mécanique rituelle et légèrement emphatique, soigneusement à l’écart de toutes démocraties que le monde affectionne et qui risqueraient d’affecter le consensus institutionnel. Cette option ne sera pas saine et plongerait le pays dans une autre crise dont nous aurions du mal à en sortir.

 

Michel Beta

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