Production vivrière et changement climatique en Côte d’Ivoire : Un atelier des experts pour faire l’état des lieux et proposer des solutions







Le mardi 7 septembre 2021, s’est tenu au pôle scientifique de Bingerville, un atelier scientifique sur le thème " production vivrière et changement climatique en Côte d’Ivoire". 

Cette rencontre a été animée par les Docteurs Kouasi-Koffi Michelline et Serhan Nasser, tous deux (02) membres du laboratoire Cartographie, Population et Développement (CAPDEV)  de l’Institut de Géographie Tropicale, en partenariat avec le programme WAfriCLP (West Africa Climate Leadership Program for Women) et parrainé par le Pr Ballo Zié, Président de l’Université Felix Houphouët-Boigny (UFHB).

Quatre (4) communications, présentées successivement par Dr Daouda Dao (économiste et Directeur Adjoint du Centre Suisse de Recherche Scientifique), M. Yandaki Kouamé (expert en développement rural et Secrétaire exécutif de l’Association pour le Développement des Cultures Vivrières Intensives (ADCVI)), Dr Noufé D.Djibril (Agro-climatologue) et Dr Kouasi-Koffi Michelline (géographe et Lauréate WAfriCLP). 

Dans sa présentation, Dr Dao a d’abord insisté sur l’amalgame à ne pas faire entre changement climatique et modification climatique, deux (2) concepts bien différents. "Le changement climatique résulte du phénomène à effet de serre manifesté par l’augmentation de la température moyenne, la variabilité accrue de la pluviométrie et la montée des eaux des mers ainsi que des océans", a-t-il expliqué.

La 2e communication a porté sur l’expérience de l’ADCVI (Association pour le Développement des Cultures Vivrières Intensives) dans le développement des cultures vivrières en Côte d’Ivoire dans un contexte de changement climatique. Selon M. Yandaki Kouamé, les techniques culturales de l’ADCVI reposent sur l’intensification des cultures par la maîtrise de l’eau, l’irrigation pour la valorisation de la production de contre-saison. Les résultats montrent qu’en vulgarisant en milieu paysan la technologie d’irrigation, plus de 450 ha ont été aménagés et équipés en dispositif d’irrigation pour environ 350 ménages dont plus 2000 à 3000 personnes impactées annuellement. 

A l’entame de sa présentation, l’Agro-climatologue a également demandé à l’assemblée de marquer la différence entre climat et climat agricole. Dr Noufé définit alors un climat agricole comme le continuum climat-temps-technique agricole. Sa communication est en réalité une évaluation de l’impact des changements climatiques sur les conditions agro-climatiques.

"Avant l’année de rupture 1970, le maïs était moins produit dans la zone sud ivoirienne en raison de la forte pluie et du fort drainage. Mais, dans la période post 1970, il est observé une abondance de production du maïs au sud en raison de la baisse de pluie et du faible drainage", a t-il détaillé.

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La dernière communication a porté sur un projet d’étude en phase de finalisation. En tant que spécialiste de la géographie de la population, Dr Kouassi-Koffi s’interroge sur la migration des populations dans le sud-ouest ivoirien dans un contexte où il est généralement admis à tort ou à raison que les contraintes climatiques conditionnent la production.

La trentaine de participants à cet atelier a, au cours d’une série de questions-réponses approfondi leurs connaissances sur les différentes thématiques. 

A l’entame de la rencontre, Pr Sorho Fatogoman, coordonnateur en chef du Programme WAfriCLP, a présenté la vision de la structure qu’il a en charge. A sa suite, le Secrétaire Général de l’UFHB, Dr Coulibaly Yaya, représentant le parrain de l’atelier, a, au nom du  Président Ballo Zié,  annoncé le projet sur la vulgarisation des résultats des travaux de recherche des différents laboratoires de l’institution.

Solange ARALAMON

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