"Affaire militaires en prison", Gbagbo répond au gouvernement : " C'est une logique qui est élémentaire…"





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L’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, président du Parti des peuples africains-Côte d'Ivoire (PPA-CI) a reçu, jeudi, à son cabinet, sis à Attoban, les peuples Akyé, Agni et Gwa de la région de la Mé (Adzopé, sud de la Côte d’Ivoire), venus lui souhaiter la bienvenue, après 10 années d’ "incarcération injuste".

Saisissant cette tribune, Laurent Gbagbo a réitéré son souhait de voir les militaires, incarcérés suites à la crise post-électorale, en liberté et dit ne pas comprendre pourquoi des gens font de fausses polémiques sur cette demande de libération des militaires.   

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" Aussi, il y a des gens qui veulent développer des fausses polémiques sur ma demande de libération de tous les prisonniers politiques et maintenant sur tous les prisonniers militaires qui sont des prisonniers politiques, dans le cas d'espèce aujourd'hui en Côte d'Ivoire. Moi je ne les comprends pas ou bien je les comprends trop. Enfin, une crise éclate, depuis 2001. Une rébellion s'attaque à la Côte d'Ivoire et vous voulez que les militaires restent les bras croisés ? Leur métier, c'est de défendre les institutions et le territoire ivoirien. La première attaque a eu lieu en Janvier 2001. Je me rappelle, j'étais à Mama, quand on m'a appelé pour dire que les gens avaient pris la radio et la télévision. Ils m'ont réveillé la nuit vers 2 heures du matin, j'ai parlé avec les ministres qui étaient sur place. Ils ont dit : " Président il n' y a pas de problèmes, nous sommes sur le terrain avec les policiers, gendarmes et les militaires et nous sommes en train de nettoyer la radio et la Télévision. Je dis, moi : " je vais dormir si vous finissez, appelez-moi." Et Je suis allé me coucher. Quand ils ont fini, ils m'ont appelé vers 3 heures me dire qu'ils ont terminé et je leur ai dit "félicitations, vous avez fait un bon travail." En septembre 2002, je suis en Italie, ils recommencent et là ça a duré jusqu'en 2011. Les militaires ont fait le travail pour lequel ils sont payés. C'est à dire ils ont défendu la Côte d'Ivoire. Quand j'étais à la CPI, ils ont cité des témoins militaires, des officiers, mais aucun ne m'a accusé, aucun n'a dit que j'ai donné l'ordre d'aller tuer des gens même ceux qui fanfaronnaient, aucun. Parce que ce n'est même pas utile, ils font leur travail ! Ou ils sont vaincus ou ils sont vainqueurs mais tous les Généraux qui sont passés à la barre à la Haye, m'ont défendu. Malgré qu'ils soient des témoins à charge, ils ont témoigné pour moi. Bon je suis revenu au pays, Alors d'où ça sort qu'ils soient encore en prison ! C'est ça la question ! D'où ça sort qu'ils soient encore en prison ? C'est que soit on avait d'autres raisons de les mettre en prison. Parce que si Gbagbo est acquitté et libéré, ceux qui y sont n'ont plus de raison d'être en prison. C'est une logique qui est élémentaire sauf si on a d'autres idées, comme amputer l'armée de ces meilleurs éléments, par exemple.

Normalement, une fois qu'on m'arrête, on ne devrait pas arrêter les subordonnés puisque c'est moi le donneur d'ordre. C'est moi le Chef de la Gendarmerie, de l'armée, de la police. J'ai répondu à toutes les questions, je n'ai jamais cité aucun militaire, je n'ai jamais mis en cause un militaire à la CPI. Je ne peux pas être devant les tribunaux et mettre en cause mes subordonnés. Je n'ai jamais mis en cause aucun de mes subordonnes. Et quand on les a cités à la barre pour témoigner contre moi, ce sont eux qui m'ont défendu donc je dis que nous sommes dans une situation incongrue, loufoque où le donneur d'ordre est dehors et les exécutants sont en prison. Ou on estime qu'il a donné de mauvais ordres et donc c'est lui qui doit être en prison mais on estime que je ne suis coupable de rien, c'est ce que acquitter veut dire, qu'il n'est pas reconnu coupable de tout ce qu'on lui reproche donc on le laisse partir à la maison et si c'est ça, j'estime que les militaires qui sont encore en prison n'ont plus à être en prison et je continue de plaider pour qu'ils soient libérés. Celui qui fait une autre interprétation ne comprend rien".

Mercredi, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, se prononçant sur la question a rappelé à Laurent Gbagbo qu’en matière pénale, la responsabilité est personnelle et que les militaires sont poursuivis pour "crimes de sang, assassinat, meurtre, torture, soustraction de cadavres".

Lambert KOUAME

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