Encore un Soroïste présumé innocent enlevé.







Traoré Mamadou, proche de Guillaume Soro, a été kidnappé dans la nuit du vendredi 14 au samedi 15 janvier, par des hommes en armes envoyés par les autorités.

L’information a circulé pendant plusieurs heures samedi dernier, avant d’être, hélas, confirmée par un communiqué de Générations et Peuples Solidaires (GPS).   Traoré Mamadou membre du Comité d’Orientation et de Coordination (COC) du mouvement présidé par Guillaume Soro, a été enlevé par des hommes lourdement armés, arrivés à bord d’un véhicule de type 4X4. Ils l’ont pris et sont partis avec lui pour une destination inconnue. L’on apprendra plus tard qu’il s’agit d’une arrestation. Parce qu’elles auraient quelque chose à lui reprocher, les autorités ont choisi cette façon brutale pour interpeller ce chef de famille devant ses proches. Avait-on besoin d’une telle barbarie face à un citoyen présumé innocent ? Pourquoi ne pas le convoquer en bonne et due forme pour l’interroger ? Qu’a-t-il fait de si grave pour être ainsi pris comme criminel de grand chemin ? Pourtant, dans le passé, le même justiciable, convoqué devant la brigade de recherche de la gendarmerie, a régulièrement répondu sans jamais tenter de se dérober.

Il faut le dire tout net, cet enlèvement de Traoré Mamadou, quel qu’en soit le motif, est un abus de pouvoir et une violation de son droit à la présomption d’innocence. Est-ce parce qu’il est proche de Guillaume Soro ? Toute l’opinion nationale et internationale est persuadée de l’acharnement du pouvoir RHDP vis-à-vis du président de GPS et tous ses soutiens. Cependant, ces personnes sont avant tout des citoyens avec des droits dont aucune haine ne peut justifier la violation.

Jusqu’à quand continuera-t-on d’être si brutal avec des citoyens simplement parce qu’ils soutiennent un adversaire politique ?  Avant Traoré Mamadou, ils sont nombreux les partisans de l’ancien président de l’Assemblée nationale kidnappés de cette façon à leur domicile ou à d’autres endroits. Après avoir été torturés pour certains, et détenus pendant de longs mois, voire des années, beaucoup sont libérés sans jugement ou déclarés innocents lors de leur procès. Quelle injustice !  C’est le cas de Koné Hanon responsable de la Jeunesse Kigbafori Soro (JKS) à Daloa enlevé en janvier 2019 et libéré en novembre 2020 sans jugement. C’est aussi le cas de Simon et Rigobert Soro, Kando Soumahoro, Yao Soumaïla, Loukimane Camara, Anne Marie Bonifon, Zeinab Ayoub pour ne citer que ces noms.  

« L’orgueil et l’abus de pouvoir sont des posons qui détruisent les nations », prévient Albert-Ena Caron.

Cissé Sindou       

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