Au-delà du football







Le coup de sifflet final de la 33e édition de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN 2021) a été donné. La Côte d'Ivoire a été éliminée aux 8es de finales de cette édition mais... Cette CAN aura été l'une des rares occasions d'unité nationale pour les Ivoiriens. En effet, le temps de ce tournoi, ils ont oublié leurs divergences et querelles politiques pour faire bloc autour de l'équipe nationale de football engagée dans la compétition. Cette unité autour des Eléphants footballeurs, il faut l'avouer, n'avait jamais été aussi solide les deux dernières décennies.

A chaque fois, selon le pouvoir en place, des Ivoiriens, partisans du camp politique adverse, préféraient soutenir les adversaires de l'équipe ivoirienne, rien que pour ne pas voir les dirigeants s'enorgueillir éventuellement d'un succès de l'équipe. Cette année, une telle cacophonie a été peu visible.

A chacun des matchs de nos pachydermes, on sentait le cœur de tous les Ivoiriens battre au même rythme pour le 11 national. Les victoires donnaient lieu à des liesses partout dans le pays. Les défaites provoquaient également la déception de tous. On peut l'écrire, le sport a réussi, durant cette période de CAN, un rapprochement des cœurs divisés par la politique et les politiques. C'est une source d'espoir pour tous ceux qui n'aiment pas voir ce Peuple divisé, et qui rêvent de le voir uni pour de bon. Certes, comme dans toutes les nations du monde, les citoyens ne sont pas obligés d'avoir les mêmes opinions politique, religieuse ou culturelle, mais ils doivent constamment se sentir tous citoyens d'une seule et unique nation. Ce qui n'a malheureusement pas été le cas pour la Côte d'Ivoire depuis de longues années de crises successives.

Les rancœurs et les clivages sont si prononcés que chacun définit généralement sa nation selon son appartenance politique ou tribale. Pourtant, fort heureusement pendant cette CAN, la Côte d'Ivoire était la même pour tous les citoyens, qu’ils soient sur le territoire national ou à l'extérieur, partisans du pouvoir ou de l’opposition politique. Comme un seul homme, ils se sont mobilisés pour pousser l'équipe nationale à la victoire, mais aussi et surtout pour défendre ensemble l’honneur de la patrie. Sur les réseaux sociaux et au-delà, les Ivoiriens ont fait front ensemble pour dénoncer les extrémistes camerounais qui ont osé siffler l’hymne national de Côte d’Ivoire, puis conspué les joueurs et des supporters ivoiriens lors du match de 8e de finale opposant les Eléphants de Côte d’Ivoire aux Pharaons d’Egypte. Cet épisode de la CAN montre donc que la population ivoirienne reste unie à la base. Les divisions qu’elle connait ne proviennent que des questions politiques. Des divisions parfois créées et entretenues par les acteurs politiques prêts à tout pour l’accession au pouvoir ou sa conservation.

Cette unité née autour du drapeau et de l’équipe nationale de football, devrait alors inspirer ces politiques, particulièrement les tenants du pouvoir, pour poser des actes réels de réconciliation nationale, à savoir: faire libérer tous les détenus de la crise postélectorale de 2010-2011, les détenus de la crise électorale de 2020 ; mettre fin aux poursuites judiciaires contre les opposants en exil afin que ceux-ci puissent regagner leur pays, asseoir dès maintenant, les bases d’une élection présidentielle inclusive, équitable et transparente en 2025.

 

Cissé Sindou

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