France : Société des journalistes de RFI recadre sèchement Macron: « Non, M. Macron, FMM (France Media Monde, ndlr) n’est pas le porte-voix de l’Elysée





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Devant les ambassadeurs français réunis, jeudi, à l'Elysée, le président français, Emmanuel Macron, a appelé à "assumer une stratégie d'influence et de rayonnement de la France" et invité à mieux utiliser le réseau France Médias Monde pour faire face au " narratif, russe, chinois ou turc" en Afrique.

En réaction, la Société des journalistes (SDJ) de RFI a, dans un communiqué, rendu public, vendredi, recadré sèchement le président français lui rappelant que ce groupe de presse « n’est pas le porte-voix de l’Elysée » et que ses journalistes ne seront « jamais un outil au service de (sa) communication et de (sa) politique ». 

Ci-dessous, le communiqué

Le 1er septembre 2022, face aux ambassadeurs de France réunis à l’Elysée, M. Macron, vous avez appelé à « utiliser le réseau France Média Monde » pour « faire face aux narratifs russe, chinois, ou turc » qui viennent « expliquer aux Africains que la France est un pays qui fait de la néo-colonisation et qui installe son armée sur leur sol ».

Monsieur le président, si les rédactions de RFI, France 24 et Monte Carlo Doualiya s’emploient sans relâche et avec conscience à déconstruire « les narratifs », à traquer les fake-news d’où qu’elles viennent, nos journalistes ne sont en aucun cas et ne seront jamais un outil au service de votre communication et de votre politique. Les antennes de FMM ne sont pas « des médias d’Etat » comme ceux existant dans les pays cités lors de votre discours face aux ambassadeurs.

La SDJ de RFI tient à vous rappeler que nous ne céderons jamais une once de notre indépendance, en quelque circonstance que ce soit. Nous ne sommes pas journalistes « à utiliser ». Là est notre ligne rouge.

En ces temps incertains, où votre gouvernement a décidé de supprimer la redevance, où le deuxième mandat de notre PDG arrive à son terme, à une période où les contraintes budgétaires qui nous sont imposées rognent un peu plus nos conditions de travail, nous ne pouvons accepter de tels propos.  Pire, ces phrases jettent soupçon et discrédit sur le travail de nos correspondants qui, aux quatre coins du monde, font face à une défiance grandissante. Ils sont une nouvelle fois mis en danger par un tel discours qui vient questionner leur indépendance.

Monsieur le Président,  « l’indépendance n’est pas un état de choses. C’est un devoir », a dit Vaclav Havel. Il est le nôtre à France Médias Monde.

Lambert KOUAME 

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