Conseil national des exportations : « Il y a bel et bien eu harcèlement sexuel », persiste dame Akra Dexter Marilyne





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L’affaire du harcèlement sexuel dont est accusé le secrétaire général du Conseil national des exportations (CNE), Serge Martial Bombo, par son ex-collaboratrice, dame Akra née Kessi Dexter Marilyne, ne semble pas prête de connaître son épilogue. Malgré un droit de réponse émanant de cette structure sous tutelle du ministère du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME (et non de l’accusé), celle qui se présente comme la victime est revenue à la charge, donnant des détails sur la question et sur les démarches qu’elle a entreprise avant et après son licenciement. Des informations qui, il faut le reconnaître, vont mettre à mal de hauts responsables de l’administration publique au vu de la manière dont ils ont géré l’affaire.

Dame Akra Dexter, qui dit ne pas avoir eu le temps de donner les détails de cette affaire parce que le réseau social Tik Tok ne lui offrait que 3 mn, donne de plus amples précisions en citant des témoins à qui elle s’était confié au moment des faits.

« En août 2021, à la faveur de deux missions de collectes de données combinées à des sessions de formation, une équipe du Conseil national des exportations conduite par M. Serge Martial Bombo, secrétaire général, a résidé dans les villes de Bouaké et de Korhogo. Pour la ville de Korhogo, l’équipe était logée à l’hôtel Olympe. Dans la nuit du lundi 23 aôutMr Bombo invite toute l’équipe à dîner pour, dit-il, la féliciter de la réussite du démarrage de l’activité. Était présent à ce dîner, entre autres, le directeur régional du commerce de Korhogo. À la fin du repas, restée en arrière pour récupérer mes affaires, M. Bombo m’a approché pour me glisser dans le creux de l’oreille et je cite : Maryline, tu rentres prendre ta douche et tu me rejoins tout à l’heure dans ma chambre d’hôtel », explique-t-elle. Précisant qu’elle a fait mine de ne pas avoir entendu. Mais, ajoute-t-elle, une fois dans sa chambre, son chef a relancé son invitation. Sur l’insistance de ce dernier, elle a dû se résoudre à le rejoindre. Contre des promesses de promotion et d’espèces sonnantes et trébuchantes, il a essayé, toujours selon dame Akra, de la convaincre d’avoir des rapports intimes avec elle. Ce qu’elle a refusé. Elle précise avoir confié son calvaire à M. Karl Miville De Chene, l’expert-formateur canadien qui l’a réconforté. La suite, on la connaît. Une fois à Abidjan, fait-elle savoir, avec l’aide d’autres responsables du CNE, elle a été purement et simplement licenciée. Et ses démarches puis les rencontres, révèle-t-elle, avec Eric Essoh, directeur de cabinet du ministre du Commerce, de l’Industrie, et de la Promotion des PME, de Mme Aimé Zebeyou, conseillère spéciale auprès du président chargée des questions du genre, et de l’Inspecteur général du commerce et son adjoint, n’y ont rien changé.

Cette version de dame Akra intervient après un droit de réponse du CNE à la suite de sa vidéo sur les réseaux sociaux, dans lequel il a tenu à « récuser les accusations portées » contre son secrétaire général. Le document « dément formellement les accusations de harcèlement qui visent à calomnier son secrétaire général », a précisé que « contrairement aux affirmations, que Mme Akra née Kessy Marilyne a été licenciée pour de graves manquements à ses obligations professionnelles, de nature à entacher la crédibilité et la visibilité du CNE. Le droit de réponse mentionne que c’est une tentative de déstabilisation et de dénigrement à un moment.

Dans cette affaire qui révèle jour après jour des secrets, les observateurs s’interrogent sur la tournure que prennent les choses. Beaucoup pensent que la question aurait pu être réglée sans qu’elle ne se retrouve sur la place publique. D’autant plus que ce sont de hauts responsables de l’administration publique, et même une conseillère du président Alassane Ouattara qui ont reçu la plaignante. Par ailleurs, l’on s’étonne que des mesures conservatoires n’aient pas été prises en attendant que la lumière soit faite sur cette affaire. C’est à juste titre qu’un internaute soutenait comme dame Akra que les droits de cette dernière ont été bafoués dans le règlement de ce problème qui, si l’on n’y prend garde, aura des conséquences désastreuses sur la mission du CNE lui-même. Car, ne l’oublions pas, les bailleurs de fonds sont très sensibles à ce genre d’affaire.

 

Modeste KONE

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