Crise de l’éducation nationale : Le PPA-CI accuse Alassane Ouattara





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Dans le 6e numéro de la Tribune du PPA-CI, le porte-parole du Parti de peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), Justin Katina Koné, a accusé le chef de l’État, Alassane Ouattara, d’être à l’origine de la crise de l’éducation nationale que connaît le pays. Selon lui, tout est parti des années 1990 où ce dernier était Premier ministre.

« Comme tous les services sociaux en Côte d’Ivoire, l’école ivoirienne est une grosse victime des mesures d’ajustements structurels des années 90 issues de ce que l’on appelle le Consensus de Washington qui a consacré l’ultralibéralisme. Le marché étant désormais devenu l’unique régulateur de la vie économique et sociale, l’école ivoirienne tombe dans le commerce », a soutenu Katina Justin. Pour qui, « Les premiers coups sérieux portés à l’école ivoirienne sont l’œuvre de l’actuel Chef de l’Etat, le commis parfait des promoteurs de la doctrine ultralibérale des années 90 ».

Pour le porte-parole du parti de Laurent Gbagbo, alors qu’il a été nommé avec pour mission de trouver le mécanisme pour rembourser la dette ivoirienne, le chef du gouvernement de l’époque n'a pas trouvé mieux que de réduire de manière drastique les chapitres budgétaires alloués aux services sociaux de base dont l’école. Il en veut pour preuve le raccrochage des enseignants qui a eu pour conséquence la fuite des salles de classe, la fermeture des internats, etc.

Par ailleurs, le conférencier a dénoncé une sorte de privatisation du secteur de l’éducation nationale avec la flambée des établissements privés. Il décompte 604 établissements privés (primaires et secondaires) dans les années 60 contre 4 255 en 2018. Or, dans le privé, de nombreux problèmes se posent notamment au niveau salarial et au niveau pédagogique sans que l’État qui y oriente la majeure partie des élèves (suivi de fonds au profit de ces établissements), ne daigne y avoir un regard.

Le porte-parole du PPA-CI a également soulevé des défaillances d’ordre structurel et didactique. Selon lui, le manque de rigueur a repris ses droits. « Les faibles résultats scolaires des sessions 2021 et 2022 relèvent d’une tentative du régime RHDP/RDR de corriger ce qui peut l’être encore, de l’échec de l’école sous sa gouvernance. Alors, le coefficient 1 qui était affecté à toutes les disciplines dans le secondaire change. On revient aux anciens coefficients avec les matières spécifiques selon la série. Désormais, l’orthographe avec le texte lacunaire fait place à la dictée au CM2 pour l’examen du CEPE. Mais en le faisant, on revient à la pédagogie par objectif sans le savoir. Alors que la méthodologie en vigueur est l’approche par les compétences - APC - dont les formats d’évaluation sont différents de ceux de la pédagogie par objectifs-PPO », explique-t-il. Avant de conclure qu’ « au niveau des apprentissages, la Côte d’Ivoire a fait le choix de la pédagogie de l’intégration comme paradigme de l’enseignement/apprentissage ».

 

Modeste KONÉ

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