Ah ces prix fous qui rendent fou !





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Nous avons été bien naïfs de croire que dans nos Etats africains, une solution durable existe pour conjurer le mauvais sort que fait planer sur nos pays le yoyo des prix du baril du pétrole. Pour se convaincre de la vacuité des propositions faites ici et là, il suffit de regarder le prix du carburant à la pompe. Partout, il a pris l’ascenseur et apparemment rien ne peut l’arrêter.

Pas même les propositions qui étaient dans les tiroirs et qui attendaient de sortir pour en finir avec ces montées des prix du brut qui font monter la tension artérielle de bien des chefs d’Etat. Une petite crise est-elle signalée là ou là-bas que la minute qui suit, le prix des carburants est déjà au 21ème étage d’une tour dont l’existence reste à prouver.

En 2008, une crise armée a éclaté entre la Russie et la Géorgie pour le contrôle de l’Ossétie du Sud. Si cette crise n’a pas mis longtemps à s’éteindre, elle aura tout de même effrayé le monde. En cette même année 2008, la planète a connu un choc pétrolier jamais vécu auparavant. Non seulement la barre des 100 dollars le baril a été franchie pour la première fois, mais au milieu de l’année, précisément le 11 juillet, elle est montée jusqu’à 147,50 dollars le baril.

C’était historique. Ce qui a fait dire à la presse européenne de l’époque que 2008 est l’année où le pétrole a affolé tous les compteurs. Peter Beutel du cabinet américain Cameron Hanover dit ne pas être près d’oublier "l'une des années les plus difficiles et volatiles jamais vécues".

Bien évidemment, une telle montée du prix du baril crée nécessairement des problèmes aux gouvernements des pays du monde. A l’époque, tous, y compris le nôtre, ont été contraints de débloquer les prix jusque-là contenus plus ou moins. On a assisté alors au changement radical des prix des carburants à la pompe. 775FCFA pour l’essence super sans plomb et 655FCFA pour le gasoil.

Si les gouvernements n’avaient pas d’autre choix parce que le baril coûtait désormais 147,50 dollars au lieu de 39-40 dollars, les utilisateurs des carburants n’en avaient cure. Et ça se comprenait parfaitement.

Depuis janvier 2023, soit 12 ans après ce triste record, les choses se présentent différemment. Le prix du baril du pétrole brut, après ses montées et descentes, est revenu à 80-81 dollars. Dans notre pays, au lieu de fixer les prix du carburant à la pompe à la baisse, ils ont plutôt grimpé créant une panique au sein de la population. Car, 815FCFA le prix du litre de super sans plomb est historique. C’est un record. C’est un prix jamais affiché dans aucune station-service de ce pays. Mais cela s’explique. Nous sommes en train de ressentir les effets cumulés du covid-19 et de la guerre en Ukraine, qui a du mal à prendre fin.

Tout bien pesé, aussi bien le covid-19 que la guerre en Ukraine, avec les multiples sanctions prises par l’OTAN pour punir une partie au conflit, montrent clairement les limites de l’action humaine. De même que les scientifiques se sont emmurés dans leurs laboratoires afin de trouver un remède qui puisse faire reculer le virus du covid-19, de même les politiques devraient se réunir pour mettre rapidement un terme au conflit ukraino-russe.

Il n’a que trop ravagé le monde des hommes.

Abdoulaye Villard Sanogo

 

 

 

 

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