Enfin Zelensky pense à faire la paix avec la Russie





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Que se passe-t-il chez nos confrères français, notamment des grands médias ? Ils ne prennent aucun recul dans leurs différents récits. Ils sont à fond dans la guerre en Ukraine, derrière l’armée et le peuple ukrainiens comme le ferait un citoyen d’un quartier ou un politicien. Leurs commentaires sont sans frein au point d’appeler même, sur un plateau de télé d’un média mainstream, à l’assassinat du président russe Vladimir Poutine. Leur prise de position est si claire et nette que l’invité ou celui qui ose emboucher la trompette des négociations pour mettre fin à la boucherie sur les théâtres des opérations est vu comme un ennemi à abattre. Un peu comme ils monteraient sur la femme ou l’homme qui oserait qualifier l’homosexualité «d’abomination ou de dérive sociale».

Mais jusque-là, l’on pensait sincèrement que c’est parce que nos confrères n’ont pas les vraies informations en provenance des champs de bataille qu’ils faisaient la promotion de la guerre à tout va. Plus d’une fois sur les plateaux de télés, on a entendu des experts dire et soutenir que la vraie victime de cette guerre russo-ukrainienne, c’est la vérité. Pour dire que les informations, surtout officielles, qui arrivent dans les rédactions en provenance de l’un ou l’autre camp sont gravement altérées.

Sauf que l’autre jour, une grande chaîne de télé française a reçu en direct de Bakhmout, une ville ukrainienne constamment bombardée par l’un et l’autre camp, un jeune médecin urgentiste et anesthésiste franco-ukrainien. Il a quitté la France où il vit pour aller soutenir son pays qui est en guerre contre la Russie. Son récit est terrifiant et insupportable pour les âmes encore sensibles. Les informations de terrain qu’il a données ce jour-là donnent envie de renoncer à la vie devant la barbarie des humains.

Selon ce jeune médecin, c’est entre 250 et 300 blessés qui arrivent tous les jours dans les hôpitaux. De son propre aveu, ces blessés sont presque irrécupérables avec des têtes, des mains, des pieds ou tout le corps déchiqueté, broyé. Il a ajouté que là où les officiels parlent de blessés légers, ce sont en réalité de graves blessures que portent ces combattants. Au regard de son témoignage, il suffit de faire un petit calcul pour savoir que ce sont des milliers de combattants qui tombent au front et des milliers de blessés, sans doute des mutilés à jamais, qui reviennent des champs de bataille.

Après l’intervention de ce témoin oculaire qui a glacé le plateau, l’on s’attendait le plus logiquement du monde à ce que nos confrères revoient leur position en faveur de la guerre. Que non ! Ils ont continué leur laïus unidirectionnel en posant des questions sur la résistance des Ukrainiens et cherchant à savoir quand les chars promis par l’OTAN arriveront à destination «pour que nous puissions repousser les Russes».

Heureusement que le monde n’est pas fait que de va-t-en guerre. En ce mois finissant de février 2023, un peu partout, les hommes et les femmes se mobilisent pour produire un autre narratif et parler aux deux belligérants afin qu’ils cessent le feu et prennent le chemin des négociations. Le président brésilien Lula a annoncé la couleur en se proposant de parler d’un plan de paix avec son homologue américain. Le président chinois y pense aussi sérieusement.

Dernièrement, un groupe de dirigeants et hommes politiques européens, dont l’Insoumis français Jean-Luc Mélenchon et la ministre espagnole des Affaires étrangères, a publié une tribune dans la presse pour demander un cessez-le-feu et aller à la paix. De plus en plus d’hommes et de femmes responsables sortent de leur silence et brisent tous les tabous pour demander que s’arrête la boucherie sur le territoire européen. Sur les plateaux de télés françaises, certains propos jusqu’ici insusceptibles d’être entendus s’entendent…enfin.

L’on apprend même que lors de son voyage aux Etats-Unis en décembre dernier, le président ukrainien était porteur d’un plan de paix en dix points qu’il a proposé à son tuteur américain. Ce plan qui est en discussion déjà avec les alliés devrait être présenté officiellement aux diplomates, les Russes y compris, le 24 février prochain, jour anniversaire du déclenchement de la guerre. Sauf que pour sa mise en marche, Zelensky veut regagner d’abord du terrain face aux troupes russes avant d’aller aux négociations. C’est ce qui justifie qu’il fait le tour de ses soutiens afin que ceux-ci en fassent davantage dans leur apport en logistique de guerre.

Selon le journal français Le Point qui cite l’Elysée, dans l’entretien téléphonique qu’il a eu hier avec Zelensky, Macron a «réaffirmé son attachement au plan de paix en 10 points proposé par le président Zelensky et lui a assuré qu'il soutiendrait cette initiative sur la scène internationale lors des prochains événements diplomatiques». Toutefois, pour aller dans le sens souhaité par le chef de l’Etat ukrainien, Macron rappelle : «Nous devons absolument intensifier notre soutien et notre effort pour aider à la résistance du peuple et de l'armée ukrainienne et leur permettre de mener la contre-offensive qui seule permettra des négociations crédibles aux conditions choisies par l'Ukraine, ses autorités et son peuple».

Même si le chemin de la paix n’est pas facile à trouver, dans le cas de la recherche de la paix en Ukraine, le chemin pour y aller est là, à portée de pieds. Il ne reste plus que la lumière pour son éclairage. D’où viendra-t-elle ?

AVS

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