Impact en Côte d’Ivoire des sanctions européennes contre la Russie : Des acteurs politiques ivoiriens se prononcent





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Quel est l'impact des sanctions européennes prises à l'encontre de la Russie par rapport à la guerre en Ukraine sur les pays africains en général et la Côte d'Ivoire en particulier? Des acteurs de la scène politique ivoirienne estiment que ces sanctions mondiales imposées au Kremlin ont de sévères répercussions sur la chaîne d’approvisionnement de pays comme la Côte d’Ivoire.

Hugues Lago, cadre de Générations et peuples solidaires (GPS) de l’ancien Premier ministre ivoirien Guillaume Soro soutient que ces sanctions ne sont pas sans conséquences pour les pays africains en général et la côte d'Ivoire en particulier. « Dans certains pays africains, on note un problème d'approvisionnement en produit agricole mais aussi en énergie et en matériaux nécessaires à la production d'infrastructure. Cela occasionne une hausse des prix des denrées alimentaires et de l'énergie. Cette hausse des prix peut susciter des tensions sociales dans certains pays africains où les dispositifs de protection sociale sont faibles, les possibilités d'emploi peu nombreuses, la marge de manœuvre budgétaire limitée et les gouvernements impopulaires », explique-t-il.

Risques de troubles en Afrique

Selon M. Lago, à l'instar de plusieurs pays africains, en Côte d'Ivoire, « on constate une flambée des prix des denrées alimentaires ; la hausse des prix du carburant qui entraîne forcément une hausse des prix du transport ». « En clair, les sanctions contre la Russie affectent non seulement la Russie mais également l'économie des pays africains et peuvent déboucher sur des troubles en Afrique », fait remarquer ce dirigeant de GPS.

Lasm Blaise, Secrétaire général adjoint du Parti des peuples africains Côte d'Ivoire (Ppa-CI) souligne que le conflit entre la Russie et l'Ukraine représente « une autre menace majeure » pour l'économie mondiale en général et pour la Côte d’Ivoire en particulier directement touchée. Il ne veut pour preuve, depuis le début de la crise, les prix mondiaux du blé, du tournesol et du pétrole brut ont grimpé « à des niveaux sans précédent » du fait des sanctions de l’Union Européenne et des autres pays occidentaux. Le dirigeant du parti de Laurent Gbagbo fait remarquer que l'Afrique dépend fortement des importations alimentaires des deux pays, et que le continent subit des chocs de prix et des perturbations dans la chaîne d'approvisionnement de ces produits de base. « La Côte d’Ivoire n’est pas épargnée», précise-t-il, insistant sur le fait que «les sanctions imposées à la Russie par les pays occidentaux ont exacerbé les flux commerciaux entre la Russie et l'Afrique en raison de la fermeture d'opérations portuaires vitales en mer noire ».

Flambée des prix

« On craint de plus en plus qu'une pénurie mondiale d'engrais n'entraîne une hausse des prix des denrées alimentaires, avec des répercussions sur la production agricole et la sécurité alimentaire. L’agriculture est la base de l’économie ivoirienne, une pénurie en engrais va entrainer une hausse des prix de ces intrants agricole et l’augmentation des produits vivriers et le panier de la ménagère », rappelle M. Lasm. Selon lui, une hausse du prix du pétrole suite à cette crise a entrainé une inflation qui touche l’ensemble des secteurs économique, transport, la construction, l’agriculture, industrie, denrées alimentaires comme le riz, l’oignon, la tomate, le sucre, le lait, etc. ». 

Risque majeur d’insécurité alimentaire et énergétique

A l’observation, le Politologue et essayiste, Geoffroy-Julien Kouao soutient que les sanctions européennes contre la Russie posent à l’Afrique une question d’approvisionnement en pétrole, en gaz, en blé, en engrais et autres produits de premières nécessités. Cette conjoncture expose l’Afrique à un risque majeur d’insécurité alimentaire et énergétique. « La flambée des prix du pain et du litre de pétrole à la pompe est déjà une triste réalité dans de nombreux Etats du continent. la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), 28 millions de personnes pourraient être des victimes collatérales de la guerre entre la Russie et l’Ukraine sur le plan alimentaire. Il faut craindre des troubles sociaux et politiques si la crise perdure », rappelle-t-il.

Pour M. Kouao, la Côte d’Ivoire, évidemment, est une victime collatérale de la crise russo-ukrainienne. L’augmentation du prix du litre d'essence et du gasoil à la pompe a impacté négativement le pouvoir d’achat des ivoiriens. L’inflation est galopante, surtout en ce qui concerne les produits alimentaires. Le prix des transports connaît une flambée quasi-quotidienne. « Le gouvernement a, d’abord, réagi en augmentant le salaire des fonctionnaires, d’une part, et en faisant passer le SMIG de 60.000 Fcfa à 75000 Fcfa, d'autre part. Ensuite, Abidjan a subventionné les produits de grande consommation. Nonobstant les efforts gouvernementaux, la cherté de la vie met à mal le pouvoir d’achat des ivoiriens.

 

Source : L'inter

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