Côte d’Ivoire/ Lutte contre la drepanocytose: Inner Wheel organise une séance de sensibilisation et de dépistage à Bonoua





Inner Wheel,dépistage de la drépanocytose,IFEF Bonoua


Dans le cadre de la célébration de ses activités annuelles, le club Inner Wheel a organisé ce vendredi, à l’Institut de formation et d’éducation féminine (IFEF) de Bonoua, une séance de sensibilisation et de dépistage de la drépanocytose, une maladie du sang qui affecte 14 % de la population ivoirienne, soit environ trois millions de personnes.

C’est dans une salle archi-comble, que les auditrices et certains parents se sont retrouvés pour en savoir davantage sur cette maladie dont on parle peu, mais qui est portée à vie par le sujet atteint.

Dans sa présentation, le Dr Atiméré Yao Nicaise, hématologue et pédiatre au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Treichville, a indiqué que cette maladie de sang est transmise par les parents à l’enfant, précisant qu’elle n’est pas contagieuse. Poursuivant, Dr  Atiméré a ajouté qu’elle touche essentiellement les noirs d’Afrique et les Arabes. 

Cette maladie de l’hémoglobine se traduit par une déformation des globules rouges qui, du coup, prennent une forme de banane ou de faucille et bouchent les vaisseaux sanguins, empêchant la circulation de l’oxygène. C’est ce qui entraîne les douleurs, surtout au niveau des os chez le patient, a expliqué le patricien. 
Les signes sont les douleurs, l’anémie et les infections. 

"La maladie apparaît autour de quatre à six mois par des enflures des mains et des pieds, des douleurs aux bras, aux pieds ou aux articulations, au ventre. Cela se remarque par le faite que l’enfant pleure beaucoup", a-t-il signalé.

Rapportant les statistiques de l’OMS, le pédiatre a affirmé que ce sont 50 millions de personnes qui sont atteintes de cette pathologie. En Côte d’Ivoire, ce sont environ trois millions de personnes qui portent cette maladie. Le CHU de Treichville, reçoit 200 cas d’enfants malades chaque année quand le chu de Cocody  enregistre 300 nouveaux cas chaque année.

Parlant des complications, Dr Atiméré a soutenu que l’anémie sévère peut entraîner la mort, une insuffisance cardiaque, la cécité ou des plaies incurables. "C’est une maladie grave, qui ne se guérit pas", a-t-il regretté. 

Pour espacer les crises, le pédiatre a conseillé aux sujets malades de boire beaucoup d’eau, de se couvrir et d’éviter de faire des efforts physiques intenses.

La seule manière de l’éviter, c’est de faire son dépistage pour savoir le type qu’on a, a dit le Docteur, citant entre autres types le AA, AS, AC, SS. Tandis que le AA est un sujet sain, les AS et AC sont porteurs, mais ne font pas la maladie. Toutefois, ils peuvent la transmettre à leurs enfants. Quant au SS, il fait déjà la maladie, note-t-on.

Des explications qui ont édifié les auditrices et parents qui sans aucune pression ont toutes décidé de faire leur test.

Le gouverneur de Inner Wheel, Marie Laure Bonafos, pour qui le gouvernorat 2018-2019 a été mis sous le signe du dépistage et de la sensibilisation de la drépanocytose, s’est réjouie de la présence massive des  auditrices, mais aussi des parents qui ont émis le vœu de voir cette séance s’étendre à plus de personnes.

 "Nous sommes encouragés que des femmes nous demandent de revenir pour intensifier la sensibilisation et le dépistage", a-t-elle déclaré, ajoutant qu’elle est heureuse de voir que ces jeunes filles viennent se faire dépister volontairement.

" J’espère que nous allons arriver à une centaine, qui est très bien. Ainsi, elles pourront savoir si elles sont drépanocytaires ou pas. Et la carte qui leur sera délivrée va les suivre, toute leur vie", a-t-elle ajouté.

Il faut préciser que le dépistage s’est fait gratuitement. Ces séances vont se poursuivre dans le mois de juin à l’IFEF d’Abobo, a annoncé Mme Bonafos.

Quant à la directrice de cet institut Marie Angèle Niangoran, elle s’est dite honorée que son établissement ait été  choisi pour cette séance de dépistage. Pour elle, l’engouement suscité par les participants et la détermination à se faire dépister démontrent de l’intérêt qu’ils accordent au sujet.

Saisissant l’occasion, elle a appelé les autorités à faire la promotion des IFEF qui selon elle, sont peu connus en Côte d’Ivoire.

L'IFEF de Bonoua compte 78 auditrices pour huit maitresses, signale-t-on.

Lambert KOUAME

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