Remise d’appuis aux acteurs des médias : Amadou Coulibaly pas tendre avec les patrons de presse





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Le ministre de la Communication et des Médias, Amadou Coulibaly, n’a pas été tendre avec les patrons de presse relativement à l’aide de l’Etat aux médias.

A l’occasion de la cérémonie de présentation des appuis de l’Agence de soutien et de développement des médias (ASDM) au secteur des médias, au titre de l’année 2023, tenue ce jeudi 21 décembre à Grand Bassam, le porte-parole du gouvernement, a assuré que l’Etat est certes disposé à accorder des subventions aux médias. Mais il entend le faire dans un environnement structuré.

« Nous sommes pour apporter des subventions, mais dans un cadre structuré. On ne peut créer d’entreprise de presse et vivre de subventions », a-t-il déploré.

« A termes, on ne devrait plus pouvoir soutenir des fonctionnements. On ne peut pas continuer à soutenir les fonctionnements des entreprises de presse », a averti le ministre de tutelle, ajoutant que l’accompagnement de l’Etat en faveur de la presse a pris une autre dimension depuis la création de l’ASDM : celle d’une nouvelle approche dans la gestion de l’aide publique qui pourrait se résumer en un mot : « Soutenir pour développer ». Ce qui passe, a-t-il poursuivi, par des accompagnements à visée en terme structurel, à la fois de l’ensemble des chaînes de valeur de l’information, mais aussi de vos différentes entreprises.

Toutefois, il a rassuré les médias qu’ils peuvent compter sur lui en cas de crise conjoncturelle avant d’exhorter les patrons de presse à être porteurs de grandes visions dans leurs initiatives à même d’assurer plus leur développement que leur simple maintien, leur simple survie. Car l’intention de l’Etat, c’est d’injecter des ressources pour que les entreprises se développent.

Pour Amadou Coulibaly, il est inadmissible que malgré les sommes que l’Etat a injectées dans le secteur des médias depuis l’ex-Fonds de soutien et de développement de la presse (FSDP) jusqu’à la création de l’Agence de soutien et de développement des médias, les entreprises de presse ne soient pas fiables. Il estime à cet effet qu’une réflexion doit être menée sur les différents modèles économiques.

C’est pourquoi, une étude de tout l’écosystème qui part depuis les éditeurs à l’impression et à la distribution est en cours pour comprendre, face aux nouveaux enjeux, les défis à relever. « Et c’est seulement à partir de ce moment que nous pourrons injecter des ressources et saurons où les injecter sinon ce sera dans un gouffre sans fonds ».

Cette étude, a-t-il poursuivi, a pour objectif de « trouver les bons canaux où injecter les ressources pour que ça puisse irriguer tout le corps et que nous retrouvions la belle vitalité que nous avions de notre presse dans les années 90 où les journaux tiraient pour certains à 100.000 exemplaires ». Alors, s’est-il interrogé : « Qu’est-ce qui s’est passé pour qu’aujourd’hui, ils en sont à tirer à 3000 exemplaires avec des taux d’invendus de 70 %? ».

Et la réponse, a-t-il répondu, « ce n’est pas forcément injecter de l’argent. Non, je ne crois pas. C’est réussir à avoir des organes qui soient bien structurés, répondent aux problématiques de façon structurelle et à partir de ce moment, on pourra injecter de l’argent en sachant qu’on adresse les questions ».

Au cours de cette cérémonie, 24 acteurs des médias ont reçu des subventions. Aux bénéficiaires, le ministre a demandé d’utiliser à bon escient les ressources qui leur sont mises à disposition avant d’avertir : « Je veux qu’on sache que le passé est complètement révolu où parfois, de très forts accompagnements ont été faits et puis que les premiers qui devraient en bénéficier, je veux parler des journalistes, continuaient à être sous-payés ou pas payés parce que l’entreprise n’était pas viable (…) C’est fini l’époque où l’argent public servait pour des utilisations personnelles et que avec les subventions obtenues, on pouvait construire sa maison ou s’acheter une voiture, c’est révolu. Un comité de suivi est mis en place pour ça », a-t-il dit avec fermeté.

Lambert KOUAME

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