Au-delà de la mort d’Arafat...







Dj Arafat, est parti. Comme une étoile filante. Sa mort accidentelle à 33 ans fait couler beaucoup d’encre et de salive. La génération Coupé-décalé est sous le choc. Mais au-delà du décès tragique du fils de Tina Spencer, la vie doit continuer. Avec ses enseignements. Il appartient à la société ivoirienne toute entière de tirer les bonnes leçons afin que l’hécatombe s’arrête. Oui, il s’agit bel et bien d’une hécatombe silencieuse qui a cours sous nos yeux. Combien d’Ivoiriens meurent par jour de la même manière que Dj Arafat par accident d’engins à deux roues ? D’Abidjan à Bouaké en passant par Korhogo, Odienné, Séguela, Daloa ou Bouna a-t-on évalué l’ampleur du drame ? L’idée même de cette statistique macabre donne froid dans le dos tant les exemples et cas pratiques foisonnent.

La célébration de la fête de la Tabaski a été marquée dans la nuit de dimanche à lundi par un grave accident de la circulation impliquant une moto et un véhicule de type berline aux environs de 2 heures sur la voie principale à proximité du quartier Sénoufo de Tengrela. Le motocyliste est mort. A Niakara le 31 mars, deux usagers de la route qui enfourchaient une moto sur l’axe routier Niakara-Kanawolo ont été victimes d’un accident qui a fait un mort et un blessé grave. La ville de Bouaké a connu un après-midi mouvementé le mardi 3 novembre 2018. Deux usagers d’un engin à deux roues se sont fait écraser par un mastodonte venant du corridor Nord pour non-respect des priorités…On ne saurait énumérer ici tous ces faits divers.

Mais, selon les dernières statistiques disponibles, la seule ville de Bouaké enregistre tous les six mois près 300 accidents de motos, soit 50 accidents par mois.

Tous ces accidents à moto ont un dénominateur commun : le non-respect du Code la route. Aussi, tous les décès enregistrés sont-ils dus à l’absence de casque. C’est connu. En pleine agglomération, la vitesse autorisée ne doit pas excéder 50 km / h. Mais, les conducteurs de grosses motos n’en ont cure. Quand ils dépassent un automobiliste leur vitesse et allure vertigineuses donnent la chair de poule. Vivement que la Team de Arafat, (son équipe  moto moto qui sillonnait chaque nuit les artères de la ville d’Abidjan) saisisse l’occasion de la mort du Daishikan pour devenir des ambassadeurs afin de contribuer à sauver des vies en sensibilisant sur la nécessité de porter des casques et éviter de faire des rodéos en pleine ville. La mort de Dj Arafat doit provoquer le déclic nécessaire pour faire comprendre à toute la jeunesse ivoirienne que la vie humaine ne tient qu’à un seul fil mais, rien ne la vaut. Leur meilleur hommage à rendre à DJ Arafat est qu’à partir de maintenant, tous ses « Chinois » s’engagent à respecter le Code de la route et à éviter les comportements à haut risque sur l’asphalte.

Rendre hommage à Arafat, c’est faire de lui le symbole, l’icône de la lutte contre l’incivisme à moto. Si malgré la grande douleur qui les dévore et devaste, les « Chinois » ne tirent pas les bonnes leçons du drame, et continuent comme si rien ne s’est passé, c’est que leur idole se serait sacrifiée pour rien. En enfourchant désormais leurs grosses bécanes, ses partisans doivent penser à lui. Pour qu’il ne meure jamais et reste dans leurs esprits pour des siècles des siècles.

 

Traoré Moussa

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