Ouattara parle à Bédié







« La Côte d’Ivoire appartient aux prochaines générations. Mais comme je vois des hésitations au niveau de certains de ma génération, c’est pour çela que je n’ai pas annoncé ma décision. Mais soyez rassurés, mon intention est bien de transférer le pouvoir à une nouvelle génération », a assuré le président ivoirien qui a ajouté : « Mais, mais, mais… Attention ! Je veux que tous ceux de ma génération comprennent que notre temps est passé. Et que nous devons tous nous mettre de côté. Alors si eux décident d’être candidats, je serai candidat ». Comme Zarathoustra, ainsi parla Alassane Ouattara dans le Hambol. Les médias du monde entier se sont empressés de conclure que le président de la République a annoncé sa candidature pour le combat épique de 2020. Non et non. Ouattara n’a pas encore annoncé sa candidature, du reste, souhaitée par l’écrasante majorité des Ivoiriens vu son bilan inattaquable.  L’unique destinataire du message est Bédié, la Cpi ayant réglé le cas Gbagbo.

Samedi, Ouattara n’a fait que parler au président du Pdci à haute voix pour l’amener à comprendre que chaque chose a son temps. Le principal destinataire du discours de Katiola est le président du Pdci-Rda, l’homme qui a vécu et qui veut ressusciter à la tête de l’Etat de Côte d’Ivoire.  Par cette déclaration, le chef de l’Etat rappelait simplement à Bédié qu’il est un être humain, un mortel et en tant que tel, il ne pouvait pas humainement réussir à plus de 86 ans ce qu’il n’a pas pu faire à 60 ans. Etre Président, c’est faire le tour du monde, effectuer les revues de troupes militaires seul, c’est rester debout lors des défilés militaires, c’est faire face à de nombreux escaliers comme ceux de l’Elysée sans aide, c’est monter dans les véhicules 4x4 sans se faire aider par des tabourets. Etre Président d’un pays requiert d’abord et avant, assez d’endurance et des capacités physiques non négligeables. C’est pourquoi, il est exigé des visites médicales aux impétrants.

Etre Président, c’est aussi et surtout un programme et une vision. A plus 86 ans, Henri Konan Bédié a encore quelle vision pour ce pays qu’il veut rediriger ? Ses collègues Présidents de la même époque que lui ont presque tous pris leur retraite bien méritée et paisible loin du brouhaha politique. Ouattara invite Bédié à l’accompagner dans cette retraite après de bons et loyaux services. Que non ! Bédié veut revenir aux affaires, juste pour se venger et solder les comptes des « Maliens », des « orpailleurs étrangers » et de tous ceux qui sont devenus Ivoiriens à partir des « laboratoires de fausses pièces situés à Abobo » qui l’avaient chassé du pouvoir en Noël 1999. C’est tout le projet de l’ancien chef de l’Etat.

De 1993 à 1999, il a dirigé ce pays sans partage. Il a eu du temps pour développer la Côte d’Ivoire et de dérouler son programme de gouvernement. Son bilan est là, connu de tous. La conséquence de sa gestion, c’est la liesse populaire ayant suivi le coup d’Etat qui l’a balayé. En brandissant sa probable candidature, Ouattara lève le chiffon rouge, le bouclier qui ruine les espoirs du N’zuéba dans sa reconquête du palais présidentiel. Dans ses rêves les plus fous, Bédié ne s’imagine jamais pouvoir battre le Président Ouattara dans les urnes. Ce n’était possible en 2010 et ce ne sera jamais possible ni en 2020 ni en 2025. C’est bouclé et serré. Bédié qui le sait doit donc essayer les équipes B. C’est cela le message codé de Ouattara qui se résume ainsi : « Tu es candidat, je  suis candidat et c’est fini pour toi. Désigne un jeune, je désigne un jeune, ils vont s’affronter, on ne sait jamais ». La balle est dans le camp de Bédié.

MT

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