Ouattara humilié, ils s’en foutent







Uniquement pour les postes ou les marchés juteux dont ils profitent, des ‘’partisans’’ du pouvoir poussent Alassane Ouattara à postuler pour un 3e mandat en 2020. Coûte que coûte.

Hier, ils criaient à l’exclusion du président du RDR et luttaient pour sa participation à une élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Ouattara devenu candidat en 2010, leur rêve a été de le voir gagner cette élection. Après le combat pour son installation effective au palais présidentiel, leur souhait était de le voir réussir un bon mandat. Lorsqu’il sollicite un deuxième mandat en 2015, ils le soutiennent tout logiquement afin qu’il rattrape en cinq ans les cinq premiers mois de son premier mandat gâchés par la crise postélectorale.

En 2016, quand la campagne référendaire est lancée, ils aident le Président à expliquer aux Ivoiriens que la nouvelle Constitution n’a nullement pour but d’amener Ouattara à s’éterniser au pouvoir. D’ailleurs, les éminents juristes commis à l’élaboration du nouveau texte, et le ministre de la Justice venu défendre le projet au Parlement, jurent devant la Nation que cette Constitution ne permet pas au Président Ouattara d’être candidat en 2020.

Quelques mois plus tard, lorsque le chef de l’Etat montre que le candidat du Rhdp sera quelqu’un de son propre choix et non le choix du Pdci à qui il a promis une alternance en 2020 à la faveur de l’Appel de Daoukro, les mêmes opportunistes l’applaudissent. Henri Konan Bédié et Guillaume Soro qui n’approuvent pas cette volteface sont écartés du Rhdp. Tous leurs soutiens sont révoqués de leurs postes.

Ouattara dévoile progressivement sa préférence pour Amadou Gon Coulibaly. Il octroie à son Premier ministre de grands pouvoirs institutionnels pour qu’il commence à se bâtir une posture de présidentiable. Les suiveurs, toujours accrochés à leurs privilèges et intérêts matériels, se mettent à crier devant qui veut l’entendre qu’ils soutiendront tout candidat que Ouattara leur montrera. Le respect de la parole donnée à Bédié et au Pdci, la démocratie interne au Rhdp, leurs principes et convictions intimes, ils s’en moquent. La seule chose qui compte pour eux, c’est ce qu’ils gagnent en tant que présidents d’institutions, ministres, directeurs de sociétés d’Etat, députés ou sénateurs Rhdp… bénéficiaires directs ou indirects de leurs proches qui occupent de hauts postes. Les yeux fermés, ils se mettent donc tous à scander le nom de Gon Coulibaly.

Plus tard, une série de sondages initiés depuis le sommet de l’Etat révèlent que ce candidat n’est pas suffisamment populaire pour garantir une victoire au Rhdp. Les mêmes enquêtes montrent que peu de cadres au sein du parti au pouvoir, en dehors d’Alassane Ouattara, peuvent valablement rivaliser avec des poids lourds comme Henri Konan Bédié, Guillaume Soro…Et voici désormais nos égoïstes en train de demander en privé, et de plus en plus en public que Ouattara soit absolument le candidat du Rhdp.

 En les écoutant ou en les lisant dans leurs démonstrations, on croirait que la Côte d’Ivoire cesserait d’exister le 31 octobre 2020 si son Président ne s’appelle pas Alassane Ouattara. On croirait que la Côte d’Ivoire, depuis qu’elle est devenue indépendante en 1960, n’a eu pour Président que Ouattara, et pour l’éternité, aura comme seul dirigeant  ‘’l’inusable’’ et ‘’l’immortel’’ Alassane Ouattara.   

En les suivant encore, on a du mal à croire que ce sont les mêmes personnes qui hier, voulaient que Ouattara se retire en 2020 et entre positivement dans l’histoire. On découvre qu’ils n’ont en réalité aucune sincérité, aucune conviction, aucun principe. Que Ouattara finisse par se laisser guider par son goût du pouvoir, impose sa candidature à la Nation pour un troisième mandat. Que malgré toutes les routes, ponts et échangeurs construits, tous les billets de banque distribués pendant la campagne par le Rhdp, le tombeur de Laurent Gbagbo en 2010 soit sanctionné par les Ivoiriens dans les urnes en 2020 comme l’a été en 2012 Abdoulaye Wade le bâtisseur d’échangeurs, d’autoroutes… au Sénégal, nos profiteurs s’en foutent. Que cette candidature de Ouattara le pousse à vouloir gagner par tous les moyens et que cela replonge la Côte d’Ivoire dans la guerre, ils n’en n’ont cure. Le plus important pour eux, c’est leurs avantages et privilèges personnels.  

Cissé Sindou                                               

Partarger cet article

En lecture en ce moment

Affaire "financement de la CNI par la Banque mondiale" : le groupe parlementaire Rassemblement fait de nouvelles révélations

Côte d’Ivoire / Stock des arriérés de 1988 à 2008 : " Ça ne fait pas partie des éléments que le gouvernement compte prendre en compte"