Coronavirus : Bodo Honoré (député de Buyo) « Chacun doit poser une petite action dans son village »





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Face à la menace du coronavirus, le député de Buyo, Bodo Pezitaud Honoré, exhorte la population de sa circonscription au respect des règles et mesures édictées par le gouvernement pour lutter contre la pandémie. Pour lui, il est préférable de faire une trêve politique afin de s’attaquer au Covid-19.

A l’instar du monde entier, la Côte d’Ivoire est frappée par la pandémie du Coronavirus. Comment le département de Buyo vit-il cette situation alarmante ?

Merci de me donner l’occasion de m’exprimer sur cet important sujet (Coronavirus) qui me préoccupe beaucoup. En effet, le département de Buyo vit la situation comme tout le monde. La population a entendu le message du gouvernement. Mais la sensibilisation n’est pas encore au niveau requis, pour être certains qu’il n’y ait pas des situations graves. Mais Nous nous y attelons pour que la population respecte scrupuleusement, les mesures de prévention, afin de  limiter la contamination et la propagation du Coronavirus dans le département.

Existe-t-il des cas de contaminations à Buyo ?

 A ma connaissance, non. C’est peut-être une chance. Mais nous ne devons pas compter sur la chance pour dire que le Coronavirus n’arrivera pas chez nous. Il faut, déjà, commencer à agir de manière efficace, de façon orientée, ciblée et déterminée pour que le Covid-19 n’arrive pas à Buyo.

Que devons-nous entendre par agir efficacement  et de façon orientée?

Pour moi, ce sont les premiers concernés qui sont les plus aptes à prendre, à bras le corps, la situation, en prenant de meilleures décisions. Ce sont les originaires de Buyo  qui doivent s’approprier la lutte contre la maladie. Pourquoi ? Parce que lorsqu’il y a quelqu’un qui est malade au village, les parents, après avoir fait ce qu’ils peuvent, ils appellent, automatiquement, leurs fils qui sont en ville. Et très souvent, ce sont les cadres qui envoient de l’argent en soutien. Le cadre n’a pas d’autre alternative que d’assister son parent pour éviter qu’il meure. Sauf que dans le cas du Coronavirus, lorsqu’une personne est contaminée, avant la manifestation de la maladie, il a déjà contaminé plusieurs personnes qui en ont contaminé d’autres. Alors, quand toi, le cadre tu interviens sur un cas, il faut t’attendre à plusieurs cas qui sont déjà en préparation. En gros, si nous ne faisons rien, pendant que la situation semble être, apparemment, calme, lorsque cela va déclencher, ce sera la catastrophe.

Quelles sont, donc, les mesures de prévention qu’avez-vous prévues dans cette guerre contre l’ennemi invisible ?

En matière de prévention, j’ai déjà fait des dons dans ma circonscription électorale, à Buyo  (gels, cache-nez, thermomètres infra rouge pour prendre la température du patient à distance et ne pas contaminer le médecin).  Nous avons aussi fait des affiches d’information pour montrer la gravité du Covid-19 et les mesures de prévention. Ces affiches ont été placardées dans toutes les grandes artères de la ville, ainsi que dans les services et aussi distribuées dans les villages dans les mosquées et églises. Nous avons remarqué, sur place, que les besoins étaient immenses. Au cours de cette cérémonie, nous avons demandé aux populations de respecter, scrupuleusement, toutes les mesures de lutte contre la pandémie du Covid-19, édictées par le Conseil national de sécurité (CNS) et le gouvernement. Nous avons aussi demandé que les personnes qui rentrent dans le département de Buyo par l’une des 3 grandes voies d’accès soient testées avec les thermomètres à infra rouge avant d’avoir accès à la ville. A l’entrée, il faut qu’on sache si la personne arrive avec une suspicion de Coronavirus ou pas. Même si ces moyens sont, pour le moment, insuffisants, le reste sera acquis au fur et à mesure. Mais avant, il faut que la population, surtout les différents leaders des jeunes, les cadres, où qu’ils soient, s’approprient  ces mesures de prévention pour sauver la population.

Que dites-vous, concrètement, aux populations pour éviter la contamination et la propagation du Covid-19 dans votre département ?

Nous invitons, simplement et purement, la population au strict respect des règles et mesures de prévention édictées par le Conseil national de sécurité (CNS) et le gouvernement pour lutter efficacement contre le Coronavirus. Le préfet de Buyo est, également, dans cette dynamique pour sensibiliser nos parents sur la gravité de la situation. Les gestes qui permettent de contenir le Coronavirus sont des gestes simples. Ce ne sont pas des choses qui vont nous coûter si cher que cela. Le vrai problème c’est que nous devons, désormais, changer de comportement et de mentalité. Les Ivoiriens ne doivent pas prendre le Covid-19 comme un sujet d’amusement et de joie. La propagation du Coronavirus qui obéit à une loi mathématique, celle des exponentielles, n’est pas une blague. Ceux qui connaissent les mathématiques savent comment cette fonction progresse. Au début, on peut avoir une stabilité, c’est-à-dire un mort, deux morts et ainsi de suite. Et on pense que la maladie est banale. Sauf que la fonction exponentielle, à un moment donné, se redresse. Et on peut passer, brutalement, peut-être de 4 morts à une vingtaine, 40, 100… décès. C’est comme cela que progresse le Coronavirus. Pour éviter cela, il faut réagir maintenant pendant que la situation est encore contrôlable et couper la route, au maximum, au covid19. Sinon, si ça devait arriver, on ne pourra pas le contenir.

On ne le souhaite pas. Mais s’il s’avérait qu’il y ait des cas confirmés à Buyo. Avez-vous déjà pensé à la mise en quarantaine et au confinement ?

Je ne suis pas médecin ou spécialiste en la matière. Dès que nous avons fini de sensibiliser nos parents pour qu’ils changent de comportements  et qu’on puisse prévenir, le reste, je ne suis pas habilité à le dire. Je pense que les responsables de la santé sont les mieux indiqués.

Quelle est votre analyse générale sur la pandémie du Coronavirus ?

D’abord, au niveau national, je pense que le gouvernement fait ce qu’il peut. Mais, de mon point de vue, c’est malheureusement insuffisant par rapport à la vitesse à laquelle le virus se propage. Au départ, nous avions zéro cas confirmé. Et puis, brutalement, nous avons eu des cas déclarés en Côte d’Ivoire. Cela a commencé à partir de l’extérieur. Ce sont des gens qui sont venus des pays ayant des cas confirmés qui ont envoyé la maladie chez nous. Au départ, nous n’avons pas réagi assez vite. Et le virus a commencé à se propager. Aujourd’hui, le gouvernement a en charge tout le pays, en grande partie Abidjan qui a beaucoup de cas confirmés et ensuite tout le pays qui pourrait être touché. La situation commence, déjà, à être difficile au plan national. C’est pour cela que j’en appelle, précisément, aux cadres. Chacun dans son village doit poser une petite action pour aider ses parents. Parce que, malgré toute la bonne volonté du gouvernement, il sera vite débordé. Et dans ce cas, c’est nous qui payerons le prix. C’est pour cela que chacun doit, dès maintenant, faire ce qu’il peut, Il suffit de quelques dons de toutes natures, que chacun apporte sa pierre à l’édifice. La situation qui prévaut n’est pas seulement une affaire du gouvernement ni une affaire politique. C’est une affaire de vie ou de mort pour nous et nos parents. Elle doit préoccuper tout le monde.

Face à la situation, êtes-vous d’accord pour la trêve politique demandée par certains hommes politiques ?

Je pense que dans l’immédiat, c’est celui qui est vivant qui fait la politique. Le Coronavirus est sans pitié et ne fait aucune distinction. Pour une fois, c’est un point sur lequel nous sommes, tous, unanimes. Il est donc souhaitable qu’on fasse une trêve politique pour s’attaquer au Covid-19 ensemble. Après, quand on aura fini, on reviendra à nos querelles habituelles.

GZ avec Sercom

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