Et si Ouattara se posait les bonnes questions







Le pouvoir Rhdp semble ne pas tirer d’enseignements de ses échecs répétés faceà l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro.

Comme on l’entend dire souvent, la politique et l’éthique ne font pas bon ménage. Cependant la politique sans éthique peut conduire à des excès. Or, « tout excès nuit », dit l’adage. Et c’est le danger qui guette les tenants du pouvoir ivoirien. Eux qui semblent prêts à tout pour anéantir l’ancien président de l’Assemblée nationale. Ils apparaissent totalement aveuglés par ce dessein. Au point où ils ne semblent pas s’apercevoir de l’inefficacité de tant d’années d’acharnement contre l’ancien SG des ex-Forces nouvelles : bombardement de son avion à Bouaké, affaire des écoutes téléphoniques du Burkina, emprisonnement de ses proches, campagne de diabolisation auprès des grandes Puissances, condamnation par contumace à 20 ans de prison ferme, mandat d’arrêt international, et maintenant plainte mort-née suscitée contre lui en France…

Soro a toujours été considéré comme « fini », mais le même Soroest toujours combattu par les mêmes adversaires. Hélas, leur stratégie perdante ne change guère.

Alassane Ouattara et son clan ne gagneraient-ils pas à se demander pourquoi malgré tant de persécutions visibles comme invisibles perpétrées depuis plusieurs années contre le leader de Générations et Peuples Solidaires (GPS), ils ne parviennent pas à l’éteindre niphysiquement, nipolitiquement ? Ne devraient-ils pas chercher à comprendre pourquoi, plus ils le combattent, plus ils apparaissent frileux devant lui ?

SAVOIR S’ARRETER

Cherchent-ils à comprendre pourquoi, malgré tout ce qu’ils font pour l’humilier, Guillaume Soro gagne en estime chez des millions d’Ivoiriens connus ou insoupçonnés ?

Se sont-ils déjà, au moins une fois, interrogés sur leur capacité à l’empêcher de devenir président de la République si tel est son destin ? Ne devraient-ils pas craindre de mal finir comme ceux qui, avant eux, auront tout essayé en vain pour empêcher l’accession à la tête du pays d’autres personnalités ?

L’exemple le plus proche est celui d’Alassane Ouattara lui-même. Toutes les manœuvres juridico-politiciennes, les tueries de ses partisans…ont-elles freiné sa marche vers le fauteuil présidentiel ivoirien ?

Avant lui, Laurent Gbagbo n’a-t-il pas occupé le même fauteuil malgré toutes les prédictions contraires ?

Aujourd’hui, pourquoi Alassane Ouattara et le Rhdp ne tirent-ils pas de leçons de ce passé pas si lointain ?

En cherchant par tous les moyens à écarter Guillaume Soro de l’élection présidentielle de 2020, ne montrent-ils pas à leurs propres partisans leur peur de l’affronter dans les urnes ? Pourquoi avec un bilan dont ils se vantent si fièrement,n’arrêteraient-ils pas de monter contre lui, autant de complots judiciaires aussi mal ficelés sous les yeux de la Nation entière, et chercher à le battre loyalement dans les urnes ? D’ailleurs, pourront-ils éliminer de la course, sans exposer le pays à de nouvelles tensions, tous les candidats sérieux ?

Leurs partisans, même silencieux, ne finiront-ils pas eux-aussi, par être agacés par un tel acharnement contre le même Soro ?

Il est encore temps pour Alassane Ouattara et les siens de se poser ces bonnes questions et faire preuve de retenue.

Avant ou pendant l’ère du tout puissant Président ivoirien, il y a eu au Burkina Faso, en Egypte, en Tunisie, en Algérie, au Soudan et ailleurs en Afrique, des dirigeants qui se croyaient trop puissants.

Où sont-ils aujourd’hui ?

Cissé Sindou

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