Non-respect des obligations par Edipresse: "Les éditeurs haussent le ton"





Edipresse,Distribution de journaux,Gepci,Patrice Yao,Editeurs


Les éditeurs de presse de Côte d’Ivoire dénoncent ce qu’ils qualifient de non-respect des obligations que doit honorer Edipresse, la société de distribution des journaux. Dans une interview accordée à www.pressecotedivoire.ci , le président du Groupement des éditeurs de presse de Côte d’Ivoire (GEPCI), Patrice Yao, présentant le tableau sombre des entreprises de presse, a énuméré un pan des actions que son organisation va mener pour conduire Edipresse à respecter ses engagements.
 
Les éditeurs de presse se plaignent de plus en plus de la mauvaise gestion de la distribution des journaux par Edipresse. Qu’en est-il réellement ?

Ce qui se passe c’est que chaque entreprise de presse est liée à Edipresse par une convention pour la distribution et la vente de ses journaux sur le territoire national et lui reverser sa part de recette le 25 de chaque mois. L’évaluation de la mise en œuvre de cet accord de travail montre bien les failles et met à nue les obligations non respectées par Edipresse. Par exemple, la distribution ne couvre pas tout le territoire national, le délai de reversement des recettes de la vente des journaux aux éditeurs de presse n’est pas respecté, les statistiques de ventes des journaux qui devraient être mises à la disposition des éditeurs de presse ne le sont plus. Sans données statistiques, comment un éditeur peut-il réguler efficacement ses ventes ? Non, il naviguera à vue et ce n’est pas normal.

Le préjudice est énorme peut-on dire…

C’est énorme et on se demande bien comment les Editeurs font pour faire face aux charges de fonctionnement de leurs entreprises quand on sait que tous nos partenaires imprimeurs exigent aujourd’hui du cash avant impression. Il faut ajouter à cela, d’autres charges telles que les salaires, la cnps, les impôts, le loyer, etc.
Il n’est pas exagéré de dire que tous ces manquements de la société Edipresse ont de lourdes conséquences sur les entreprises de presse. On peut citer, entre autres, la chute drastique des chiffres de vente des journaux, la déstabilisation du fonctionnement de l’entreprise, etc.

Qu’allez-vous faire si malgré tous vos efforts, Edipresse n’arrive pas à honorer ses engagements ?

C’est simple ! Cette fois-ci, les éditeurs sont décidés à aller jusqu’au bout.  Si rien n’est fait, ils mèneront des actions devant conduire Edipresse à honorer ses engagements. Nous n’allons pas tout dévoiler sur la place publique mais ce sont des actions efficaces, réalisables à court termes. Il faut bien qu’Edipresse comprenne que nous n’avons plus de choix et nous ne pouvons pas assister impuissants à la mort programmée de l’activité d’édition de presse. Nous attendons le lundi 15 juin 2020 pour voir ce qu’Edipresse va nous dire et nous aviserons. Mais il n’est pas exclu que les Editeurs suspendent la livraison de leurs journaux à Edipresse si ce qu’elle propose ne correspond pas à nos attentes.  Et d’autres actions suivront…
Merci
 
Interview réalisée par Pressecotedivoire.ci

En lecture en ce moment

Huile de palme : front social orageux pour Olam au Gabon

Des voitures à moindre coût annoncées au salon de l’automobile à Abidjan