Dans les décombres de l’éboulement de terrain au quartier derrière rails à Anyama (Reportage)





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L’immensité des dégâts causés par l’éboulement de terrain, illustre bien que les habitants du quartier derrière rails à Anyama ont vécu un cauchemar dans la nuit du mercredi au jeudi.
Ce vendredi 19 juin 2020, au lendemain des événements, les populations sont encore sous le choc. Elles ont du mal à digérer le calvaire vécu, la veille sous la forte pluie. Un terrassement soutenant des rails et dont les buses étaient bouchées depuis des années a cédé sous la pression de l’eau occasionnant de nombreux dégâts matériels et pertes en vie humaine.
« La pluie a causé trop de dégâts, je dis bien trop de dégâts. La pluie a gâté tout. On a retrouvé des gens dans la boue, l’eau est partie avec d’autres, beaucoup se sont blessés », relate un habitant, Tapsoba Noufou qui peine à délier sa langue.
S’appuyant sur le nombre de personnes, parents, amis et connaissances qu’il n’a plus revus depuis la nuit, le jeune Tapsoba estime que le bilan est encore plus lourd que celui de 13 morts annoncés officiellement.
Le président de la jeunesse, Koné Siaka soutient lui aussi que la note est amère et que de nombreuses victimes sont encore dans les décombres.
« Quand je fais mes calcules je suis déjà à plus de 20 personnes. Et je suis sûr qu’il y a encore des personnes dans les décombres », confie-t-il, pointant un doigt accusateur sur les agents de la Sitarail qui auraient pu éviter ce désastre en débouchant les buses.
Aux côtés des sapeurs pompiers, les bénévoles de la croix rouge sont aussi présents. Selon le responsable, Kouamé Thierry, ils apportent un appui visant à retirer les personnes sous les charges et recenser les victimes. Dans les détails, la croix rouge dénombre huit enfants dont un bébé, ainsi que deux femmes, une enceinte et trois hommes. Un recensement antérieur sur les lieux avait permis d’enregistrer six concessions de familles qui ont tout perdu dans cette vallée de la mort,  signale M. Kouamé.

Le spectre de la pauvreté a encore frappé

Pour le président des jeunes, Koné Siaka, la pauvreté est l’un des facteurs qui a emmené les populations à s’installer dans cette zone à haut risque et non lotie.
« Tous le monde n’a pas les moyens pour habiter dans les quartiers de luxe. Il n’y a pas que notre quartier, cela existe un peu partout dans le pays. Même en France, on en trouve », souligne-t-il.
Président du quartier derrière rails, Sangaré Losseni et plusieurs autres habitants ont été retirés des débris et logés dans l’enceinte de la paroisse catholique Notre dame Don Orion de la localité. Ce dernier signale avoir perdu près de six cours et des voisins.
« Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous nous installons dans ces coins. Nous sommes là par manque de moyen. Que le gouvernement fasse à cause de Dieu pour nous sortir de là », a plaidé M. Sangaré.
« C’est à cause de pauvreté qu’on est arrivé ici. Sinon si nous étions riches, nous ne sérions pas là. », pleure dame Sidibé Kadidiatou son bébé au dos et dont les sœurs ont péri dans le sinistre.

Plusieurs victimes assistées en la paroisse Notre Dame Don Orion

En accord avec les autorités municipales, les sinistrés de l’éboulement ont trouvé refuge en la paroisse Notre dame Don Orion dirigée par le Curé Zongo Mathieu. Rassemblés sous deux bâches, les habitants déguerpis se font recenser pour recevoir l’aide de la municipalité d’Anyama. Ceux qui ont pratiquement tout perdu sont logés dans le centre d’accueil de l’Eglise.
« Depuis hier, nous recevons ici les sinistrés du quartier rail à la demande des autorités. Nous les logeons dans notre centre d’accueil et de spiritualité. Nous avons également reçu les autorités locales qui sont venues nous dire merci et apporter leur soutien pour que nous donnions le meilleur de nous même de sorte à ce que ces derniers retrouvent une situation normale », a fait savoir le Père Zongo.
En sa qualité d’homme de Dieu, le curé appelle à un élan de solidarité. Il souhaite que l’on apporte une assistance  aux victimes en restant à leur côté pendant ce moment difficile de crise.

Au total 18 blessés enregistrés à l’hôpital général d’Anyama

Depuis la catastrophe, les agents de santé de l’hôpital général d’Anyama sont mis à rude contribution. Selon le médecin chef de l’hôpital, Dr Amani Kouadio, neuf blessés dont trois légers ont été enregistrés dans la journée d’hier. Six ont été gardés en hospitalisation à cause de blessures un peu plus importantes. Il s’agit d’un cas de fracture du bassin, des blessures à la jambe et aux bras, fait observer M.  Kouadio, précisant que des blessés se sont également signalé ce vendredi en consultation.
«Nous totalisons en tout 18 personnes venues nous solliciter pour des soins. Certains sont encore en service de radiologie pour voir s’il n y a pas de lésions graves. Il y a encore sept malades en hospitalisation et dont le pronostique vital n’est pas engagé», a-t-il conclu.
Après une visite des membres du gouvernement avec à leur tête le ministre de la défense Hamed Bakayoko qui assure l’intérim du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, le ministère de la sécurité et de la protection civile a appelé les populations à quitter les zones à risque et inondable, car les données météorologiques annoncent de fortes pluies.

(AIP)

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