Gagner sans avoir raison







On peut le dire sans risque de se tromper. Le bloc des Houphouétistes a perdu beaucoup de points dans la bataille de l’opinion lors des derniers développements de l’actualité à la Haye et ici même, en Côte d’Ivoire.  En toute objectivité, force est de reconnaître que le FPI et ses satellites ont malmené le camp présidentiel ivoirien sur les réseaux sociaux. Comme s’il y avait une officine secrète qui élabore les thèmes et les développe, grâce à des relais, connectés 24h sur 24,  ils ont envahi les nouveaux médias qui sont en train de régenter notre vie en cette ère du numérique.

En ce qui concerne le procès de Laurent Gbagbo et de Blé Goudé à la Haye, les accusés sont devenus des innocents, des gens plus blancs que la neige. Le régime Ouattara est traité de tous les noms alors que dans les faits, c’est l’obstination du régime Gbagbo  à s’accrocher au fauteuil présidentiel malgré sa défaite électorale, qui a plongé le pays dans le chaos. Grâce à la grosse batterie déployée  sur les nouveaux médias, on tend même à oublier cette contradiction principale qui est la source de tous les problèmes du pays en 2010. Ainsi, Gbagbo est devenu un homme neuf. Quand on interpelle certains responsables du Rhdp sur leur indolence et leur absence sur les réseaux sociaux, ils rétorquent que ce ne sont pas les réseaux sociaux qui votent. Grave erreur ! A l’annonce de la libération manquée de Gbagbo, on a vu des élèves du primaire à Abobo-baoulé et du secondaire à Yopougon crier de joie dans les rues alors que ces enfants dont la plupart n’étaient pas nés en 2010 ou qui avaient moins de cinq ans en 2010 ont été instrumentalisés  et montés psychologiquement contre les tenants actuels du pouvoir. C’est faire preuve de cécité que d’abandonner les réseaux sociaux aux mains des opposants. Le monde est en train de changer. Nul ne saurait vivre au passé et escompter gagner dans l’avenir.

L’autre grosse erreur des tenants du pouvoir qui les fait  dégringoler dans la bataille de l’opinion est la banalisation des chansons et musiques urbaines qui font l’apologie de Gbagbo et des opposants. Avec des chansons Zouglou très prisées par la jeunesse comme « Allons à Gagnoa » de Magic Diesel ou le pamphlet Zougloutique de Amaral contre le président Ouattara, on met dans le subconscient des mélomanes que Ouattara  n’est pas bon et que  c’est Gbagbo qui est la vraie solution. D’autres musiciens comme les Galliets vont jusqu’à produire les œuvres pour indiquer que Gbagbo ‘’Kafissa’’ entendez « Gbagbo est mieux ». Le monde à l’envers.

Dans la même veine, Gadji Céli, une pléthore de musiciens ivoiriens exilés en Europe viennent de produire une vraie galette musicale pour défendre le camp Gbagbo. Pendant ce temps, on fait quoi au Rhdp ? Les musiciens capables de soutenir Ouattara font des réunions au Palais de la Culture sans produire la moindre œuvre pour soutenir Ouattara. S’ils ne sont pas en prestation lors des meetings  pour quelques gombos, ils font le tour des autorités avec des factures pour leurs spectacles et autres actions promotionnelles individuelles. Il est temps, grand temps  pour que tous ceux qui soutiennent Ouattara mouillent le maillot. 2020 sera l’aboutissement de la conjugaison de tous les efforts. Toutes les formes de communication doivent être exploitées. Sinon les gens vaincront sans avoir raison.

 

Traoré Moussa

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