Présidentielle en Côte d’Ivoire : un scrutin sous tension





Présidentielle 2020


 

 

Après une campagne tendue, les Ivoiriens sont appelés aux urnes ce samedi. Face à Alassane Ouattara, candidat à un troisième mandat, Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan ont appelé au « boycott actif », tandis que Kouadio Konan Bertin a décidé de ne pas quitter le processus électoral. Suivez en direct cette journée de vote.

• Quatre candidats officiellement en lice : Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié, Pascal Affi N’Guessan et Kouadio Konan Bertin sont les quatre candidats retenus par le Conseil constitutionnel, qui a écarté les dossiers de Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Marcel Amon Tanoh ou Albert Mabri Toikeusse

• « Boycott actif » de deux candidats : Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan ont lancé un appel au « boycott actif » du vote, et demandé à leurs militants  « d’empêcher la tenue de toute opération liée au scrutin ». 

• 7,5 millions : c’est le nombre d’électeurs appelés aux urnes. Mais, selon la Commission électorale indépendante (CEI), au terme de la période officielle de distribution des cartes d’électeurs, à peine plus de 41 % d’entre elles avaient été retirées (les électeurs peuvent encore le faire aujourd’hui, dans leurs bureaux de vote respectifs).

• Violences meurtrières : les dernières semaines de campagne ont donné lieu à des affrontements dans plusieurs villes du pays, où les violences politiques sur fond de tensions intercommunautaires ont fait, depuis le mois d’août, une trentaine de victimes.

Suivez l’évolution de la situation en direct, avec nos correspondants et envoyés spéciaux en Côte d’Ivoire (les heures sont données en GMT). 


10h20 – Abobo espère que tout se passera bien

 

« Ça ressemble à un jour de fête ». Assis dans un café près de la mairie d’Abobo, Moses se réjouit du calme dans la commune en cette journée de vote. « Il n’y aura rien, ça va bien se passer », renchérit Diomandé qui s’apprête à se rendre au collège Anador glisser son bulletin dans l’urne. Il a écouté l’interview de Laurent Gbagbo, diffusée jeudi sur TV5 Monde : « C’est normal qu’il parle. Il faut l’écouter pour savoir ce qu’il se passe, c’est normal d’écouter ses adversaires. »

Plus loin, à Abobo-Habitat, quartier proche de l’opposition dans ce fief RHDP, la situation est plus contrastée et de nombreux commerces sont fermés.

10h02 – Plusieurs incidents rapportés

 

Selon des sources sécuritaires contactées par JA, plusieurs incidents ont été relevés depuis ce matin. À Abidjan, notamment dans les quartiers de Riviera M’Badon, Aboboté ou encore Anono, des manifestants ont tenté de barrer des routes avant d’être dispersés par les forces de l’ordre.

À Yamoussoukro, la capitale, l’accès au quartier des 220 Logements, où des affrontements entre jeunes et policiers ont eu lieu vendredi, était toujours impossible. À Abengourou, dans l’est du pays, des manifestants ont tenté d’incendier le commissariat, mais le feu a été rapidement contenu. Et dans les villages environnants de Bebou, Nbasso et Eliassou, des individus s’en sont pris au matériel électoral.

9h53 – Calme à Yopougon

La commune de Yopougon est très calme. Devant une buvette du quartier Niagon, Claude Adjo discute avec quelques amis. Il a 50 ans et ne vote plus depuis 2005. Sa carte d’électeur est périmée. « Il y a un climat de peur ici. Avant hier, un jeune a été tué sous les yeux de la police », déplore-t-il.

Jeudi, il a écouté avec attention la prise de parole de Laurent Gbagbo. « J’ai vraiment aimé. Il a été juste. Mais il faudrait que tous ceux qui ont amené la crise dans le pays, Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié se retirent. » Il en veut particulièrement au chef de l’État : « On ne fait pas de troisième mandat en Côte d’Ivoire. C’est ça qui nous fatigue. Il y a des gens en prison à cause de ça. »

9h45 – Le plan B de la CEI

La Commission électorale indépendante (CEI) a assuré, ces derniers jours, que même si des incidents devaient perturber le scrutin, les bureaux de vote ne seraient pas réinstallés dans les commissariats ou les brigades de gendarmerie.

Seul aménagement envisagé : qu’ils soient par endroit relocalisés, si nécessaire, dans l’enceinte des préfectures et des sous-préfectures.

9h25 – Incidents dans le Moronou

À Mbatto, dans la région du Moronou (Centre-Est), fief de Pascal Affi Nguessan, des jeunes ont pénétré tôt ce matin dans les locaux de la gendarmerie et détruit les cartes d’électeurs qui y avait été entreposées pour des raisons de sécurité.

9h02 – « Allez voter, y a pas palabres ! »

 

« Allez voter, y a pas palabres », lancent ces femmes à la sortie du bureau de vote du collège d’Anador (Abobo). Comme beaucoup ici, elles affichent clairement leur soutien au candidat Alassane Ouattara.

 

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