Vie chère, souffrance collective







La hausse du coût de la vie a pris des proportions inquiétantes. Elle n’épargne pas ceux qui ont le courage de la dénoncer, encore moins ceux qui essaient de la nier pour des considérations politiques.   

La grogne est sur les lèvres de toutes les ménagères : « Le marché est cher. On ne peut rien acheter… ». La flambée des prix des produits de grande consommation (riz, viande, huile, etc.) est un phénomène courant depuis la fin de la crise en 2011. Mais, ces dernières semaines, elle a pris une proportion déconcertante. Une illustration de cette surenchère est le prix du kilogramme de viande de bœuf. De 1300 F en 2010, il frôle aujourd’hui les 3000F. Aucune explication convaincante ne justifie cette hausse. Les bouchers évoquent une augmentation des taxes sur l’importation de bétail, quand de leur côté, les autorités affirment avoir supprimé les nombreux barrages routiers et le racket des agents des forces de l’ordre qui rendaient cher le convoyage des cargaisons venant du Sahel. Commerçants et gouvernants se justifient, mais les prix ne cessent de grimper.

Les ménagères se plaignent aussi des coûts de légumes telle que la tomate. Une pénurie est même évoquée à ce niveau sans qu’on n’en sache les vraies raisons. (…).  

Selon des sachants, les raisons de la hausse des prix sont diverses. Celle de la viande serait liée au terrorisme dans les pays frontaliers d'où la Côte d'Ivoire importe. Ce qui réduit l'offre et entraîne l'augmentation des prix.

Quant à l'huile notamment, sa cherté s’expliquerait par la réduction des importations due à la crise sanitaire mondiale, le covid-19. Les coûts d'autres produits pourraient connaître des augmentations à cause du covid-19, la fermeture des frontières, expliquent les mêmes sources. 

Comme solution, le gouvernement a essayé le plafonnement des prix des produits de grande consommation. Cette mesure est un échec. Car, le commerçant n'est pas un philanthrope.

Face à la récurrence et l’amplification des plaintes des populations ces dernières années, en rapport avec l’augmentation du coût de la vie, le Conseil National de Lutte Contre la Vie Chère (CNLVC) a été créé par un arrêté du Premier ministre le 4 septembre 2014 et placé sous la présidence de celui-ci.    

Il est composé de manière paritaire de structures du secteur public (les ministères chargés du Commerce, du Logement, du Transport, de la Santé, de l’Education, de l’Energie et des structures telles que la Douane, les Impôts, les Ports d'Abidjan et de San Pedro) et privé (CGECI, FIPME pour les entreprises et, DIGNITE, UGTCI pour les centrales syndicales).

 Cependant ce Conseil n’est qu'un organe de veille et de proposition. Peut-il remplacer le gouvernement ? Non. La lutte contre la vie chère est transversale et commande des mesures générales.

Quoi qu’il en soit, cette situation n’épargne personne. Toutes les familles en souffrent sans distinction. Et, cette galère vient s’ajouter à bien d’autres comme l’accès difficile aux soins médicaux, au logement, transport. Il est à noter que les ménages se plaignaient également des conséquences des coupures d’électricité...

Malheureusement, cette souffrance collective pour laquelle les citoyens devaient s’unir pour réclamer des solutions aux autorités, n’échappe pas, elle aussi, aux considérations politiques. Des partisans du pouvoir, bien que vivant au quotidien ces difficultés sociales, préfèrent les nier. Il arrive même qu’ils s’en prennent à ceux qui les critiquent. Oubliant que les dirigeants qu’ils défendent sont à l’abri parce qu’ils reçoivent tout du contribuable. Divisée par les politiques sur des questions si vitales, la population est désormais elle-même responsable de sa souffrance.

Cissé Sindou 

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