CHR d’Aboisso : Après l'inauguration, voici ce qui se passe sur le terrain





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Le Centre hospitalier universitaire (CHR) d’Aboisso, dans la région du Sud-Comoé (Sud Est de la Côte d’Ivoire), a été inauguré, le jeudi 21 octobre 2021, par le Premier ministre Patrick Jérôme Achi, en présence du ministre d'Etat Kobenan Adjoumani, du président du Conseil économique, social, environnemental et culturel, Dr Aka Aouelé, du ministre de la Santé, de l'Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, M. Pierre N'Gou DIMBA et de plusieurs membres du gouvernement.

Selon le chef du gouvernement ivoirien, cet édifice, bâti sur une superficie de 10 hectares, ouvre ses portes à toute la population avec plusieurs services de soins pour une capacité litière de 200 lits dont 150 lits d'hospitalisations.

Le mardi 26 octobre, nous nous sommes rendue à Aboisso pour jauger l’engouement et recueillir les sentiments des populations de la capitale du Sanwi, après l’inauguration du plus grand Centre hospitalier de la région.

Il est 14 h lorsque nous arrivons au CHR, situé à environ 2 kms de l’entrée de la ville. Nous sommes impressionnée par les bâtiments flambant neufs qui se dressent devant nous. Cependant, nous constatons que le grand portail est fermé. Point de visiteurs, hormis les forces de l’ordre et des agents d’une entreprise de sécurité privée qui montent la garde.

Devant notre surprise de savoir que l’hôpital ne soit pas ouvert au public, le vigile de service nous informe que les prestations n’ont pas démarré. Mais le directeur et son équipe viennent tous les matins pour des séances de travail et des formations.

Il nous permet néanmoins de rentrer dans l’enceinte de l’établissement. A l’intérieur, nous parcourons la cour et nous découvrons l’édifice équipé d'un bloc opératoire de trois(3) salles, d'un scanner, d'une salle d'hémodialyse, d'un service de radiologie, d'un service de réanimation, d'un pôle mère-enfant, d'un bloc d'urgence, des laboratoires et d'une pharmacie. Mais aussi d’une morgue.

Selon les autorités ivoiriennes, ce projet d’un coût de 30 milliards de francs CFA,  a été réalisé dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national de développement sanitaire (PNDS) voulu par le gouvernement. Il vise à avoir un système sanitaire de pointe au service des populations, notamment les couches les plus vulnérables. Ces populations que nous avons interrogées après le constat de la fermeture du CHR ne comprennent pas qu’il ne soit pas encore fonctionnel.

"Après cette inauguration en fanfare, il est inconcevable de voir que tout est fermé. Et la population n’est même pas informée. Nous avons une radio par laquelle nos autorités pouvaient passer pour nous dire que l’hôpital n’est pas encore ouvert. Les malades font le déplacement et c’est une fois sur place qu’ils constatent que ce n’est pas ouvert", s’est offusqué M. Aka, un commerçant rencontré au centre-ville d’Aboisso.

Comme lui, les populations qui étaient enthousiastes à l’annonce de l’ouverture de cette infrastructure ultra moderne de haute portée sociale se posent des questions.

Selon des sources sanitaires, ni le directeur ni le personnel du nouveau CHU d’Aboisso n’est encore affecté.

"C’est le directeur de l’ancien CHR, Nanok Michael qui vient pour faire des séances de travail. Il est possible que ce soit le personnel de cet ancien CHR qui soit affecté dans la nouvelle structure. Il faut que les techniciens s’assurent que le matériel marche effectivement bien et se familiarisent avec les appareils avant d’ouvrir au grand public", nous confie notre source.

Notre informateur ajoute par la suite que dans la faisabilité, l’inauguration officielle est différente de l’ouverture publique car il faut faire plusieurs essaies surtout que ce sont des appareils à la pointe de la technologie.

Il est bon de rappeler qu’à l’occasion de la cérémonie d’inauguration, le Premier ministre avait annoncé que le gouvernement prévoit, pour les dix prochaines années, un investissement de plus de 1 000 milliards de FCFA dans le secteur de la santé sur tout le territoire en vue d’offrir une santé plus organisée et efficace aux populations ivoiriennes. Il a précisé que la construction du CHR d’Aboisso fait partie d’un vaste programme sanitaire national de 850 milliards de FCFA portant sur la construction de 20 hôpitaux, la réhabilitation de 22 autres, etc. sur l’ensemble du territoire.

Solange ARALAMON


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