Espoir pour la filière du « poisson garba »







Récemment, le secteur du poisson ‘’faux thon’’, encore appelé ‘’poisson garba’’, a été secoué par une crise. Si celle-ci a fait tant de bruit et soulevé le tollé national, c’est justement parce que cette denrée halieutique relève de celles que l’on classe dans la catégorie des produits de grande consommation. En effet, le ‘’poisson garba’’ fait partie du quotidien des Ivoiriens et de toutes les populations qui vivent dans le pays.

Ce sont nos jeunes qui l’expriment le plus éloquemment: «Avec deux togos (200 F Cfa en nouchi-argot ivoirien), je paume (mange) mon garba ». De plus, depuis quelque temps, ce plat est sorti des endroits moins favorisés pour atterrir dans les assiettes des plus cossus. Il est donc fréquent de constater, du côté des nantis et de la classe moyenne, une sorte d’adoption du “garba national”, ce mets à base d’attiéké (semoule de manioc) dont le poisson ‘’faux thon’’ est l’un des principaux ingrédients.

On l’aura compris, ce type de poisson concerne une large proportion de la population ivoirienne, pour qui il représente, souvent, un élément essentiel de l’alimentation. C’est donc naturellement que, lorsque survient la crise dans le secteur du ‘’faux thon’’, de nombreuses personnes en ressentent les ondes de choc et les turbulences.

Des commerçants du ‘’poisson garba’’ au consommateur final, tous constatent des perturbations dans leur quotidien. Les premiers sont inquiets pour leurs affaires, quand les seconds, qui vivent déjà la hausse de certaines denrées alimentaires sur les marchés, sont davantage soucieux.

Dans cette grisaille, le gouvernement de Côte d’Ivoire, après que la Commission de la concurrence eut établi un rapport sur les dysfonctionnements du marché à cause des pratiques spéculatives qui y ont cours, a décidé, par décret N°2021-910 du 22 décembre 2021, du plafonnement du kilogramme de poisson ‘’faux-thon’’ pour une période de six (6) mois.

Cette première réponse du gouvernement a été saluée par les acteurs et les associations de consommateurs. Malheureusement, son application, à en croire plusieurs sources, a posé problème. En effet, les autorités ivoiriennes ont reçu, de la part de consommateurs, plusieurs rapports pour dénoncer des spéculations allant à l’encontre de la décision.

Du coup, la mesure prise, pour alléger les charges des commerçants détaillants et soulager les consommateurs, n’a pas donné les effets escomptés. S’ensuivent des mouvements d’humeur d’organisations de la société civile, d’acteurs du secteur de la commercialisation du ‘’faux thon’’ et de consommateurs qui menaçaient de descendre sur le Port de pêche d’Abidjan pour exiger, disaient-ils, « le respect de la signature du président de la République, Alassane Ouattara. » La crise prenait ainsi une tournure préoccupante et l’allure d’une ‘’bombe’’ qu’il fallait désamorcer.

 Le démineur de cette “bombe” va être le Ministre ivoirien des Ressources Animales et Halieutiques. Discrètes mais efficaces, les interventions de Sidi Tiémoko Touré auprès de chacun des acteurs, ont été décisives en ce sens qu’elles ont fait retomber la pression et permis de renouer le dialogue. Donnant, ainsi, de l’espoir dans le règlement de la crise du ‘’poisson garba’’.

Bien plus, à l’initiative du ministre Sidi Touré, un atelier, réunissant l’ensemble des acteurs du secteur, a été organisé les 30 septembre et 1er octobre 2022 à Grand-Bassam, pour mener en profondeur la réflexion sur cette filière du poisson ‘’faux thon’’, activité qui absorbe de nombreux travailleurs et dont le développement des différentes chaînes de valeur devrait créer encore plus d’emplois. La particularité de cet atelier sur les réformes de la filière du poisson ‘’faux thon’’, notent de nombreux observateurs, c’est que le Ministre Sidi Touré a distribué les rôles.

Le patron du Ministère des ressources Animales Halieutiques (MIRAH) a invité l’ensemble des parties prenantes nationales à « assumer pleinement leurs responsabilités et à mettre leurs expertises personnelles à contribution pour la réussite de cette mission ».

En effet, à chaque entité, aussi bien l’administration que les acteurs, des recommandations ont été faites. Chacune devant les matérialiser pour le bien-être du secteur et des acteurs. Un tableau reluisant qui donne, à coup sûr, de l’espoir à la filière du poisson ‘’ FAUX THON’’  “POISSON GARBA”.

Par Charles Lambert TRA-BI

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