Presse/Subvention à l'impression : Patrice Yao (président du Gepci) prévient « Si rien n'est fait, les entreprises vont réduire le personnel »





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Le président du Groupement des éditeurs de presse (GEPCI), Patrice Yao, dans une interview accordée à pressecotedivoire.ci a retracé les difficultés auxquelles sont confrontés les éditeurs, notamment l'impression. Face au coût élevé de l'impression qui il faut le souligner a connu une augmentation ces derniers mois, Patrice Yao sollicite l'aide de l'Etat, car si rien n'est fait, les entreprises pourraient se retrouver dans l'obligation de se séparer d'une partie de leur personnel.

Vous êtes le président du Groupement des éditeurs de presse de Côte d'Ivoire. Comment se portent les entreprises de presse aujourd'hui ?

Je voudrais saluer la rédaction de pressecotedivoire.ci qui nous donne l'occasion de revenir à nouveau sur les problématiques de notre secteur. Aujourd'hui, il n'est un secret pour personne que le secteur se porte aussi mal. Pour ceux qui étaient à la présentation de vœux au président de la République à la faveur du nouvel an, le 28 janvier dernier, nous avons eu à retracer les difficultés de notre secteur à savoir la question de la distribution, de la mévente des journaux, de la subvention à l'impression et le défi digital qui est aujourd'hui un défi pour l'ensemble des différentes rédactions. Certes, la situation est difficile, mais ce  qu'on peut constater, c'est que les entreprises de presse se professionnalisent au fil des temps.

Vous avez dit que les entreprises de presse se portent mal et depuis 2018, les éditeurs à travers le Gepci se sont battus, en vain, pour que l'Etat continue de vous octroyer la subvention à l'impression. Qu'est-ce qui n'a pas marché?

Non, je pense qu'il faut qu'on puisse reconnaître que nous n'avons pas réussi, mais nous sommes toujours en discussion avec l'Etat. Ce qu'il faut faire remarquer, c'est que l'année dernière, il y a eu beaucoup d'incompréhensions. Et à travers la rencontre du 28 janvier dernier, les éditeurs ont souhaité rencontrer le président de la République afin que les problèmes de notre secteur soient portés sur sa table et qu'on puisse essayer de nous accorder sur toutes les questions touchant à notre secteur notamment la fiscalité, la distribution et puis tous les défis qui s'offrent à nous. 
C'est vrai que l'année dernière nous nous sommes battus pour que cette subvention nous soit octroyée, mais on ne l'a pas eu, mais je pense que cette année, le ministre de la Communication et des Médias, Sidi Touré, travaille avec les différents partenaires du secteur pour qu'on puisse essayer d'avoir cette satisfaction. 
Le président de la République a saisi la balle au bond par rapport à laide à l'impression et instruit le Secrétaire général de la Présidence pour une rencontre entre les éditeurs et le Premier ministre. Et dans ce cadre, le secrétaire général de la Présidence a reçu les éditeurs. Nous attendons donc cette rencontre avec le Premier ministre pour essayer d'aborder véritablement ces questions.

L'espoir est donc permis alors ?

Il n'y a pas de raison qu'on ne garde pas espoir parce que c'est le président de la République lui-même qui a instruit le secrétaire général de la Présidence afin qu'une rencontre puisse se faire avec le Premier ministre pour échanger et essayer de régler toutes ces questions.
Je voudrais saisir l'occasion pour saluer le ministre de la Communication et des Médias avec qui, il y a déjà une bonne approche avec les responsables du Fonds de soutien et de développement de la presse (FSDP). Je crois que l'espoir est permis parce que les problèmes, nous les portons tous les jours, et si rien n'est fait au niveau de l'aide à l'impression, on pourra se retrouver dans des situations qu'on a connues avec les licenciements ; ce que nous ne souhaitons pas. Je pense que l'Etat a compris et fera l'effort pour nous accompagner dans les mesures de ses possibilités. 

Dans cette grisaille, nous avons appris lors de la dernière conférence de presse du Gepci, l'augmentation du coût à l'impression des journaux. Qu'en est-il exactement ?

En Côte d'Ivoire, il y a trois imprimeries qui tirent l'ensemble des journaux à savoir Fraternité Matin, le groupe Olympe et Sud Action Média. Les niveaux d'augmentation des coûts d'impression se situent entre 15 F et 25 FCFA, selon qu'on est quotidien ou hebdomadaire. Du coup, vous vous retrouvez avec une moyenne d'augmentation de 800 mille à 1,2 millions par mois. C'est lourd. Ce sont des charges supplémentaires qui viennent gonfler les difficultés auxquelles étaient déjà confrontés les éditeurs de presse. 
En le faisant, logiquement, la loi du marché aurait voulu que le consommateur qui est le lecteur puisse payer par rapport à cette augmentation. Mais nous avons décidé de supporter cette charge. Parce qu'avec le journal à 300 FCFA, la situation est difficile pour le consommateur. Augmenter de 25 F ou 50 F, économiquement, ça va être intenable. Donc nous avons décidé de supporter ces coûts. C'est pour cela que nous sollicitons, nous demandons à l'Etat de nous aider, de nous accompagner par rapport à l'impression des journaux. Je pense qu'il faut accompagner les entreprises de presse qui travaillent pour se mettre en règle vis-à-vis de la loi. Au niveau des ministères, l'ANP et le FSDP font un travail pour assainir le secteur. Aujourd'hui, on ne se lève pas pour créer une entreprise comme on le faisait auparavant. Ceux qui sont là font beaucoup d'efforts. La situation n'est pas facile. Il est difficile de tenir si nous ne bénéficions pas de l'aide à l'impression. Nous ne faisons pas de chantage au personnel, mais si rien n'est fait, les différentes entreprises qui sont en difficulté de trésorerie pourraient certainement se voir dans l'obligation de réduire le personnel ou revoir à la baisse les salaires.

Face à toutes ces difficultés, ne pensez-vous pas que certaines entreprises jettent la clé sous le paillasson si rien n'est fait ?

Dans un tel environnement, non seulement, vous jetez la clé sous le paillasson, mais c'est plusieurs employés qui vont perdre leurs emplois. On sait aujourd'hui qu'un employé, c'est au moins dix personnes qu'il gère. S'il doit se retrouver à la rue, pour nous, ce n'est pas à cela que nous voulons arriver. C'est pour cela que nous saluons l'esprit qui prévaut entre les autorités et les éditeurs. Beaucoup de choses sont en train d'être faites. L'aide qu'on apporte à la presse, si on l'oriente très bien devrait pouvoir résoudre un certain nombre de problèmes.

Lambert Kouame   

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