Côte d’Ivoire/Création d'une école de guerre : Le général de Division Lassina Doumbia se prononce





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Le ministre d’Etat, ministre de la Défense, Hamed Bakayoko, a procédé, vendredi 12 avril 2019, à l’inauguration de plusieurs infrastructures dans les casernes de la garnison de Yamoussoukro. Tour à tour, il a été accueilli au Groupement de la garde républicaine de Yamoussoukro, à l’école des Forces armées de Zambakro et à la base des Forces spéciales. Ce sont des investissements de plusieurs milliards de francs CFA qui ont été réalisés dans ces différentes casernes. 
A l’issue de ces différentes inaugurations, le général de division, Lassina Doumbia, chef d’État-major  général des armées, a bien voulu nous livrer ses impressions.


Mon Général, quels sont vos sentiments au terme de ces différentes cérémonies d’inauguration ?

Je voudrais d’abord exprimer mon entière satisfaction à la vue de tous ces beaux ouvrages, de tous ces travaux réalisés et qui se poursuivront. Aujourd’hui, il est indéniable que les conditions de vie, de travail et de formation de nos hommes se sont nettement améliorées. Je voudrais donc, au nom de l’ensemble des Forces armées, remercier le ministre d’Etat, ministre de la Défense qui, chaque jour, nous porte de la considération et nous oblige à en avoir pour nous-mêmes. Nous mesurons la chance que nous avons d’avoir un chef qui est à notre écoute.
C’est aussi l’occasion d’exprimer notre profonde gratitude au président de la République, chef suprême des armées et au Premier ministre, chef du gouvernement, sans qui toutes ces réalisations n’auraient pu être.
Avec mes hommes, nous n’avons qu’un seul objectif, reconquérir notre fierté. Agir pour qu’ensemble nous soyons fiers d’être des soldats et pour que la nation ivoirienne soit fière de nous.
Merci à nos chefs politiques de nous y aider, de nous accompagner dans l’atteinte de cet idéal.

Vous venez de poser la première pierre d’une école de guerre en Côte d’Ivoire. A quoi répond le besoin d’ouvrir cette école ? 

Il ne s’agit pas uniquement d’apprendre à faire la guerre comme le nom pourrait le laisser croire. Vous savez, les officiers, au cours de leur carrière doivent bénéficier de formation continue afin de leur permettre d’évoluer en responsabilités et surtout de s’adapter à leur environnement désormais changeant avec la mondialisation et, par conséquence, des problèmes communs qui se posent à l’humanité. Les officiers supérieurs exercent en général dans des États-majors ou en administration centrale. Et là, la connaissance du contexte géopolitique et stratégique, la maitrise des méthodes d’analyse, de conception, d’aide à la décision, de rédaction, s’avèrent indispensables. Voilà tout l’intérêt de l’enseignement militaire supérieur. Il s’agit donc de la nécessité de renforcer les capacités de nos officiers, par les 3 niveaux d’enseignement militaire supérieur : le niveau 1 qui est l’école d’État-major qui est à sa 26e promotion, le niveau 2 qui est l’école de guerre dont nous venons de poser la première pierre et qui ouvrira lors de l’année académique 2019-2020, le niveau 3 qui est l’Institut d’études stratégiques et de défense qui a déjà accueilli une promotion, organisé des sessions internationales de réflexion stratégique et dont les bâtiments sont achevés. A terme, l’école des Forces armées sera transformée en académie militaire.

Toutes ces réalisations et tous ces projets doivent avoir un impact sur le comportement de vos hommes. Aujourd’hui, quelle est l’ambiance dans les casernes ?

L’ambiance est au beau fixe. Nous travaillons à ce que chacun de nous s’approprie notre leitmotiv : reconquérir notre fierté. Agir pour qu’ensemble, nous soyons fiers d’être des soldats et que les populations ivoiriennes soient fières de nous. Cela passe par la cohésion, le rassemblement, l’éducation aux valeurs militaires, la formation. D’autre part, l’attention qui est portée aux conditions de vie et de travail contribue à maintenir un climat apaisé. C’est vrai que ces derniers temps, une certaine presse internationale a cru justifié de faire état d’une division factice. Il n’en est rien. Si cette fausse information relève de la bonne foi, nous disons qu’il aurait été plus facile de nous approcher ou de se renseigner à l’intérieur de nos casernes par le biais du bureau d’information et de presse des armées qui a reçu pour instruction de se tenir à disposition des organes de presse pour donner l’information vraie. Si la mauvaise information a été diffusée de façon intentionnelle, sur la base de la mauvaise foi, nous disons que cela ne peut être d’aucun effet sur nos hommes, cela ne peut nous diviser. Personne ne viendra dire à nos hommes ce qui se passe chez eux, ils le savent d’eux-mêmes, au cours des échanges qu’ils ont avec leur hiérarchie. D’ailleurs, à propos des arrestations dans nos rangs, j’avais déjà expliqué à la troupe à l’occasion de mes tournées à Abidjan, bien avant d’ailleurs que ces articles ne paraissent, les motifs qui les sous-tendaient. Nos hommes en sont largement informés. Donc tout ce qui se raconte autour, toutes ces insinuations malsaines ne pourraient les ébranler. Laissons la justice faire son travail, laissez-nous nous reconstruire.

Propos recueillis par www.pressecotedivoire.ci
 

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