Commémoration de la journée mondiale de l’hémophilie : un hématologue invite les malades à garder espoir





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Le chef du service Hématologie du Centre de santé universitaire (CHU) de Yopougon, Pr Sanogo Ibrahima, a invité les hémophiles et leurs parents à garder espoir, vu la disponibilité des autorités ivoiriennes et de certains partenaires à les accompagner.

"C’est vrai que notre collaboration avec la fédération mondiale de l’hémophilie va à son terme, mais il n’y a pas lieu de désespérer", a rassuré le praticien à la célébration de la Journée mondiale de l’hémophilie tenue, ce mercredi, à l’auditorium de la Cathédrale St Paul d’Abidjan-Plateau. 

Poursuivant, Pr Sanogo a ajouté : "Nous avons pris contact avec nos autorités et elles nous prêtent une oreille attentive parce qu’elles ont promis d’inscrire l’hémophilie dans le cadre d’un programme. Elles sont en train de chercher le programme le mieux indiqué". Il a également soutenu que des négociations avec les autorités pour voir dans quelle mesure elles peuvent prendre le relais de la Fédération mondiale d’hémophilie par rapport aux facteurs. 

"Je voudrais rassurer les hémophiles et parents d’hémophiles que la vie est un combat et nous nous inscrivons dans le cadre de ce combat avec l’hémophilie et l’espoir est permis", a-t-il affirmé.

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L’hémophilie est une maladie rare et peu connue qui empêche le sang de se coaguler correctement, d’où la survenance d’hémorragie. Cette maladie héréditaire touchant une personne sur 10.000, ne se guérit pas, signale-t-on.

Les hémophiles ont besoin de facteurs sanguins, une protéine permettant de stagner les saignements. Le coût de la boite, estimé à environ 150.000 FCFA, était hors de portée pour la plupart des malades. Depuis la filiation de l’ONG internationale hémophilie et autres maladies du sang (IHMS) à la Fédération mondiale de l’hémophilie, les hémophiles de Côte d’Ivoire bénéficient gracieusement de ces facteurs de sanguin.

Avec la signature d’une convention avec le laboratoire Saham, appuyé par des médecins du Maroc, la circoncision des enfants qui jusque-là était impossible a pu se faire, s’est réjoui, le professeur, rassurant l’assistance sur l’état de bonne santé des enfants qui ont subi cette opération. "Les enfants se portent bien"

Le Dr Méité N’Dogomo, hématologue au CHU de Yopougon, animant une conférence à cette occasion sur "Sensibiliser : le début d’une prise en charge" a présenté la maladie.
Sur les signes annonciateurs de cette pathologie, Dr Méité a souligné que le malade présente des signes de gonflement au niveau des articulations, notamment, les coudes, les genoux, les chevilles, ajoutant que le malade saigne du nez, de la bouche, des yeux. Ces saignements peuvent être internes. 

Selon lui, l’un des saignements les plus graves, donc à surveiller de près, c’est le saignement dans la tête. Cela se manifeste par des maux de tête, la perte de connaissance, la paralysie. "Dès que votre enfant fait une chute, n’attendez pas. Allez vite lui injecter un facteur", a-t-il conseillé.

Le spécialiste a surtout insisté sur la sensibilisation afin que les enfants ne meurent pas dans l’ignorance et le silence. 
Sur une estimation de près de 2.300 hémophiles, seule une centaine est répertorié et prise en charge, note-t-on.

Le président de l’ONG IHMS, Moïse N’dri Koffi, s’inquiétant de la fin de la collaboration de son ONG avec la Fédération mondiale relativement à la gratuité des facteurs, sollicite l’appui du gouvernement ivoirien. Il a saisi l’occasion pour soumettre au ministère de la Santé un plaidoyer pour l’insertion de l’hémophilie dans le programme national, la subvention des produits entrant dans la prise en charge des malades.

Il a également lancé un appel aux laboratoires et aux fondations pour un traitement pour tous les hémophiles vivant en Côte d’Ivoire.

Lambert KOUAME 

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