Méagui : des fonctionnaires côtoient régulièrement la mort dans des pirogues de fortune





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Pour rallier la sous-préfecture de Grihiri dans le département de Sassandra, beaucoup de nouveaux fonctionnaires passent par la ville de Méagui. Cela, parce que la piste Sassandra-Grihiri est en mauvais état et les chances d'arriver à bon port en l'empruntant même en saison sèche sont très minimes.

Une fois dans ce nouveau département, ils vont à Grihiri en traversant le fleuve Sassandra avec des pirogues souvent inconfortables et surchargées, moyennant la modique somme de 1000FCFA quand ils n'ont pas assez de bagages.

L'athéisme n'a pas sa place avant la traversée du fleuve. Chacun marmonne une prière dans son dialecte ou en français pour que le voyage se déroule sans heurt. Ce chemin, pour ces fonctionnaires qui en majorité sont des enseignants du primaire et du secondaire mais aussi des agents de santé, de l'Anader et des vétérinaires, est le plus court et le moins coûteux pour atteindre cette sous-préfecture qui appartient à la région du Gboklè.

Outre ces fonctionnaires, des malades et mêmes des femmes enceintes sont évacués à l'hôpital de Soubré ou de Méagui à bord de ces pirogues de fortune. Même si elle tiennent à leur vie, ces personnes n'ont vraiment pas le choix. Car elles savent qu'il y a des années en arrière, des élèves au nombre de 12, de retour des congés de pâques à bord d'une pirogue à moteur, ont perdu la vie dans les profondeurs du fleuve Sassandra. Ce triste événement connu de tous sort du mental de tout un chacun quand sonne l'heure de l'embarquement.

La réhabilitation de la côtière est certes un grand ouf de soulagement pour l'ensemble de ces villes mais beaucoup de bourgades demeurent enclavées. Et cela oblige les fonctionnaires qui y sont affectés à côtoyer la mort par le biais des pirogues de fortune.

 Touré Boa

 Correspondant régional 

 

 

 

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