Prigojine, ou le désarroi des Africains pro-russes







Le sulfureux personnage russe Evgueni Prigojine vient de décrocher le record de la rébellion la plus courte au monde.  En seulement 24h, il a sorti les gongs avant de les ranger si facilement et faire demi-tour, face à "un" Poutine qu'il aura quand même réussi à humilier et diminuer politiquement.  De son côté, Vladimir Poutine, qui avait dénoncé une « trahison » au cours de la journée, demeure muet depuis la fin des événements.

C'est donc une guerre déclarée entre Poutine et son ex-chef cuisinier. Preuve à l'appui que Prigojine et son groupe de mercenaires de Wagner n'ont jamais été mis en mission sur le sol africain par le Kremlin.  Et pourtant, les dirigeants actuels du Mali, du Burkina Faso, de la Guinée, de le République centrafricaine tout comme d'autres pro-russes avaient vite fait de jeter l'occident hors de leurs nations accueillant à bras ouvert Wagner. Pensant ainsi lier de nouvelles relations internationales avec la Russie officielle.  Depuis cette crise Wagner vs Kremlin, ce château de rêves s'écroule comme un château de cartes. Le rêve d'enfants prend fin. Il faut revenir à la réalité de la Realpolitik. On ne dirige pas un État sérieux avec un groupe de mercenaires. On tisse les relations bilatérales entre dirigeants officiels de deux nations. Les Maliens et les autres pros Wagner devront s'en mordre les doigts depuis la crise Poutine vs Prigojine.   Car, à coup sûr, le chef du Kremlin ne jouera pas le jeu de son nouvel ennemi pour surfer sur les anciennes relations internationales. L'autre leçon des russes aux politiques populistes africains demeure la raison fondamentale du volte-face de Prigojine.  Après avoir lancé, en 24 heures, une spectaculaire rébellion armée et s'être approché à quelques centaines de kilomètres de Moscou, Evguéni Prigojine a finalement annoncé samedi soir que ses hommes, les mercenaires de Wagner, rentraient dans leur camp "pour éviter que du sang russe ne soit versé".  Et pourtant, sur ses instructions militaires, le sang de nombreux africains est versé au Mali, en République centrafricaine,  au Burkina et ailleurs sur le sol africain. Belle leçon aux pseudos panafricanistes.  Prigojine et Poutine étant désormais devenus des ennemis jurés, l'on attend de voir vers qui se tourneront les pays adeptes de sa doctrine. Le temps nous situera.

Sam Wakouboue

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