Prix du carburant : pourquoi les augmentations passent difficilement





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Le gouvernement de Côte d’Ivoire a procédé, depuis le 1er octobre 2023, à une augmentation des prix du carburant. Le gasoil qui était vendu à 655 FCFA le litre est passé à 715 FCFA et le super sans plomb est vendu à 875 FCFA au lieu de 815 FCFA. Soit une hausse de 60 FCFA sur le litre de chacun de ces produits pétroliers. Pour aider les populations à amortir cette augmentation, l’Etat de Côte d’Ivoire, selon le ministre du Pétrole et de l’Energie, Mamadou Sangafowa Coulibaly, le gouvernement a dû consentir un effort de 13 milliards FCFA.

Pour les transporteurs dont une augmentation des tarifs aurait absolument des répercussions sur les prix des denrées alimentaires, les autorités ivoiriennes ont également arrêté des mesures : suppression de l'amende de 22 500 francs CFA pour les infractions routières, respect des 33 barrages de contrôles routiers règlementaires, prise d’un acte pour règlementer le remorquage des véhicules. Des efforts qui, en principe, devraient contenter les populations.

Mais non. Sur le terrain, on constate plutôt le contraire. La pilule passe difficilement. Et, l’une des raisons de ce mécontentement est que « ce n’est pas la première fois que le prix du baril de pétrole connaît une hausse sur le marché international. Mais on n'a jamais atteint un tel niveau de prix ». À bien y voir de près, cet argument n’est pas à rejeter. Il est même très pertinent. Et l’histoire est là pour nous le rappeler. 

2008 : le prix du baril de pétrole bat tous les records 

Sur ces dernières années, 2008 aura été la plus difficile et versatile pour le marché pétrolier. Déjà début janvier, le baril avait franchi la barre des 100 dollars. En juillet, le marché était devenu insupportable, le prix du baril atteignant le niveau record de 147,50 dollars. Du jamais vu! Une barre astronomique qui avait affolé tous les États. 

En Côte d’Ivoire particulièrement, les répercussions de cette crise du pétrole avaient entraîné un réajustement des prix à la pompe. Le gasoil avait atteint la barre de 685 FCFA le litre. Ce qui avait entraîné une ébullition du front social. Les transporteurs étaient entrés en grève, soutenus par l’Union générale des travailleurs de Côte d’Ivoire (UGTCI), la plus grande centrale syndicale, et appuyé par des partis politiques de l’opposition. Le gouvernement de l’époque, après des négociations avec les grévistes, avait dû se réunir un dimanche, pour revoir les prix à la pompe. « … Écoutant le cri de détresse de la population, le gouvernement a décidé en ce qui concerne le prix du litre de gasoil, il est fixé à ce jour à 585 FCFA au lieu de 685 FCFA, comme précédemment fixé. Vous noterez que c’est un rabais de 100 FCFA sur le litre de gasoil. En ce qui concerne le prix du litre de pétrole lampant, il passe de 550 FCFA à 495 FCFA, soit un rabais de 55 FCFA. Ces deux produits sont des produits utilisés par le plus grand nombre des populations », avait annoncé le Premier ministre de l’époque, Guillaume Soro, au terme de cette rencontre gouvernementale. 

15 ans après, alors que le baril de pétrole n’atteint même pas 100 dollars, le réajustement à la pompe du litre du carburant décidé par le gouvernement donne 715 FCFA pour le gasoil et 875 FCFA pour le super sans plomb. Une augmentation de trop, jugent de nombreux observateurs qui soutiennent que les mesures arrêtées par les autorités ne freineront en rien les augmentations qu’elles tentent d’éviter. Tôt ou tard, ces nouveaux tarifs se répercuteront sur le quotidien des populations. Et cette réalité est inévitable. 

Modeste KONÉ                                                                  

 

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