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Le premier mai, les travailleurs de Côte d’Ivoire, à l’instar de ceux du monde entier, ont marqué une pause pour réfléchir sur leurs métiers et ses perspectives. Rassemblés dans les jardins de la Primature, les syndicalistes se sont défoulés pendant près plus de trois heures. Nous pesons bien nos mots. Il fallait une bonne dose de patience et d’endurance pour suivre attentivement tous les discours. Les invités  étaient fatigués d’écouter presque les mêmes choses dites de manière différente. 

Les premiers responsables des centrales Humanisme, Fesaci, Dignité, Ugtci se sont vraiment fait plaisir. Le plus déplorable est que chaque orateur se donnait librement le temps de parler sans limite.

Les services protocolaires de l’Etat doivent revoir cette manière de laisser les gens parler sans tenir compte du temps. Il aurait été très utile de  demander aux syndicalistes d’avoir un seul porte-parole qui ferait la synthèse des discours pour en ressortir la quintessence.

Le simple fait même que chacun des cinq intervenants fasse des formules protocolaires de début et de  fin des discours est inutilement harassant. Rien que ces formules ont fait perdre plus de 30 minutes. A défaut de pouvoir s’entendre pour parler d’une seule voix, il était possible de donner de façon stricte 15mn à chaque centrale syndicale pour son discours.

Dans l’ivresse du discours « no limit » certains syndicalistes ont oublié ce pourquoi ils étaient là. Se transformant en leadeur de partis politiques, ils parlaient de libération de prisonniers politiques et non de syndicalistes emprisonnés, de loi d’amnistie, de réconciliation nationale et tutti quanti.

L’un d’eux , le colonel Traoré Dohia Mamadou, secrétaire général de la Fédération des syndicats autonomes de Côte d’Ivoire (Fesaci), a pris le soin de demander la libéralisation de l’eau et de l’électricité alors que c’est de notoriété qu’il y a deux ans, l’Etat a évoqué la possibilité de libéraliser le secteur de l’électricité. Nulle part et dans aucun discours, le gouvernement n’a annoncé qu’il libéralisait l’eau, cette source vitale pour l’être humain. Que cette idée fasse long feu et que l’idée de libéralisation de l’eau soit vite enterrée ! Si l’Etat peut se payer le luxe de se permettre quelques ratés dans la distribution de l’électricité, il n’en est pas de même pour l’eau. Un problème de mauvaise qualité de l’eau qui aurait été distribuée peut avoir des conséquences graves susceptibles d’emporter un gouvernement. Comme quoi, l’eau c’est la vie. Et comme on se connait entre Ivoiriens, il faut très vite oublier cette idée de libéraliser le secteur de l’eau et éviter de créer un désordre dans ce secteur si stable et si sensible.  C’est de notoriété que là où il y a des pénuries d’eau, c’est un problème de gros investissement de l’Etat. Dans des villes comme  Bouaké ou dans d’autres localités où il  n’y a  pas d’eau en quantité suffisante, les robinets tournent à sec. Ce n’est donc pas un problème de distribution. Cela signifie  simplement que les châteaux d’eau ne sont pas correctement  approvisionnés. Or, les sociétés en charge de faire les forages et alimenter les châteaux sont connus. Il ne s’agit pas de la Sodeci. Ne nous trompons pas de cible.

 

Traoré Moussa

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