Pour sa réinscription sur la liste électorale, Gbagbo lance un ballon d’essai





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Laurent Gbagbo s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle de 2025



Le président du PPA-CI, déclaré inéligible à une quelconque élection après que son nom a été rayé de la liste électorale depuis 2020, a annoncé publiquement qu’il sera candidat à l’élection président de 2025.

Une annonce qui n’a pas manqué de susciter des commentaires d’approbation et d’interrogations selon qu’on est proche ou non de l’ancien président.

Du côté du parti au pouvoir, cette décision de l’ancien président a surpris plus d’un, en raison, d’une part de la condamnation qui pèse sur la tête de l’ex-chef de l’Etat et d’autre part, de sa radiation de la liste électorale. Et de se demander si cette décision n’est pas une provocation de trop du PPA-CI ou si c'est parce que le parti sorti des entrailles du Front populaire ivoirien n’a pas de candidat digne de ce nom au point de miser sur un cheval « non-partant ».

A propos de cette candidature, le gouvernement dit s’en remettre à la Commission électorale indépendante (CEI, organe en charge des élections).

A la vérité, tous ceux qui « s’agitent » devraient comprendre que faire cette annonce à une année de l’élection présidentielle de 2025 n’est pas fortuit. Surtout que le pays s’est engagé depuis un moment, dans une dynamique de réconciliation, de pardon, de décrispation et de paix avec notamment, le retour d'exilés, la libération récente de 51 personnes civiles et militaires condamnés pour des infractions commises lors de la crise postélectorale et pour atteinte à la sûreté de l'État. 

Mais il faut voir au-delà de cette simple annonce, surtout quand il s’agit de Laurent Gbagbo, fin politicien, qui a plus d’un tour dans son sac. Cet acte ressemble à un ballon d’essai qu’il lance en vue d’interpeller et d’appeler le pouvoir, les religieux, la société civile à l’ouverture de discussions et de négociations afin qu’il soit amnistié ou que le président de la République prenne toute autre décision en son pouvoir, pour le réintégrer sur la liste électorale.

Ce qui n’est d’ailleurs pas impossible en politique quand on se souvient qu’en 2005, Laurent Gbagbo, alors président de la République, a dû utiliser les pouvoirs exceptionnels que lui confère la Constitution (l’article 48) pour permettre à l’opposant Alassane Ouattara, de présenter sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2005.

Et l’histoire récente montre que tout est possible. L’on se souvient aussi qu’après le transfèrement de Laurent Gbagbo à La Haye, nombreux sont ceux qui ont parié que l’ancien président ne reviendrait plus en Côte d’Ivoire. Le ministre Joël N’Guessan, cadre du parti au pouvoir, avait même déclaré que « ce serait un miracle » que Gbagbo puisse s’en sortir. Dès lors que le « miracle » s’est produit, il faut tempérer, surtout que nous sommes en politique où la vérité d’hier n’est pas forcément celle d’aujourd’hui.

D’ailleurs, le chef de l’Etat n’avait-il pas dit qu’après la CAN, il y aura beaucoup de surprises ?

Et si l’une de ces surprises était qu’Alassane Ouattara retourne l’ascenseur à son cadet Laurent Gbagbo en levant tous les obstacles à sa candidature en 2025 ?

Lambert KOUAME

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