Œuvres vivantes et œuvres mortes







A l’occasion de la campagne des élections municipales passées, ils sont nombreux les opposants ou indépendants qui ont fait le procès du régime Ouattara. Sans sourciller, ils ont osé affirmer haut et fort, que rien n’a été fait pour les populations depuis l’avènement du président Alassane Ouattara au pouvoir. Au-delà de la mauvaise foi, il y a lieu de continuer à expliquer et présenter les actions et actes majeurs de développement qui ont été posés.

C’est indéniable qu’entre la politique-spectacle qui consiste à faire du tapage et la politique-réaliste basée sur les besoins réels et utilitaires, le gouvernement a choisi la deuxième option. Le président Ouattara a fait beaucoup d’investissements dans le domaine que les architectes appellent œuvres mortes au détriment des œuvres vivantes qui tapent à l’œil à mille lieux.

Le gouvernement a, par exemple, réalisé d’importants investissements qui ont permis de ravitailler les populations d’Abidjan Sud en eau potable à partir de Bonoua. Il en a été de même pour les populations de Yopougon. Mais aujourd’hui, est-ce que les populations de ces zones qui ont aujourd’hui accès à l’eau potable se rappellent que leurs robinets tournaient à sec ?

Toutes les universités du pays ont été remises à neuf. Mais qui, sur les plateformes universitaires, est aujourd’hui reconnaissant au président Ouattara pour le travail abattu qui permet de travailler dans un cadre digne d’un lieu d’apprentissage. Actuellement, les Tour A et B de la cité administrative du Plateau sont en train d’être réhabilitées entièrement. Mais quand les fonctionnaires récupèreront les ouvrages remis à neuf, se rappelleront-ils qu’ils travaillaient dans des bâtiments pourris et des meubles dignes d’une porcherie ? Ceux qui bossent actuellement dans l’immeuble rénové du Postel 2001 se rappellent-ils que le bâtiment était totalement non fonctionnel avec un seul ascenseur il y a quelques années ? Non.

Les plus grosses œuvres mortes du président Ouattara sont sans aucun doute les ponts et routes.  On est tous heureux de passer d’Abidjan Nord à Abidjan Sud grâce au troisième pont. Mais on a tous oublié qu’avant Ouattara, il fallait faire un grand détour. Plus d’une dizaine de ponts ont été construits dans le pays en un temps record. En termes de routes, le bilan de Ouattara est exceptionnel, mais le problème avec les routes est, qu’aussitôt livrées, on a vite oublié la situation antérieure. Aujourd’hui, pour aller à Didiévi les populations ont du goudron mais, dans quelques années on ne se souviendra même pas que c’est Alassane Ouattara qui a fait ces routes. Le cas de Bounoumin dans la commune de Cocody est très frappant. Ce quartier était évité par tous les chercheurs de maison en raison de son accès impossible mais, après les travaux herculéens effectués, ce quartier a été viabilisé. Mais à l’occasion des dernières municipales, le candidat présenté et soutenu  par Ouattara a été battu dans ce secteur. On peut en déduire facilement que les gens ont oublié ce qui a été fait pour eux. Le gouvernement doit tirer la leçon que les populations ont la mémoire courte et adorent ce qui frappe à l’œil. Cela signifie qu’autant il faut réhabiliter les infrastructures, autant il faut en construire surtout que l’argent à utiliser pour rénover un immeuble peut souvent permettre de construire un autre, flambant neuf pour faire le tape-à-l’œil. Ainsi entre les œuvres mortes et œuvres vivantes, il faut faire un savant dosage.

 

Traoré Moussa

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