Avant sa tournée, Constant Boty (guitariste de jazz) : "nous allons apporter notre soutien à la réconciliation dans notre pays "





Constant Boty,Kofi Anan,Jazz,"Shine on,A musical Tribute to Kofi Annan"


Constant Boty est un guitariste de jazz ivoirien qui vit aujourd'hui entre les Etats-Unis et le Ghana où il dirige la structure Mevicon Services. Après avoir passé 6 mois aux Etats-Unis en vue d'enregistrer sa seconde oeuvre en hommage à son père spirituel Kofi Annan (7ème secrétaire général des Nations unies), il a récemment marqué une halte à Abidjan pour s'enquérir des préparatifs de la tournée africaine qu'il va l'emmener à Abidjan, à Accra et à Lagos, en décembre. Avec de grosses pointures du jazz. ici, il nous parle de ce périple musical, des conditions d'enregistrement de "Comme ci, comme ça" et de bien d'autres sujets. Entretien.
 
-Pressecotedivoire : Qui est, dans les faits, Constant Boty?
Constant Boty
: Je suis musicien, compositeur, producteur, éducateur et entrepreneur culturel. Père de famille et fils de Dieu.

-Pour beaucoup, vous êtes peut-être très connu à l'international, mais presque pas du tout chez vous en Côte d'Ivoire. Qu'est-ce qui peut expliquer cet état de fait ?
C.B.
: Vous voyez, le monde du showbiz est très vaste. Moi, dès mes débuts dans le showbiz, j’ai évolué dans les piano-bar à Abidjan. Après, j’ai eu à jouer dans certaines églises. Je me consacre depuis 2012 à l’enseignement et la production d'activités d’échanges culturels. J’ai donc toujours été derrière la scène. Ce qui fait qu'ici, en Côte d’Ivoire, on ne me connaît pas. Et c’est normal. Même aux Usa, le célèbre bassiste Nathan East qui a joué les plus grands hits auprès de Michael Jackson, Éric Clapton, Elton John, etc., a toujours été méconnu du grand public. Même si certains entendaient son nom, il se trouve que son premier disque est sorti après plus de 40 années plus tard avec les artistes qu’il accompagnait. Je pense qu’il est temps pour moi de partager mon expérience musicale avec ma patrie, la Côte d’Ivoire. Alors, bonjour à tous ceux qui ne me connaissent pas. Sachez que j’ai beaucoup de choses à partager.

-Vous sortez un album sous peu en hommage à Kofi Annan. Dans quelles conditions l'avez-vous réalisé et quels sont les artistes qui y ont collaboré ?
C.B.
: Le nom de l’album est "Comme Ci, Comme ça". Je l'ai préparé depuis plusieurs années, voire 3 ou 5 ans. Mais il a été réactualisé chaque fois qu’il y avait de nouvelles informations qui devaient s’y ajouter. J’ai toujours voulu que mes œuvres racontent une histoire. Il faut donc toujours qu’elles s’associent à des évènements qui marquent ma vie d’une manière ou d’une autre. J’ai rencontré le grand Kofi Annan en janvier 2012. C’est la rencontre de nos idées qui ma poussé à réaliser un album qui lui rend hommage. C'est ma façon de pérenniser ses bons actes à l'endroit de l’humanité.
J’ai décidé d’enregistrer l’album aux Usa parce que la majorité des artistes que je voulais avoir sur l’album résident aux États-Unis. Aussi, comme je suis un mordu de jazz, il n’y avait pas meilleurs endroits que New York, qui est la capitale mondiale du jazz, pour réaliser une oeuvre majeure de jazz. J’ai donc collaboré avec des musiciens comme l’Israélien Oran Etkin, le légendaire bassiste de jazz Lonnie Plaxico, le pianiste vénézuélien Benito Gonzalez, le saxophoniste néerlandais Mark Mommaas, le batteur brésilien Luiz Santos, la ravissante chanteuse et ethnomusicologue américaine Dr. Heather Maxwell, le percussionniste congolais Nkumu katalay, le bassiste américain Michael Pope chez qui on a enregistré 2 titres dans son studio de Maryland, etc. La liste est tellement longue. En tout cas, il y a plus d’une dizaine de musiciens qui on participé à l’album.

-C'est un beau monde. Par quel tour de magie avez-vous pu réunir sur un tel projet autant de stars du milieu du jazz à New York ?
C.B.
: J'ai effectivement eu une énorme chance d’avoir tout ces musiciens sur un seul album. J’ai déjà eu l'occasion de jouer avec Oran Etkin et Benito Gonzalez sur des projets en 2014 et en 2015. A travers eux, leurs amis me connaissaient déjà. Partenaire de Herbie Hancock Institute of Jazz et aussi membre de Jazz Education Network, il m'a donc été facile de côtoyer ces musiciens de haut niveau et leur proposer des projets. Je bénéficie d'un très bon réseau de networking qui me permet de me frotter à n’importe quel artiste de renom.

-Vous êtes annoncé en spectacle à Abidjan à la mi-décembre. De quoi est-il véritablement question?
C.B.
: Effectivement, je serai les 13, 14 et 15 décembre prochains à Abidjan avec mes amis au nom de Constant Boty Group. Au cours de ces 3 concerts, nous allons présenter mon album hommage à Kofi Annan. Mais nous allons aussi apporter notre soutien au projet de réconciliation de notre pays, avec en appui des visites d’échanges culturels entre les peuples tout en permettant aux artistes qui vont m’accompagner de connaître la Côte d’Ivoire, notre beau pays. Au total, il y aura une connotation touristique en aval.

-Quelles sont vos attentes par rapport à ces différents spectacles ?
C.B.
: Bon, par rapport aux attentes, tenant compte du fait que je suis Ivoiriens, je sais que mes compatriotes et les habitants de Côte d’Ivoire sont très ouverts et accueillants. Donc j’espère que les populations vivant en Côte d’Ivoire viendront en nombre pour encourager leur frère, fils et ami que je suis. Je suis très heureux de produire une musique multiculturelle qui fait aussi la promotion du patrimoine culturel ivoirien et sa symbiose avec les cultures et traditions du monde. Alors, chers frères, venez nombreux pour que nous célébrions ensemble nos richesses à travers la musique et les rencontres chaleureuses.

- Après Abidjan, vous vous rendrez au Ghana et au Nigeria dans la cadre de la poursuite de votre tournée. Qui sont les promoteurs des spectacles dans ces deux pays ?
C.B.
: Oui, après l’étape d’Abidjan, nous nous rendrons à Accra au Ghana où nous aurons un concert privé organisé par ma structure Mevicon Services et le Goethe Institute Accra, avec le soutien technique de l'Unesco Ghana. Au. Nigeria, nous serons à Lagos at Oti’s Lagos, l’un des plus grands espaces de jazz, dont fait partie la fameuse organisation Lagos Jazz Series présidée par le grand promoteur nigérian Oti Dazunu.

Modeste KONE

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