L’imam Cissé Djiguiba s’insurge contre la persistance des mutilations génitales féminines en Côte d’Ivoire





Mutilations génitales,Imam Cissé Djiguiba


L’imam de la mosquée du Plateau, Cissé Djiguiba, président de la Fondation “Djigui la grande espérance”, s’est  s’insurgé jeudi à Abidjan contre la persistance des mutilations génitales féminines (MGF) en Côte d’Ivoire, en dépit des efforts de lutte contre le fléau.

« C’est certes une violation des droits humains, mais un problème de santé maternelle et infantile, et la lutte est sectorielle. Si tous les acteurs ne se tiennent pas débout, les ténèbres persisteront », a fustigé l’imam Cissé, dont l’organisation est engagée dans la lutte contre les MGF.

« Dans mon combat contre les MGF, j’ai été confronté à l’opposition de certains théologiens et des imams. Il a fallu inviter des gynécologues, obstétriciens et médecins pour présenter la gravité de cette pratique qui n’est pas autorisée par l’islam et prônée par aucune religion”, a relevé le guide religieux qui s’exprimait à l’ouverture d’un atelier de formation de journalistes sur les MGF, au siège de son organisation à Marcory.

Les mutilations génitales féminines (MGF) continuent de sévir en Côte d’Ivoire avec 36,7% en taux de prévalence, dont 24, 6% à Abidjan, 30, 8% dans le milieu urbain et 43, 8 % en milieu rural.

Organisé à l’endroit d’une quinzaine de journalistes, par la Fondation Djigui la Grande Espérance en collaboration avec l’ONG Amplify Change, cette formation avait pour objectif d’échanger avec les journalistes, afin de mieux faire connaître les MGF et de vulgariser  la législation ivoirienne  en la matière.

Selon l’OMS, les MGF désignent « toutes les interventions aboutissant à une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme et/ou toute autre lésion des organes génitaux féminins pratiquée à des fins non thérapeutiques ».

Les raisons le plus souvent évoquées sont esthétiques et hygiéniques, pour la protection de la virginité (baisse du désir et du vagabondage sexuels), la conservation de la chasteté (protection contre les viols), et aussi le fait que le clitoris porterait malheur, a indiqué le formateur, Mamadou Dosso, chargé de programme protection et genre à la Fondation Djigui.

Intervenant sur le volet juridique, la formatrice consultante Becho-Yassi Brigitte a relevé qu’ « une innovation a été apportée au nouveau code pénal pour la protection des mineurs. Désormais les mineurs (18 ans) peuvent porter plaintes contre toute pratique de MGF sur leur corps dans un espace de deux ans. (art 783 code de procédure pénale), ce que n’autorisait pas l’ancien code pénal ».

Chaque année, plus de 3 millions de jeunes filles sont excisées dans le monde selon l’OMS.

(AIP)

eaa/tm

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