Malgré l'annonce de son retrait, l'opposition toujours sceptique "Ouattara est dans une manœuvre claire de quitter le Pouvoir sans partir"





Présidentielle 2020,Retrait Ouattara,Opposition


Des partis politiques de l'opposition, réunis jeudi à la maison du parti du PDCI-RDA, face à la presse, ont exprimé leur scepticisme sur l'annonce du chef de l'Etat relativement à sa décision de ne pas se présenter à l'élection présidentielle d'Octobre 2020. Pour elle, le président de la République manoeuvre pour rester toujours au pouvoir.

Le jeudi 5 mars dernier, s’exprimant devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès, à Yamoussoukro,  le Chef de l’Etat, monsieur Alassane Ouattara, a déclaré qu’il a pris la décision de ne pas être candidat à la prochaine élection présidentielle, prévue pour Octobre 2020.
Au terme de cette annonce, il s’en est remis au Congrès pour effectuer deux séries de réformes majeures : la réforme de la Constitution et la réforme du Code électoral.
C’est pour partager avec la presse, les populations ivoiriennes, la communauté internationale et les observateurs de la vie sociopolitique nationale, sa lecture de ces deux évènements qui marquent la vie de la Nation, que l’Opposition politique ivoirienne, représentée par les plateformes : CDRP, EDS, FPI/AFD, LMP, ainsi que les partis URD et LIDER, vous a convié à cette conférence de presse.
Avant d’entrer dans le fond de notre propos, les plateformes et partis politiques initiatrices de cette rencontre, vous renouvellent leurs très sincères et chaleureux remerciements, pour avoir répondu comme d’habitude, aussi nombreux et aussi enthousiastes, à leur invitation.
SUR LA DECISION DU CHEF DE L’ETAT DE PAS BRIGUER UN TROISIEME MANDAT
Comme tout le monde l’a vécu, cette annonce a provoqué un extraordinaire émoi dans au RHDP-unifié, famille politique du chef de l’Etat, dont certains membres, pris de court, ont laissé éclater leur chagrin et sont restés inconsolables sur les bancs de l’hémicycle.
C’est le lieu pour nous, membres de l’Opposition politique, de saluer en cette décision du chef de l’Etat, prise sous l’effet de nombreuses pressions, l’aboutissement d’une lutte déterminée de nos organisations et de nos militants, à faire échec au Régime du RHDP-unifié et son chef Alassane Ouattara, dans leur résolution à se maintenir coute que coute aux commandes du Pays par fraude, l’intimidation et l’arbitraire et ce, contre la volonté du Peuple.
La CDRP, EDS, le FPI/APD, la LMP, ainsi que l’URD et LIDER, qui ont toujours démontré leur attachement à la démocratie et à l’Etat de droit, rappellent qu’ils ont toujours dénoncé le régime RHDP-unifié en s’opposant aux graves violations de la Constitution et des lois du Pays par le Chef de l’Etat.
En effet, Alassane Ouattara vit aujourd’hui sous la pression d’un contexte international désormais peu propice aux ‘’troisièmes mandats des dictateurs’’. Il fait face aussi, à son impopularité croissante, suite à l’accumulation de nombreuses maladresses politiques au plan National et International.
C’est pourquoi, pour rentrer dans l’Histoire par la bonne porte,  pour rentrer dans l’histoire tout court, Alassane Ouattara devra  organiser à bonne date, des élections justes transparentes, crédibles sans violence et, transmettre le pouvoir au candidat élu.  
SUR LA REVISION DE LA CONSTITUTION ET DU CODE ELECTORAL 
EN LA FORME
Nous nous souvenons tous que le chef de l’Etat, contre l’avis des ivoiriens a imposé sa Constitution, et l’avait qualifiée de Constitution moderne, harmonieux, de texte ayant permis de retirer tous les articles confligènes de la Constitution de 2000. Alors l’on est endroit de se demander qu’est ce qui, dans la vie de la Nation et dans le fonctionnement des Institutions, après une si récente révision constitutionnelle, peut justifier, moins de trois ans après la précédente, une nouvelle révision constitutionnelle.
Nos organisations qui s’indignent d’une telle banalisation de notre Loi Fondamentale.
Le dialogue politique ouvert le 21 janvier 2019, relatif à la Commission Électorale et celui sur le Code électoral ouvert le 9 janvier 2020 se sont tous les deux par un échec cuisant mettant à nu la mauvaise foi du Gouvernement.
C’est dans cette atmosphère que, contre toute attente, le chef de l’Etat a engagé ce lundi 5 mars 2020, une session extraordinaire du Congrès, en vue de la révision de la Constitution et l’adoption de la loi portant nouveau Code électoral d’ici fin mars 2020 au mépris de la volonté populaire et de nos Institutions.
L’Opposition tient à rappeler à tous, une des raisons de sa farouche lutte contre la Constitution de septembre 2016 et contre l’instauration d’un Sénat sans légitimité véritable qui, juxtaposé à un Parlement monocolore et totalement voué à la dévotion du RHDP-unifié. Il apparait désormais clairement que cette manœuvre du RHDP unifié, n’avait pour seul but que la confiscation du pouvoir par  Alassane Ouattara et son clan.
A cette étape de notre propos, nous voulons rassurer les ivoiriens et nos militants sur la détermination de l’Opposition à ne pas permettre la forfaiture en cours, au sein du Parlement, réuni en Congrès depuis le 5 mars à Yamoussoukro par tous les moyens.
SUR LE FOND
Dans l’annonce faite par le Chef de l’Etat, celui-ci ajoute qu’il est temps de passer le flambeau à une jeune génération.
En réponse aux propos du chef de l’Etat, l’Opposition déclare, qu’, il ne revient au chef d’Etat, de choisir son successeur.
Par ailleurs, La CDRP, EDS, le FPI/APD, la LMP, ainsi que l’URD et LIDER, restent très préoccupés sur le paradoxe criant qui voit le chef de l’Etat, annoncer son désir de respecter la Constitution, en ne se présentant pas à la prochaine élection présidentielle et qui, en même temps manœuvre, pour imposer, à travers un Parlement aux ordres, un ensemble de réformes de fond, touchant à la Constitution et au fonctionnement des Institutions.
Comme nous l’avons vu sous d’autres cieux, Ouattara est dans une manœuvre claire de quitter le Pouvoir sans partir. Comme d’autres avant lui, il veut donner l’illusion de son départ, tout en gardant le contrôle des principaux leviers  de la gouvernance.
Plusieurs autres aspects de cette réforme constitutionnelle à marche forcée se dévoilent et intriguent.
En effet, la révision de l’article  portant instauration d’un vice-président, nommé par le Président de la République, est une manœuvre attentatoire à la dignité et à l’intelligence des ivoiriens. L’opposition rejette catégoriquement l’idée d’un Vice-président non élu.
Par ailleurs, un autre piège mal dissimulé, se révèle au grand jour, quant à la disposition constitutionnelle nouvelle, qui rend la nomination du Vice-président, tributaire du vote du Parlement, ce Parlement qui nous le savons, est au service du Prince.
Enfin, nos soupçons se renforcent, lorsque le chef de l’Etat envisage l’éventualité de proroger le mandat du Parlement au-delà du terme prévu. Ce détail cache-t-il une volonté de ne pas tenir les élections à la date prévue. L’opposition exige un chronogramme précis garantissant, la tenue désélections à la date prévue par la Constitution.
NOTRE INTERPELLATION AU POUVOIR RHDP ET AU CHEF DE L’ETAT
Tous les ivoiriens et la communauté internationale ont constaté et vécu, les graves exactions et déchirements profonds qui ont accompagné la crise postélectorale de 2010. Pour ne pas en rajouter à toutes ces douleurs et meurtrissures qui marquent encore la vie nationale et dont notre Pays émerge à peine, nous devons tout mettre en œuvre pour éviter que notre Pays retombe dans des turbulences meurtrières, qui cette fois-ci, risquent de provoquer un effondrement irréversible de la Nation.
Comme nous le savons, au terme de la crise qu’a connu notre Pays et des nombreux rebondissements et conséquences qu’elle a suscités dans de nombreux secteurs vitaux de la vie de la Nation, les acteurs politiques doivent résolument se mobiliser pour réaliser à travers un ensemble de réformes consensuelles, les fondements d’une restauration nationale effective.
En grande partie par la gouvernance autoritaire et clientéliste, de nombreux secteurs de l’activité économique nationale sont aujourd’hui sinistrés et le chômage est en hausse exponentielle ;
L’insécurité dans nos villes, sur nos routes et dans nos campagnes est aujourd’hui criante ;
Les domaines foncier rural et urbain sont l’objet d’occupations illicites et d’expropriations arbitraires ;
L’indice de pauvreté en Côte d’Ivoire s’est dangereusement aggravé atteignant 48% en 2018 ;
La fraude à l’identité qui va contribuer gravement à fausser les prochaines élections, est opérée dans de nombreuses localités et communes, sous le regard impassible des autorités ;
L’enrôlement des électeurs, mal engagé par un dispositif insuffisant et inadapté, peine à décoller et sera lui aussi un facteur déterminant pour fausser les scrutins à venir ;
Notre Pays court donc un grave danger d’implosion sociale et les ivoiriens le savent.
C’est pourquoi, tout en nous faisant les porte-voix fidèles de nos militants et des populations ivoiriennes, dans leur rejet de la conduite patrimoniale du pouvoir d’Etat et de la mauvaise gouvernance qui marque le pouvoir RHDP-unifié, La CDRP, EDS, le FPI/APD, la LMP, ainsi que l’URD et Leader, invitent le Gouvernement à mettre fin pendant qu’il est encore temps, aux manœuvres en cours par devant le Parlement, en vue de confisquer le Pouvoir et qui alimentent abondamment les tensions et crispations sociales actuelles.
Si le Chef de l’Etat et le Pouvoir RHDP ont, comme ils le prétendent, l’objectif unique d’un retour à la prospérité dans notre Pays et le bonheur de leurs concitoyens, ils devront immédiatement mettre fin à la session actuelle du Parlement, ouverte le 5 mars dernier et, avec courage et responsabilité, ouvrir à nouveau, avec tous les partenaires, de nouvelles discussions sur la CEI et l’ensemble du cadre juridique et institutionnel des élections.
Faute de prendre en considération la présente interpellation, La CDRP, EDS, le FPI/APD, la LMP, ainsi que l’URD et Leader annoncent que, devant les graves conséquences et le chao qui se profilent à l’horizon et au regard de la démarche de révision constitutionnelle solitaire et empreinte de mépris, conduite actuellement par le Pouvoir RHDP unifié, ils ne resteront ni muets ni inactifs.
Déterminés désormais à rester unis dans cette lutte pour la restauration de la Côte d’Ivoire, nos organisations La CDRP, EDS, le FPI/APD, la LMP, ainsi que l’URD et LIDER, ont décidé de sonner la charge.
C’est pourquoi nos jeunesses, dans un mouvement patriotique, unanime et solidaire, ont décidé de rejoindre la jeunesse du FPI, ce samedi 14 mars 2020 à la Place LAURENT GBAGBO à Port-Bouet,  pour apporter une première réponse à toutes les manœuvres  grotesques de confiscation du Pouvoir par Alassane Ouattara et le RHDP.
La CDRP, EDS, le FPI/AFD, la LMP, ainsi que l’URD et LIDER, ont décidé de se donner rendez-vous, le dimanche 15 mars 2020 à Yamoussoukro, pour un grand rassemblement, pour refuser le projet de modification de la Constitution et exiger des élections justes transparentes, consensuelle et sans violence, que  les ivoiriens et les amis de la Côte d’Ivoire, appellent de tous leurs vœux.
A cet effet, nous réitérons notre appel à tous les démocrates de Cote d’Ivoire, à tous les partis d’opposition, les organisations de la société civile, soucieux de préserver leur avenir et la paix en Côte d’Ivoire, de tout mettre en œuvre pour converger en masse dès les premières heures du jour, le dimanche 15 mars à Yamoussoukro.

Fait à Abidjan, le  12  Mars 2020

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