Assumer ses actes







La Côte d’Ivoire est en guerre contre le Coronavirus que l’Oms a décidé de baptiser Covid19. Presque tous les pays de la planète sont mobilisés pour bouter ce minuscule et redoutable  virus hors de leur territoire.  La psychose est totale. A  ce jour, 164 pays du globe sont touchés par la pandémie. La Côte d’Ivoire compte 17 cas, un chiffre qui va certainement croitre vu l’allure exponentielle à laquelle la maladie se propage. C’est dans cette atmosphère de morosité et de crispation totale, que monsieur Assoa Adou, un des responsables du Fpi a cru devoir appeler les militants de son parti à envahir les centres d’enrôlement pour se faire établir leur cartes nationales d’identité gratuitement alors que le coût de la pièces est fixé à 5000f CFA. Ce qui devait arriver arriva. Dans plusieurs villes, les militants répondant à l’appel d’Assoa Adou ont saccagé les installations et emporté le matériel de l’Office national de l’état civil et de l’identification (Oneci). Fort heureusement, la police a mis le grappin sur des dizaines de casseurs qui doivent passer devant le juge pour répondre de leurs actes. Dans la même veine, Assoa Adou la personnalité qui a lancé l’appel aux militants est invité  ce lundi à la préfecture de police d’Abidjan pour expliquer à l’officier de police judiciaire la voie à utiliser pour se faire enrôler sans payer. Avant même qu’il ne réponde à la convocation à lui adressée, ça crie à l’abus de pouvoir et au musellement de l’opposition. Dans une déclaration Génération et peuples solidaires de Guillaume Soro a dénoncé la convocation. Pourtant, il faut situer les responsabilités et faire comprendre aux gens qu’on peut manifester pacifiquement, atteindre ses objectifs sans forcément casser le matériel payé avec l’argent du contribuable. L’opposition se plaint déjà du nombre très limité de machines et centres d’enrôlement. Comment dans ces conditions l’Etat pourra-t-il satisfaire tout le monde si le peu de matériel acquis est mis à sac. C’est le lieu d’inviter les hommes politique à la responsabilité en cette période extrêmement sensible de l’histoire de ce pays. Celui qui appelle les manifestants dans la rue doit pouvoir sortir pour les encadrer ou prendre des dispositions pour éviter les débordements. A l’époque des réseaux sociaux et des caméras de surveillance à tous les coins de rue, le raccourci qui consiste à accuser les infiltrés et des personnes non identifiées est révolu. Presque en temps réel, les casseurs sont identifiés et pris sur le champ ou après des investigations. Mais en tout  état de cause, il est devenu aujourd’hui très difficile de disparaître dans la nature après un forfait. Chacun doit donc pouvoir assumer ses responsabilités. La liberté de manifester est un droit constitutionnel qui lui-même est encadré par la loi fondamentale. Nul n’étant au-dessus des lois, celui qui s’adonne à des casses doit s’attendre à se faire appliquer la loi dans toute sa rigueur. Qui qu’il soit. Assoa Adou est juste convoqué. Il n’est pas encore condamné.  Il est présumé innocent jusqu’à ce qu’il soit inculpé. Si les casseurs pris la main dans le sac, avec images à l’appui, disent avoir agi de leur propre gré, il est sauvé. Mais si les jeunes gens énoncent avoir répondu à son appel, ses avocats auront fort à faire pour l’extraire des griffes de la justice. Rendez-vous dans quelques heures pour être situé. En attendant, prenons soins de nous en lavant les mains avec du savon. L’affaire du Covid19 est plus grave que la CNI. On parle de carte d’identité quand on est vivant !

MT

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