Elections municipales en Côte d’Ivoire : les avocats d’Ezaley accusent le RHDP d’avoir “orchestré’’ les violences à Bassam





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Les avocats du maire sortant de Grand-Bassam, Georges Ezaley, candidat à sa succession, ont accusé jeudi le Rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et la paix (RHDP, coalition au pouvoir) d’avoir “savamment orchestré’’ les violences qui ont émaillé la reprise de l’élection municipale du 16 décembre dans cette commune balnéaire à 43 Km à l’est d’Abidjan.

 

“Le staff opérationnel du candidat Georges Ezaley chargé de la coordination et du redéploiement des superviseurs et des représentants dans les bureaux et centres de vote ayant pris ses quartiers dans l’Hôtel du VITIB à Bassam, loin des lieux de vote, a été victime d’une expédition punitive d’individus armés se réclamant du RHDP. Les membres de ce staff ont été molestés, ont vu leurs appareils confisqués, ainsi que les véhicules gravement endommagés’’, a déclaré Maitre Miessan Tompieu, l’un des trois avocats du candidat du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), lors d’une conférence de presse au siège de cette formation politique.

 

Face aux journalistes, Me Miessan, Me Claver N’dry et Emile Suy Bi ont présenté les moyens qui sous-tendent ce deuxième recours en annulation introduit par M. Ezaley auprès de la chambre administrative de la Cour suprême.

 

“M. Ezaley ne cherche pas à être maire à tous les prix de Bassam. Il demande seulement que les règles d’une élection démocratique soient respectées’’, a plaidé Me Claver N’dry, estimant que les violences étaient “la mise en œuvre d’une stratégie antidémocratique savamment orchestrée et dirigée sur certains centres de vote pour ce qu’ils représentent pour’’ son client.

 

Tour à tour les trois avocats ont expliqué que leur client n’était ni “fraudeur’’, ni “commanditaire’’ des violences mais qu’il était plutôt “victime d’une campagne de diabolisation ’’ le présentant comme “un mauvais perdant’’.

 

Au cours de ces violences, près de 14 bureaux de vote ont été saccagés avec destruction d’urnes et de bulletins par des individus non identifiés.

 

La Commission électorale Indépendante (CEI) n’a pas tenu compte du vote dans ces 14 bureaux qui comptent 6.137 électeurs inscrits et a proclamé vainqueur, M. Moulot, candidat du RHDP avec 51,91% des suffrages, contre 45,72% pour M. Ezaley, qui conteste ce résultat.

 

Pour Me N’dry qui évoque “un gangstérisme qui entache la sincérité du scrutin’’, ces “bureaux de vote saccagés ne l’ont pas été par hasard’’.

 

Les conseils du maire sortant ont assuré s’en remettre à la chambre administrative de la Cour suprême qui devrait rendre une décision.

 

Lundi, au cours d’une conférence de presse, le porte-parole du RHDP, le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani, avait “exclu’’ un troisième round de l’élection municipale à Bassam, expliquant que les électeurs étaient “fatigués de voter’’.

 

“La justice ivoirienne a déjà donné une 2e chance à M. Ezaley. Si elle venait à remettre en cause une fois encore la victoire du RHDP, elle porterait l’entière responsabilité des événements que pourraient engendrer une telle décision’’, avait-il averti.

 

SKO

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