Juridisme très suspect







Il y a dans ce pays, des individus qui ne se rappellent qu’ils ont fait des études de droit que lorsqu’on cherche des arguties juridiques pour nuire à Alassane Ouattara. Dans une sortie fort opportuniste, avec un timing bien calculé, le professeur Martin Bléou, a  produit un texte dans l’unique intention de dire aux centaines de milliers d’Ivoiriens qui réclament la candidature à la présidentielle du président du Rhdp qu’il est inéligible au regard des dispositions constitutionnelles. Hélas ! Dans son réquisitoire, l’opposant qui se cache derrière la robe de juriste pose un postulat qui est faux et Archi-chaux. Parce que seulement basé sur du sentiment personnel.

Il énonce que « les compteurs auraient été remis à zéro », et « les deux mandats présidentiels, déjà obtenus, ne seraient plus pris en compte et ne constitueraient plus un obstacle à un troisième mandat » si l’article sur l’éligibilité avait changé. Or, selon lui, « la Constitution du 8 novembre 2016 a tout simplement reconduit, tels quels, les termes de la Constitution du 1er août 2000 consacrant le principe de la limitation du nombre de mandats présidentiels. Elle l’a fait par l’effet de son article 55, alinéa 1er, qui dispose : «le président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il n’est rééligible qu’une fois ».  

En des termes plus explicites, Bléou indique que la Constitution du 8 novembre 2016 et celle du 1er août 2000 prescrivent les mêmes choses au sujet de l’éligibilité. Pour lui, les textes n’ayant pas changé, vu qu’ils ont été reproduits « tels qu’ils existaient», ils doivent produire les mêmes effets d’une Constitution à l’autre.  Bravo, pourrait-on s’écrier !

Quelle belle tentative de manipulation de l’opinion !

Qu’on passe d’une deuxième République à une troisième, peu importe pour Bléou.    Que les numéros des articles sur l’éligibilité changent peu importe pour Bléou.

Que dans le premier texte, l’âge des candidats est limité alors qu’il ne l’est point dans le second n’a aucune importance aux yeux de Bléou.

Nul besoin de faire de longues études de droit pour savoir que la ressemblance entre deux alinéas d’un article de la Constitution ne peut permettre de conclure que les deux articles sont identiques alors les autres alinéas énoncent des choses totalement contraires. Il y a même lieu d’être inquiet si le professeur  a transmis cette façon de lire le droit à ses étudiants.

Bref. Trêve de juridisme : aucun article ou alinéa d’une ancienne Constitution  ne peut produire des effets identiques dans une nouvelle Constitution. La loi n’étant pas rétroactive, que Bléou et compagnie évitent de se comporter comme des sorciers et laissent le Conseil constitutionnel faire son boulot. Si telle est sa volonté, Ouattara sera candidat pour son premier mandat sous l’empire de la troisième République. S’il n’est pas éligible, sa candidature sera rejetée par le Conseil constitutionnel. Et ce n’est pas ce qu’on n’a jamais vu dans ce même pays.

  La mayonnaise de l’opposant donneur de leçons  de droit ne peut pas prendre. La suspicion contre lui est trop forte. Il aurait été pris au sérieux s’il avait donné de la voix quand le juge constitutionnel, Tia Koné, se transformait ici en juge de la nationalité. Il aurait été crédible s’il avait donné de la voix quand son ami et collègue Yao N’dré, ( possédé par le diable selon lui-même ), tordait le cou au droit en invalidant le vote d’une partie du peuple pour proclamer Gbagbo vainqueur au lieu de faire reprendre les élections comme prescrit par la Constitution de 2000 qui doit, selon Bléou, produire des effets pour l’éternité. Non, professeur, vous n’êtes plus crédible. Il y a suspicion légitime !

MT 

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