La RDC entre résistance et résurrection de Lumumba







« L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, elle a besoin d’institutions fortes », déclarait, en 2009, à l’Université de Cape Coast, au Ghana, l’ex-président américain, Barack Obama. Malheureusement, ce natif du continent noir, originaire du Kenya, s’est mis par suite au service de la camarilla internationale pour vider les institutions africaines de leur sève. Ce fut le cas en Côte d’Ivoire où l’arrêt du Conseil constitutionnel déclarant Laurent Gbagbo vainqueur a été botté en touche. Cerise sur le gâteau du mépris et l’injustice, celui-là même qui incarnait la légalité, parce que oint par la plus haute juridiction de son pays, Laurent Gbagbo, se trouve dans les serres de la justice internationale. C’est à croire que la CEI, commission qui n’a d’indépendance que de nom, était plus fondée à dire le droit. En ignorant les injonctions de la pateline Union africaine et autres donneurs de leçon, la Cour constitutionnelle de la RDC a fait barrage à la cohorte de pays prêts à fragiliser les institutions des pays jugés faibles. Entendons-nous bien. Nous ne sommes nullement dans une logique d’avaliser les résultats qui ont sanctionné la présidentielle congolaise. Ce serait même absurde dès lors que nous ne disposons pas de documents électoraux dans ce sens. L’église catholique pour qui le vainqueur de cette élection n’est pas celui proclamé, non plus, ne fait pas partie des entités devant conduire le processus. Sa démarche de veiller au bon déroulement des élections est louable. Mais son immixtion « tapageuse » dans le processus est contestable. Dès lors, la seule juridiction reconnue au plan national, comme cela est de mise dans tous les pays du monde, c’est la cour constitutionnelle. Son arrêt peut être discutable puisque ce sont des humains qui y siègent. Et comme nul n’est infaillible, il se peut que les juges aient abusé de leur position de dernier recours. Nous, notre démarche est simple. Si nous ne montrons pas au monde entier le sérieux, l’indépendance de nos institutions, la jurisprudence kenyane où les juges de la Cour constitutionnelle ont invalidé la première élection de Urhu Kenyatta donne à espérer, personne ne le fera à notre place. Que l’Union africaine se réunisse à Addis-Abeba pour demander à la Cour constitutionnelle d’un pays souverain de stopper son travail est un mauvais signal dans la quête d’indépendance, au sens plein du mot, du continent noir dans le concert des nations. Les occidentaux devraient même en rire. Chez eux, la loi fondamentale constitue le socle, la boussole. Quoiqu’ils sont prompts à s’adonner à l’hérésie lorsqu’il s’agit de l’Afrique, devenue un laboratoire d’expérimentation du non sens. L’image que les pays africains ont donnée dans le contentieux électoral en RDC est pitoyable. Si le souci, c’était d’éviter que ce pays, dont le sous-sol, « insolemment » riche, contraste avec la pauvreté rampante de sa population, ne sombre dans la violence qui semble être endémique là-bas, l’Union africaine s’y est mal prise. Il existe une panoplie de démarche pour apaiser. Ses légendaires louvoiements ont coûté la guerre à la Côte d’Ivoire, la vie au guide de la  Jamahiriya libyenne, Mouammar Kadhafi. Chapeau bas aux autorités de la RDC. Ils n’ont pas tremblé. Biberonnées à la mamelle de l’héroïsme d’un certain Patrice Lumumba, leur compatriote. Normal. Il n’avait pas tremblé devant la mort programmée par les nervis belges. De par leur acte, les Congolais de la RDC donnent à espérer que la quête de souveraineté voulue par les panafricanistes africains, notamment Sékou Touré, Kwamé Nkrumah, Patrice Lumumba, etc, est certes un combat de longue haleine. Mais il peut être remporté. Pourvu que les Africains montrent un peu de cran.  

tbt552@yahoo.fr

 

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