Les femmes du PDCI répondent à Ehui Agnéro : "La faim ne justifie pas les paroles pleines d’excès, d'irrévérence et de vulgarité"





Côte d'Ivoire,UFPDCI,Ehui Agnéro


Les femmes du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), répondant à Odette Ehui Agnéro, président des femmes du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) ont estimé que la "faim" ne devrait pas "justifier les paroles pleines d’excès, d'irrévérence et de vulgarité", tenus lundi, par l’ex-présidente de l’UF-PDCI Urbaine.
Dans une déclaration, lue ce mercredi, au siège du PDCI, à Abidjan, Mme Sita Coulibaly a dénoncé le comportement de la nouvelle convertie à qui "il ne suffit pas d’avoir trahi ses camarades, a cru devoir prendre la parole et secouer un index arrogant à l’adresse du président Bédié". 

 

Ci-dessous, l’intégralité de la réponse des femmes du PDCI

Manifestement c’est Daoukro qui a abrité l’événement national le plus important du samedi 26 janvier 2019. On nous avait laissé entendre que nous allions voir à Abidjan ce que nous allions voir. On nous avait annoncé à grand renfort de publicité une naissance qui allait dépasser en grandeur la Nativité elle-même. En fin de compte c’est la discrète rencontre du Président Aimé Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA, et de la jeunesse de son Parti, qui est présente, depuis les quatre derniers jours, sur toutes les lèvres de tous les Ivoiriens. Étrange paradoxe !

Sur les propos qui ont été tenus à Daoukro par le Président de notre parti, les femmes du RHDP Unifié ont même tenu un colloque le lundi dernier 28 janvier au Palais de la Culture de Treichville. Et à ce colloque, Mme Odette Éhui Agnéro, ancienne présidente de l’UFPDCI Urbaine à qui il ne suffit visiblement pas d’avoir trahi ses camarades, Mme Odette Éhui Agnéro donc a cru devoir prendre la parole et secouer un index arrogant à l’adresse du président Bédié.

Mme Odette Éhui Agnéro ne comprend même pas qu’en venant parader sur la place publique contre le Président du PDCI-RDA, elle fait tout simplement le jeu cynique de ses nouveaux associés qui l’utilisent pour déshonorer un bienfaiteur à qui elle doit toute son ascension politique. Un bienfaiteur à qui elle ne doit donc que de la reconnaissance ! Beaucoup de femmes étaient sûrement plus qualifiées qu’elle pour élever la voix ce lundi-là. Mais faut-il encore s’étonner de quelque chose dans notre pays ? Comment s’étonner, en tout état de cause, d’un tel comportement chez une néophyte ? Les nouveaux convertis sont connus pour être des adeptes de la surenchère. Il faut qu’ils donnent des gages toujours plus élevés pour rassurer leurs nouveaux partenaires.

Si nous avons décidé de prendre la parole aujourd’hui, c’est essentiellement pour faire comprendre à notre ancienne camarade de route, qu’au PDCI-RDA, les femmes sont bien élevées et entendent le demeurer. C’est pour lui faire comprendre que dans notre Parti, les femmes n’insultent pas leurs semblables, encore moins leurs aînés. C’est terriblement affligeant qu’à peine sortie des rangs des femmes du PDCI-RDA, Mme Odette ÉhuiAgnéro ait perdu les bonnes habitudes dont elle devait donner l’exemple et même être le modèle incarné, pour être elle-même respectée de ses troupes. 

Mme Odette ÉhuiAgnéro, hurlant à ce colloque avec les loups, est allée jusqu’à oser faire état d’une action en justice contre le Président Aimé Henri Konan Bédié. Quelle outrecuidance ! Est-elle sûre d’être dans son rôle en ayant la prétention d’interpeler un homme de ce statut, alors que les personnes normalement qualifiées pour le faire brillent par leur silence ? Quand elle invoque le passé du Président Aimé Henri Konan Bédié et parle de poutre dans son œil, sait-elle seulement de quoi elle parle ? Plus encore, sait-elle de quoi elle parle quand elle parle de paille dans l’œil du voisin ? Les responsabilités qui ont été les siennes ne lui ont donc rien appris ? Elle avait pourtant tout pour faire la part de la rumeur et des faits et, en ce qui concerne le Président Bédié, lui donner acte de ce scrupuleux respect de sa fonction qui l’avait toujours incité à se tenir à l’écart des joutes oratoires creuses.   

Le Président Aimé Henri Konan Bédié a parlé samedi dernier d’ « enfants adultérins de l’houphouétisme », et visiblement il a fait mouche, avec une formule qui remue notre marigot politique et en fait sortir toutes les grenouilles. Nous sommes tristes pour ceux qui, comme Mme Odette ÉhuiAgnéro, ont donné à cette métaphore le sens le plus trivial, en allant jusqu’à expliquer que « Félix Houphouët-Boigny n’a pas commis d’adultère ». C’est de traîtrise qu’il s’agit, Mme Odette ÉhuiAgnéro. Oui de traîtrise ! Cette traîtrise que vous n’avez pas hésité à commettre à l’égard du PDCI-RDA, en vous drapant à votre tour, après tant d’autres, dans la serviette-éponge défraîchie de l’houphouétisme.

À la suite du Président Aimé Henri Konan Bédié, nous affirmons nous aussi que les héritiers de Félix Houphouët-Boigny ne sont qu’au PDCI-RDA et nulle part ailleurs. Mme Odette ÉhuiAgnéro veut-elle savoir pourquoi ?

Eh bien, qu’elle écoute ceci. Chaque fois que le Président Félix Houphouët-Boigny avait été interrogé sur ce qu’il adviendrait de sa politique après sa disparition, il avait toujours répondu : « La politique de la Côte d’Ivoire n’est pas le fait d’un seul homme. C’est d’abord la politique de notre parti, le PDCI-RDA, dont les vaillants militants et militantes ont à cœur d’assurer le bonheur de l’homme ivoirien dans la liberté. » Cette phrase figure dans le discours qu’il a prononcé en septembre 1965, au 4ème congrès ordinaire du PDCI-RDA.    

Elle veut dire clairement que, dans la philosophie et la vision du Président Houphouët-Boigny, le PDCI-RDA est la maison qu’aucun de ses vrais enfants ne doit quitter. Elle veut dire que le PDCI-RDA est la seule source de l’houphouétisme, la source vivifiante de l’houphouétisme. Elle veut dire encore que tous ceux qui utilisent aujourd’hui le nom d’Houphouët pour justifier un abandon de la demeure politique construite par ce grand homme ne sont pas ses vrais enfants.

Le Président Houphouët-Boigny disait d’ailleurs clairement que lui-même n’avait jamais parlé d’houphouétisme. Il signifiait ainsi, au sens large, qu’il n’avait jamais été lui-même houphouétiste. S’il est arrivé aux observateurs de la Côte d’Ivoire de parler d’houphouétisme, disait-il, c’était à cause des six facteurs suivants :

  1. sa politique du juste prix pour tous les paysans de Côte d’Ivoire,
  2. sa politique de l’égalité des chances, notamment devant l’école, pour tous les enfants de ce pays,
  3. sa politique de la tolérance absolue,
  4. ses efforts pour éviter d’avoir des détenus politiques en Côte d’Ivoire,
  5. ses efforts pour éviter d’avoir des exilés politiques ivoiriens,
  6. ses efforts pour éviter de verser le sang humain.

C’est à ces traits qu’on doit reconnaître, en d’autres termes, les vrais enfants d’Houphouët-Boigny. Nous savons tous le chemin qu’il reste à parcourir à notre pays sur ces questions.

Et justement Houphouët-Boigny insistait sur la nécessité d’être unis au sein du PDCI-RDA pour continuer le combat de l’émancipation du pays. Il ne nous a pas laissé un autre outil que le parti qu’il a créé et porté à bout de bras jusqu’à sa mort. La volonté de tous ceux qui cherchent à faire disparaître le formidable instrument politique qu’est le PDCI-RDA, est une volonté scélérate.

Parfois les mêmes, au lieu de conformer leur action politique aux préceptes enseignés par le grand homme, préfèrent courir après un rassemblement forcé des houphouétistes, et ils passent leur temps à agiter le chiffon rouge de ce mot. Ce sont ceux-là qu’avec raison le président Henri Konan Bédié appelle « les enfants adultérins de l’houphouétisme ».

M. Bernard Éhui Koutoua et Mme Odette Éhui Agnéro ont commencé leurs carrières politiques, très jeunes au PDCI-RDA. L’homme a été l’un des plus jeunes ministres du Président Félix Houphouët-Boigny, fondateur du PDCI-RDA. Et la femme a été portée en 2014 à la tête de l’UFPDCI Urbaine. L’un et l’autre ont tout reçu de ce Parti. Nous regrettons qu’ils forment un couple à la mémoire courte et à l’ingratitude longue. C’est vrai que l’intérêt guide les actes de tous les humains sur cette terre. On pouvait, malgré tout, attendre que la faim ne soit pas la justification de cette traîtrise-là. 

La faim ne justifie pas, dans tous les cas, cette parole publique pleine d’excès, d'irrévérence et même de vulgarité que nous avons entendue en début de semaine. Nos compatriotes méritent certainement mieux que les manifestations assourdissantes du samedi et la transe intempestive du lundi.      

 

Fait à Abidjan, le 30 janvier 2019

                                                           Pour les Femmes du PDCI-RDA

Mme Sita Coulibaly

Présidente de l’UFPDCI Urbaine

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