GPS : une fusion utile, mais difficile







Le projet de fusion des mouvements et partis politiques proches de GPS rencontrera forcément des obstacles qu’il faudra surmonter. 

Comme le rappelait Habib Sanogo, porte-parole Europe de GPS, dans une récente interview parue dans Générations Nouvelles, lorsque Guillaume Soro et ses compagnons concevaient Générations et Peuples Solidaires, ils l’ont prévu comme un mouvement rassembleur de citoyens de différentes couches socio-culturelles, d’obédiences politiques diverses, mais unis par une vision commune de l’avenir de la Côte d’Ivoire : une Nation à laquelle tous les Ivoiriens ont un attachement commun, une République où tous les citoyens sont égaux devant la loi, un pays de droit et de démocratie vraie, une justice sociale matérialisée par une répartition équitable des richesses nationales.

Après le lancement du mouvement en 2019, s’il a bénéficié d’une adhésion citoyenne spontanée et massive, notamment à travers les inscriptions en ligne, ses militants les plus actifs se retrouvent au sein de partis et mouvements de soutien à la personne et aux idéaux du leader Guillaume Soro.

Sur le terrain, la multiplicité et la diversité de ces organisations ont eu pour effet une dispersion de leurs efforts, et parfois des conflits d’intérêts ou des batailles de positionnement.

L’absence d’unicité d’action et souvent de vision ou de méthode des militants aussi bien sur le terrain que sur les réseaux sociaux a quelque peu grippé la machine GPS. Du coup, le rassemblement de l’ensemble des forces actives du mouvement s’impose pour une marche plus sûre et plus ordonnée vers le pouvoir d’Etat.

Il s’agit donc de donner à GPS le socle solide et homogène duquel partira de façon plus coordonnée et plus efficace son expansion.

Toutefois, il ne faut pas se leurrer, ce projet ne se réalisera pas en un claquement de doigts. Certes, l’engouement exprimé par une majorité de structures pour cette fusion depuis quelques semaines est salutaire. Cela démontre la prédisposition qu’ont leurs membres à se retrouver dans un même ensemble pour mener un combat commun. Cependant, au-delà de cette ferveur, tous doivent se préparer à un processus qui a besoin d’être méthodique et inclusif et surtout démocratique. Et, dans un message diffusé le 30 janvier dernier, le président de GPS a tenu à rassurer tous ses partisans sur leur liberté de décider, mais il a aussi voulu les préparer à une fusion qui ne sera pas hâtive. « Chers tous, la fusion que Générations et peuples solidaires se propose sera strictement libre et volontaire ! Personne ne sera obligé ni contraint. Cette fusion se donnera le temps. Cette fusion sera rigoureuse, méthodique et scientifique. Elle évitera les maladies infantiles des partis et mouvements politiques », a prévenu l’ancien chef du Parlement qui, il faut le rappeler, a rendu sa démission le 8 février 2019 après son refus d’adhérer sous contrainte au Rhdp Parti Unifié. Dans son message de ce 30 janvier 2021, il a donc indiqué que dans le cas de GPS, les choses se passeront autrement. « Plusieurs séminaires associant tous les artisans de la fusion seront organisés. Personne ne sera laissé sur le chemin car personne ne doit se sentir exclu », a-t-il promis.

Dans ce processus, les défis s’annoncent nombreux et énormes : rapprocher les membres des différentes structures afin qu’ils se connaissent mieux, s’accorder sur des valeurs et visions communes que tous doivent pouvoir ‘’vendre’’ à tout citoyen de ce pays. Aussi minime qu’il puisse paraître, le plus grand défi sera de donner des postes aux membres et surtout aux responsables des différentes organisations fusionnées, sans que personne ne se sente rétrogradé.

Ces défis réservent sans doute quelques couacs et obstacles à surmonter tels que les réserves émises la semaine dernière par le Mouvement pour la promotion des valeurs nouvelles en Côte d’Ivoire (MVCI), l’un des premiers partis politiques à soutenir l’ancien Premier ministre ivoirien. Ces couacs et obstacles trouveront certainement des solutions grâce au génie politique et au leadership de Guillaume Soro.

 

Cissé Sindou 

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